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Le préfet face aux enseignants autonomistes en Guyane de 1946 au tournant des années 1960

 

Notice

Type:   Article
 
Titre:   Le préfet face aux enseignants autonomistes en Guyane de 1946 au tournant des années 1960 : Une inédite rencontre administrative en contexte post-colonial
 
Auteur(s):   Maurice, Edenz (PhD) - Centre d'histoire de Sciences Po (Auteur)
 
In:   Politix
 
Date de publication:   2017-03
 
Éditeur:   FRANCE  :  De Boeck
 
Volume:   2016/4
 
Numéro:   116
 
Pages:   53-79  p.
 
ISSN:   02952319
 
Mots-clés:   [fr] décolonisation, Guyane
 
Résumé:   [fr] À la suite de la départementalisation des vieilles colonies française en 1946, le préfet devient le chef des services de l’État de ces territoires. En Guyane, si dans un premier temps les populations se félicitent de cette inédite rencontre administrative, cette dernière ne s’en trouve pas moins, dans un second temps, bouleversée très rapidement. À partir du milieu des années 1950, la vie politique s’articule en effet entre une gauche locale créole et autonomiste et une droite départementaliste affiliée aux partis hexagonaux et taxée d’être sous la coupe du préfet. Les enseignants engagés dans les mouvements de cette gauche locale sont les principaux acteurs de cette inédite bipolarisation de la vie politique qui se traduit par de violents conflits. Prenant la mesure de ce phénomène à partir de rapports du préfet, le Gouvernement promulgue le 15 octobre 1960 une ordonnance qui prévoit sur proposition de ce même préfet le rappel d’office dans l’Hexagone des fonctionnaires perçus comme de virulents propagandistes d’idées subversives, au premier rang desquels se placent les enseignants autonomistes. Cet article montre comment en moins de vingt ans, l’opposition entre le préfet et les enseignants autonomistes donne à voir un nouvel espace politique dans l’ensemble national. Celui-ci se caractérise par une recomposition politique au cours de laquelle les enseignants créoles guyanais deviennent une élite dirigeante de leur département à la fois opposée et alliée à un préfet d’Outre-mer exerçant des pouvoirs exorbitants au nom de la crainte d’un séparatisme.

[en] The Prefect Face to Face with Autonomist Teachers in French Guiana from 1946 to the Turn of the 1960sAn Unprecedented Administrative Encounter in a Post-Colonial ContextAs a result of the departmentalization of the French old colonies in 1946, the prefect became the head of the State services of these territories. In French Guiana, although the population initially welcomed this unprecedented administrative encounter, the latter was in a very short time disrupted. From the mid-1950s onwards, political life was articulated between a local Creole and autonomist left-wing party and a departmental right-wing party affiliated to the Mainland and taxed to be under the prefect’s control. Teachers engaged in movements of this local left-wing party were the main actors in this unprecedented bipolarization of political life which resulted in violent conflicts. After assessing the phenomenon on the basis of reports from the prefect, the Government promulgated a Law order on October 15, 1960 – following the recommendation of the same prefect. This Law order established the automatic recall to the Mainland of civil servants perceived as virulent propagandists of subversive ideas. Most of them were autonomist teachers. This article shows how, in less than twenty years, the opposition between the prefect and the autonomist teachers shed light on a new political space in France. This new political space was characterized by an intense political change during which French Guianese Creole teachers became a leading elite of their department, both opposed and allied to the prefect of the overseas department who had excessive powers in virtue of the perceived threat of separatism.
 
 

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