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in AOC Publié en 2021-01-21
TOZY Mohamed
Dix ans après les « Printemps arabes », la déception domine la célébration de cet anniversaire : promesse non tenue de la démocratie, échec des illusions, choix incompréhensibles pour beaucoup d’observateurs en faveur des islamistes une fois la liberté advenue… Ces analyses qui raisonnent en termes d’« avancées » et de « recul » (de printemps et d’hiver) se limitent toutefois aux grandes transformations identifiables et s’avèrent incapables de percevoir les importants changements qui affectent la région arabe et les mutations profondes de leurs sociétés.
Rarement un phénomène aura rassemblé en si peu de temps l’énergie de tant de chercheurs à travers le monde, toutes disciplines confondues. Il suffit pour s’en convaincre de consulter l’une des bases de données développées pour inventorier les projets de recherche relatifs à la maladie provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2 (Covid-19) engagés dans le monde depuis le début de la pandémie. Par exemple, le World Pandemic Research Network (WPRN)1 recensait déjà en septembre 2020 six cent trente-trois projets de sciences sociales sur la Covid-19. Cet article s’inscrit dans cette importante masse d’écrits et met à profit, dans le contexte actuel marqué par la circulation du coronavirus, les savoirs et les cadres habituellement mobilisés par l’anthropologie des catastrophes pour penser cette situation particulière. Il propose de mettre l’épidémie actuelle en perspective à partir de travaux de recherche sur les catastrophes dites « naturelles », leur gestion, leur appréhension et leur compréhension en Amérique latine...
L’Amérique latine a connu une année 2020 rythmée par les décomptes macabres de victimes de la Covid-19. Peu affectée jusqu’en avril-mai, la région est devenue l’épicentre mondial de la crise sanitaire en juin-juillet, avec toutefois des différences significatives entre les pays relativement épargnés (comme le Costa Rica, l’Uruguay ou le Paraguay) et d’autres comptant rapidement plusieurs milliers de morts (Pérou, Bolivie, Chili, Equateur et Brésil en tête)...
in Etudes du CERI Sous la direction de DABÈNE Olivier, Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes Publié en 2021-01-20
Amérique latine - L’Année politique 2019 est une publication de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (Opalc) du CERI-Sciences Po. Elle prolonge la démarche du site www.sciencespo.fr/opalc en offrant des clés de compréhension d’un continent en proie à des transformations profondes.
in Etudes du CERI Publié en 2021-01-20
La pandémie a bouleversé le calendrier électoral latino-américain au premier semestre 2020. Six pays ont reporté des élections, pour des raisons qui ont relevé tant de précautions sanitaires que de calculs politiques. Quand les élections ont eu lieu, les campagnes électorales ont été mornes et la participation a enregistré des baisses dans quasiment tous les pays. Pour autant, cette année électorale 2020 n’a pas été dominée outre mesure par la pandémie. D’autres thèmes qui ont été au centre des débats expliquent les résultats...
Carola Klöck has recently coedited a volume entitled Coalitions in the Climate Change Negociations (Routledge). The volume provides a broad overview of cooperation patterns in climate change negotiations and an in-depth analysis of specific coalitions and their relations. Why do countries decide to join a coalition, and what are the potential costs of acting through coalitions? Are there specificities of coalitions in the climate change negociations? These are among the questions we asked Carola. Interview with Carola Klöck, by Miriam Périer, CERI.
Olivier Dabène a dirigé Amérique latine. L’année politique 2020, une Etude du CERI (n° 252-253), que le CERI vient de publier en français et en espagnol. Il nous a accordé un entretien sur cette nouvelle édition du LAPO. Propos recueillis par Corinne Deloy.
Publié en 2021-01-13 Collection Notes de recherche de l'IRSEM : 110 (décembre 2020)
La signature, le 23 octobre 2020, d’une déclaration conjointe entre les États-Unis, le Soudan et Israël semble inaugurer une nouvelle ère dans les relations israélo-soudanaises : celle de la normalisation. Les politiques et évolutions concrètes auxquelles renvoie ce terme restent toutefois floues, notamment du fait de l’incertitude de la situation politique soudanaise, le pays ayant entamé une transition démocratique en 2019. Quelles sont les conséquences et la pérennité de cette nouvelle itération de la diplomatie du deal promue par Donald Trump ? Cet accord a été rendu possible par le tandem Trump / Netanyahou qui a su capitaliser sur des conditions structurelles permettant un rapprochement entre les trois États. Sa publicité constitue une rupture avec la diplomatie clandestine menée par Israël dans la région, et affecte différemment les acteurs en présence. Si cette diplomatie d’annonce est recherchée par Donald Trump et Benjamin Netanyahou, qui tentent de traduire ces succès diplomatiques en gains de politique intérieure, elle met en lumière les dissensions au sein de la classe politique soudanaise, dont une partie perçoit le deal comme un « chantage » effectué par les États-Unis en échange du retrait du pays de la liste des États sponsors du terrorisme.
in African Heritage Challenges. Communities and Sustainable Development Sous la direction de BAILLIE Britt, STIG SØRENSEN Marie Louise Publié en 2021-01-13
Created by a Peace Corps member in 1997 in the Malian village of Fombori, the Culture Bank is composed of three complementary elements: it protects the cultural heritage from illicit trafficking through a museum, promotes sustainable local development through the provision of micro-credit loans, and benefits the broader community through an education center. Supported by several international organizations (World Bank, ICCROM), the Culture Bank initiative embodies the paradox of cultural heritage and development projects torn between the local and global scales, and between local communities and international organizations. Exported into Togo and Benin after 2007, these banks reveal the unexpected results of international programs (e.g., World Heritage listing) on local initiatives. They also highlight fundamental misunderstandings between the French actors engaged in cultural heritage protection and those involved in sustainable development in West Africa. Ultimately, their case raises questions about the disappearance of the ‘Southern State’ as an interlocutor for funding partners.
in Les guerres de l'information à l'ère numérique Sous la direction de MARANGÉ Céline, Publié en 2021-01-13
[Résumé de l'ouvrage] Depuis la révolution numérique, les conflits géopolitiques se déploient dans des espaces virtuels dont la nature est en constante évolution. Qu’ils soient démocratiques ou autoritaires, les États adaptent leur stratégie de puissance de façon à mieux maîtriser les effets de la propagation instantanée de l’information, ainsi que ses nouvelles possibilités de manipulation. Certains utilisent le cyber et les médias pour porter atteinte à la souveraineté de leurs adversaires et perturber le fonctionnement de leur société et de leurs infrastructures de défense. Cet ouvrage étudie les trois dimensions qui caractérisent les guerres de l’information. Il explore le fonctionnement technique des conflits informationnels (couches basses de l’Internet, ciblage et amplification). Il examine ensuite les stratégies de plusieurs acteurs-clef de la scène internationale (Chine, Russie, États-Unis, Grande Bretagne, France, Japon), mais aussi d’États pivots (Iran, Israël) et de pays relativement isolés (Corée du Nord, Qatar). Enfin, il s’interroge sur les réponses juridiques et institutionnelles apportées pour répondre à la désinformation et réguler ces nouveaux espaces de conflictualité.
Les mesures qui donnent des moyens d'action aux jeunes agroentrepreneurs devraient être un élément clé d'une stratégie de promotion des investissements axée sur le développement durable. La réalisation même de la sécurité alimentaire des générations futures, la transformation durable des systèmes alimentaires et la lutte contre le chômage et les migrations de détresse dépendent toutes de la mise en œuvre réussie de stratégies qui rendent le secteur agroalimentaire plus attrayant pour les jeunes. Cela nécessite à son tour des réponses politiques intelligentes qui aideront les jeunes investisseurs à surmonter les nombreux obstacles auxquels ils sont confrontés - accès au financement, aux terres, à l'information et aux services techniques, pour ne citer que les plus cruciaux. Depuis 2017, la FAO aide les pays d'Afrique et d'Asie du Sud-Est à identifier les principaux défis auxquels sont confrontés les jeunes entrepreneurs agricoles et les bonnes pratiques grâce à des analyses participatives des capacités et des processus de planification stratégique réalisés avec et pour les jeunes. Ce rapport résume les principales conclusions et leçons tirées du travail de la FAO avec onze pays africains - Afrique du Sud, Côte d'Ivoire, Guinée Conakry, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Ouganda, Sénégal et Tunisie. Il identifie les principaux défis et recommandations politiques concernant l'accès des jeunes au financement, à la terre, aux services techniques et à l'information, ainsi que l'engagement des jeunes dans les processus d'élaboration des politiques. Le rapport contient également une série de cinq recommandations politiques clés pour l'autonomisation des jeunes entrepreneurs agricoles.
in Ethnic and Racial Studies Publié en 2021-01-13
Thomas Faist develops a new and very interesting analysis about international migrations: as class struggle parameters at national level are no more accurate to understand migration at global level, he suggests and develops that inequalities at world level are the most pertinent factors explaining migration flows, namely social insecurity in countries of origin. The transnational social question becomes so the key factor. He ends his book by the difficult dialogue between scientists and political decision makers on migrations, coming back to the Weberian paradigm.
Que penser de notre protection sociale face à la crise sanitaire ? Pour le directeur de recherches CNRS-Centre d’études européennes de Sciences Po, Bruno Palier, on « ne sait pas faire de la santé publique » ce que montre le « sujet des vaccins qui a pris du retard ». Face à cela, Bruno Palier estime qu’il faut développer les centres de santé, dont les centres de santé mutualistes, car ils sont « les mieux placés pour faire de la santé publique » sur tout le territoire comme c’est nécessaire actuellement avec cette épidémie. Pour lui, dans cette optique, les mutuelles ont aussi un rôle plus important à jouer : « Elles ont la capacité de connaître les besoins collectifs et de les incarner ». Car, on constate dans cette crise que « l’Etat qui n’a fait que rationner la protection sociale depuis trente ans, n’est pas apte à prendre seul les décisions ». « Il faut renouer avec une véritable démocratie sociale associant les partenaires sociaux et les mutuelles ».
in atlantico Publié en 2021-01-12
Petite revue des raisons qui expliquent que les emplois essentiels par temps de pandémie soient si mal payés Certains secteurs essentiels de l'économie ont été mobilisés lors de la pandémie. Pourquoi des emplois "peu qualifiés" mais essentiels sont-ils dévalorisés dans la société et économiquement ? La crise sanitaire va-t-elle favoriser une remise en question des salaires ?
in Esprit Publié en 2021-01-11
Loin de mettre un terme à l’humeur protestataire qui gagne la Russie, l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, à l’été 2020, a plutôt renforcé la position de ce dernier à la tête de l’opposition démocratique à un pouvoir corrompu.
La nouvelle préface écrite par Giovanni Levi à l’occasion de la réédition italienne de son œuvre maîtresse, L’Eredità Immateriale, dont nous publions la traduction en français, revendique l’importance de concevoir l’histoire comme la science des questions générales, et non comme celle des généralisations. Elle constitue un manifeste méthodologique en faveur des principes que défend la micro-histoire depuis les années 1980, qu’aujourd’hui on peut lire en creux comme une critique des faiblesses méthodologiques de courants historiographiques plus récents, notamment de l’histoire globale et de l’histoire connectée et de la tendance à renoncer à une histoire qui part des États. Pour Levi, l’intérêt que la plupart des courants historiographiques portent à la globalisation repose sur l’idée historiciste et néolibérale selon laquelle il existerait une seule solution possible, celle d’une société capitaliste désordonnée. La limitation de l’histoire à une causalité factuelle mécanique, et plus encore sa simplification aux seules solutions qui ont historiquement prévalu, contribuent à déprécier la signification même de l’histoire. La microstoria plaide au contraire pour une histoire totale (et non globale), c’est-à-dire une histoire de la complexité des actions et des faits dans laquelle les femmes et les hommes ont été et seront les protagonistes. Ce sont des principes chers à la sociologie historique et comparée du politique dans le sillage de laquelle se situe notre revue.
À partir d’une enquête ethnographique menée en Colombie sur le cas du fleuve Atrato, déclaré sujet de droits en 2016 par la Cour constitutionnelle, l’auteure de cet article analyse ce que cette décision produit localement. La perspective adoptée la resitue dans le prolongement du processus historique de la construction des Indiens et des « communautés noires » comme protectrices de l’environnement. L’analyse du texte juridique montre comment les magistrats tissent ensemble les mots des habitants, ceux des diverses disciplines scientifiques – et notamment l’anthropologie –, avec les références juridiques. La description de la mise en oeuvre de la décision met ensuite en lumière que la production d’un tel agencement ne se fait pas uniquement sur la base d’accords et d’harmonies, mais aussi de dissonances et de frictions.
Depuis quelques années, le "risque" et la "sécurité" sont devenus les principes incontournables de la recherche, délimitant les frontières de la construction de connaissances sur les sociétés politiques. Cet article analyse les conséquences de ce tournant pour la recherche. En effet, ce tournant oblige à définir des limites à ne pas franchir dans la production de connaissances; il interdit ensuite de penser ce que sont les difficultés dans la pratique de recherche. Regarder au-delà du risque requiert de questionner toute objectivation des difficultés dans la production de la connaissance, pour pouvoir interroger les conditions dans lesquelles la pratique de la recherche en sciences sociales peut être considérée comme libre. La liberté scientifique nécessite que l’on s’émancipe du principe structurant du « risque ». Elle nécessite aussi que l’on s’émancipe du carcan conceptuel dans lequel on l’enferme généralement, celui de la seule liberté d'expression, pour mener une réflexion sur les pratiques de recherche - et pas seulement sur ses résultats - et particulièrement une réflexion méthodologique.
Plus de 900 pages – une somme passionnante – relatent les opérations de liquidation menées par Israël contre les chefs des organisations palestiniennes et du Hezbollah, mais aussi contre les Britanniques en Palestine et les savants allemands en Égypte. Elles sont parfois décrites avec un luxe de détails, parfois parcimonieusement, signe du secret qui entoure encore certaines d’entre elles. Si l’opinion publique israélienne leur est largement favorable, pour les organisations non gouvernementales (ONG) de droits de l’homme il s’agit là d’« exécutions extra-judiciaires »...
in Confluences Méditerrannée Publié en 2021-01-06
RAVENEL Bernard
En revenant sur l’ancrage passé des mouvements révolutionnaires arabes, l’historien Jean-Pierre Filiu souligne ici l’influence des origines historiques sur les mouvements nés à partir de 2011. La négation de l’autodétermination des peuples arabes opérée à la fois par les Européens au XIXème-XXème ainsi que par leurs successeurs arabes autoritaires constitue la pierre angulaire de l’explosion populaire de la décennie 2010. En déconstruisant les préjugés simplistes des occidentaux autour de l’idée de « dégagisme », l’historien met en avant le fort sentiment de manquement démocratique ainsi que la volonté de refonte de leur système par lesquelles sont guidés les peuples arabes. Tout en retraçant l’importance du caractère pacifique des soulèvements arabes au cours de l’histoire, cet entretien pointe du doigt les limites auxquelles les populations doivent faire face.