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The coronavirus is dominating the news. Media worldwide have little space to spare for news unrelated to the current pandemic. Few have probably heard of the category 5 Tropical Cyclone Harold that hit Vanuatu on 6 April and brought widespread damage—only five years after the country suffered from Tropical Cyclone Pam, the strongest cyclone on record. Climate change is even more destructive than Covid-19, although its effects are less visible, less concentrated, and less present in the industrialised Northern countries that have to date been hit hardest by the coronavirus. Climate change impacts are much harder to trace...
Coronavirus, Neoconservatism and Totalitarianism: The Case of China - « Une crise nous force à revenir aux questions elles-mêmes et requiert de nous des réponses, nouvelles ou anciennes, mais en tout cas des jugements directs. Une crise ne devient catastrophique que si nous répondons par des idées toutes faites, c'est-à-dire des préjugés. Non seulement une telle attitude rend la crise plus aigüe mais encore elle nous fait passer à côté de cette expérience de la réalité et de cette occasion de réfléchir qu'elle fournit ». Appliquée à la crise pandémique que nous vivons, cette phrase implique deux choses. D'une part de s'interroger sur les réponses apportées à la crise par les gouvernements et les sociétés. D'autre part d’essayer de tirer parti de « cette expérience de la réalité » pour mieux réfléchir à nos objets de recherche. Cette exigence conduit à essayer d'évaluer la « gestion de la crise » par le gouvernement chinois mais aussi la façon dont la société chinoise a réagi à la crise et à cette gestion. Elle force en même temps à utiliser cette crise en tant que révélatrice d'un certain nombre de phénomènes à l'œuvre au sein de cette société, phénomènes que nous avions négligés ou peut-être mal interprétés. Néanmoins, cet « œil nouveau » ne peut pas faire fi des cadres théoriques et des débats méthodologiques qui dominaient le champ intellectuel avant la crise. Quand Hannah Arendt parle de préjugés, elle parle précisément de ces cadres et de ces débats. En ce qui concerne la Chine (mais pas seulement), deux courants s’imposent. D'une part le néo-conservatisme, qui considère que les différences de régime politique entre les pays démocratiques et non démocratiques permettent d'expliquer les divergences entre les sociétés dans à peu près tous les domaines de la vie sociale. D'autre part, le culturalisme, qui réduit les variations entre sociétés à des traits culturels spécifiques et irréductibles. Le fil rouge de ce texte consistera donc à montrer que ces « préjugés » ne permettent pas de répondre à la crise et d'expliquer ces réponses. Comme la crise est universelle mais révèle des attitudes et des modes de gestion très divers, la comparaison de la société chinoise avec d'autres, et notamment les sociétés européennes s'impose et pourrait permettre d'avancer dans le dépassement de ces préjugés. Ce court texte n'a pas l'ambition d'épuiser le sujet mais plutôt d'ouvrir quelques pistes.
in https://www.sciencespo.fr/ceri/fr/content/petits-arrangements-avec-la-race-dans-les-organisations-internationales-1945-2019-1 Publication date 2020-04-07
SIMON Patrick
Entretien avec Juliette Galonnier et Patrick Simon- Critique internationale, Revue comparative de sciences sociales, n° 86, janvier-mars 2020. Propos recueillis par Catherine Burucoa
Quelques semaines après l'accord de retrait des troupes américaines d'Afghanistan, le Collimateur se penche sur la situation politique et militaire de l'Afghanistan, au terme de bientôt deux décennies de présence américaine dans le pays ; avec Adam Baczko, chercheur au CERI, le centre de recherches internationales de Sciences Po. Avec Alexandre Jubelin, il commence par revenir sur le point de départ de cette guerre à partir de 1978 (2:00) puis de l’intervention soviétique en 1979, à laquelle s’oppose une insurrection soutenue par les Etats-Unis (10:00), et sur la période d’instabilité déclenchée par la chute de l’URSS et la guerre civile qui s’ensuit (15:00) et les facteurs qui amènent à la prise du pouvoir par les Talibans (20:00). Ils détaillent ensuite l’intervention occidentale en Afghanistan à la suite du 11 septembre, dans ses contours concrets (31:30) et sur le régime d’Hamid Karzaï que les Etats-Unis mettent en place (38:30), puis entrent dans la logique du « surge » de troupes occidentales en 2009 (45:00) et sur les problèmes inhérents à la présence américaine, où celle-ci se retrouve instrumentalisée dans des conflits locaux (53:00). Ils envisagent enfin le bilan de cette présence de près de 20 ans, à travers notamment les forces actuelles des Talibans (56:30), la faiblesse du gouvernement reconnu par les Nations unies, entérinée par l’accord de retrait récemment signé (1:04:00). Ils évoquent enfin le retour de la Russie dans le jeu afghan et la tendance au recours aux Talibans, pour faire face à la montée de l’Etat islamique dans le pays (1:08:00).
Les pandémies révèlent à la fois l’étendue et les limites de nos savoirs scientifiques. Dans un sens, la crise sanitaire actuelle est difficilement comparable aux pandémies des siècles précédents - celle du choléra ou celle de la « grippe espagnole » - tant ont été gigantesques les progrès de la médecine et donc l’écart entre l’expertise d’hier et celle d’aujourd’hui. Cependant hier comme aujourd’hui, la maladie se répand plus vite que ne se développe le savoir, quand bien même celui-ci est stimulé par une situation d’urgence. Face à la troisième pandémie de coronavirus en moins de vingt ans (celle du SRAS-CoV en 2003, du MERS-CoV en 2012, et à présent celle du SRAS-CoV-2 ou Covid-19) la recherche d’un vaccin est relancée mais reste hypothétique. En l’absence d’un moyen sûr d’éradiquer la maladie ou tout au moins de la freiner, comme le fait la trithérapie qui repousse le Sida, les incertitudes s’accumulent. Les questions fondamentales - comment prévenir et guérir au mieux ? - renvoient à d’autres interrogations sur la nature du virus, sur sa mobilité, sa résilience, son éventuelle évolution. Autant d’incertitudes qui ouvrent des zones de doutes mais aussi de controverses et de fantasmes qui constituent de vastes terrains vagues où peuvent proliférer, hier comme aujourd’hui, superstitions, rumeurs et "fake news".
in Les Dossiers du CERI Edited by Centre de recherches internationales Publication date 2020-04-06
Le monde traverse aujourd’hui une crise sanitaire d’une extrême gravité. La moitié de la population terrestre est confinée pour tenter d’endiguer la progression du Covid-19, maladie très contagieuse et mortelle à ce jour pour les plus âgés et les plus fragiles d’entre nous. Le CERI, lui aussi en plein confinement, vous propose un Dossier sur la crise sanitaire. Celui-ci comprend des articles de nos chercheurs sur des pays ou des régions du monde spécifiques (Chine, Italie, Amérique latine, Inde) mais également des textes plus transversaux qui portent sur les questions éthiques ou les enjeux internationaux que la situation actuelle soulève. Propos recueillis par Corinne Deloy
Le monde traverse aujourd’hui une crise sanitaire d’une extrême gravité. La moitié de la population terrestre est confinée pour tenter d’endiguer la progression du Covid-19, maladie très contagieuse et mortelle à ce jour pour les plus âgés et les plus fragiles d’entre nous. Le CERI, lui aussi en plein confinement, vous propose un Dossier sur la crise sanitaire. Celui-ci comprend des articles de nos chercheurs sur des pays ou des régions du monde spécifiques (Chine, Italie, Amérique latine, Inde) mais également des textes plus transversaux qui portent sur les questions éthiques ou les enjeux internationaux que la situation actuelle soulève. Propos recueillis par Corinne Deloy
The US-led system of alliances and defence partnerships in East Asia has undergone profound change since the end of the Cold War. The so-called “hub-and-spokes” system of bilateral alliances has been gradually supplemented by a “networked security architecture”—a network of interwoven bilateral, minilateral and multilateral defence arrangements between the US and its regional allies and partners, in which China is also included through a variety of cooperation channels. This paper shows that, from Washington’s perspective, the networked security architecture is not merely a means to externally balance a revisionist China, as Structural Realist analyses contend. Rather, the US has sought to broaden the composition of the US-led hegemonic order in East Asia by diversifying the range of defence ties with and amongst its allies and partners, but also by seeking to include the PRC in it. Thereby, Washington aims to channel and shape the trajectory of China’s rise within the US-led hegemonic order, from a position of pre-eminence, through a mixture of negative and positive incentives (resistance and accommodation) with the ultimate goal of upholding the existing hegemonic order. To empirically substantiate this argument, the paper relies on a large body of elite interviews with senior US policymakers.
in International Politics Edited by DIAN Matteo, MEIJER Hugo Publication date 2020-04
This Special Issue aims to explain the transition from the Cold War US-led system of exclusive bilateral alliances in East Asia (or “hub-and-spokes” system) into a “networked security architecture”, i.e. a network of interwoven bilateral, minilateral and multilateral defence arrangements between the US and its regional allies and partners, and that also partly includes China. Drawing from the English School of International Relations, it challenges dominant Structural Realist explanations which interpret such development as a form of external balancing against a revisionist China. By contrast, this Special Issue submits that China’s selective contestation of the US-led hegemonic order in East Asia has sparked a renegotiation of such order among regional powers, which has resulted in the restructuring of the underlying alliances and defence partnerships into a networked security architecture. Specifically, regional powers have sought to broaden the composition of the US-led hegemonic order in East Asia—by diversifying the range of defence ties between US allies and partners, but also by seeking to include the PRC in it. Thereby, rather than merely balancing the People’s Republic of China, they have sought to channel the trajectory of China’s rise within this hegemonic order through a mixture of resistance and accommodation.
Will contemporary societies be able to transform themselves in the coming transitions (socioeconomic, political, ecological, demographic)? This book argues that to answer this question we need to look at contemporary societies as organizational societies (Perrow, 1991). Organizations are important because policy, whether public or private, is designed, implemented and evaluated through them. Organizations are thus tools, but “tools with a life of their own” (Selznick, 1949). Understanding how they operate is not trivial. Our organizational societies create a new kind of technocratic social order constructed through social engineering in which digital platforms – both private and public – increasingly engage, reformatting individual and collective activities. Large-scale changes and reorganizations are in the making by public authorities using digitalization of social control and efficiency afforded by hegemonic and private technology companies. To track these changes, it is important to better understand how these powers operate. This means taking into account the fact that our societies are in a contradictory situation: they have rationalized and bureaucratized themselves so much that power to steer these transformations is now concentrated in the hands of small elites of owners, managers, politicians and technocrats who control these large-scale organizations that were not meant to navigate such transitions. Short of a special kind of revolution, in which organizations carrying out routine tasks are themselves transformed, organizational societies will not be able to transform themselves. How to think about this special kind of revolution is the purpose of this book. In an organizational society, whether through violent impositions or less violent negotiations, at some point social change requires what Reynaud (1989) called joint regulation. To understand joint regulation, it is not sufficient to look at organizations as bureaucracies trying to flexibilize themselves. Joint regulation is not a bureaucratic process but a political one, whether micro-, meso- or macropolitical. We argue that, in order to understand joint regulation, we need to redefine organizations as political communities combining both bureaucracy and collegiality. Instead of proposing possible standalone alternatives to bureaucracy, a second and orthogonal, collegial ideal type must be acknowledged and combined with the first, well-known Weberian bureau-technocratic ideal type. Once this redefinition of organizations as combined bureaucracy and collegiality is accepted as a starting point, sociology of organizations provides a more accurate account of how actors activate collective agency – of coordination between routine work with innovative work, of organizational transformations trying to balance, for their members, both stability and innovation in societal change and transitions. To redefine organizations and steer the sociology of organizations in this direction, we first drastically simplify sociological knowledge on bureaucracy – often presented as the default model of organization in modern societies – and its critique, and on collegiality and its critique. The first carries out routine tasks, with hierarchical coordination and impersonal interactions; the second carries out non-routine tasks and develops innovation with coordination among peers based on deliberation, committee work and personalized relationships, forming relational infrastructures that peers use to navigate these deliberations. We then look at how the two ideal types combine in organizational “stratigraphies”– that is, in an already bureaucratized world where “collegial pockets” and strata always represent various forms of oppositional solidarity. Chapter 2 proposes a multilevel, stratigraphic approach to this combination in which predominantly bureaucratic or predominantly collegial strata coordinate and synchronize across different timescales in order to increase their respective influence in joint regulation. This stratigraphic and multilevel coordination in joint regulation is further described with the concepts of bottom-up collegiality, top-down collegiality and, finally, inside-out collegiality. Social change is presented as the outcome of the permanent struggles between the two logics in joint regulation. In these dynamics, multilevel relational infrastructures are shown to play a central role. Multilevel relational infrastructures redefine the notion of position by considering “pairs” of individuals / organizations as a specific unit of analysis, thus specifying at least two kinds of patterns. The first is that of vertical linchpins – that is, individual actors who are present and active on at least two levels of collective action – tuning action at one level with action at another level. This position in the structure often involves leadership and managerial responsibilities, sometimes even brokerage roles (Burt, 2005) at each of the levels. This pattern creates an often relationally exhausting privilege for the individual, especially in polarized and conflictual strata or settings, but it concentrates enormous influence and mobilization capacity within and across levels. Vertical linchpins are not just horizontal brokers between individuals or even between two organizations; they are activators of multilevel collective agency and synchronizers between these levels of collective agency, often between two kinds of collective agency: one bureaucratic and one collegial. They can avoid the small but disabling bureaucratic knots or bottlenecks by short-circuiting obstruction with their spanning of strata. They are present and active as political managers at two levels simultaneously, which is an advantage in terms of capacity to manage and shape cross-level collective action, especially if one level is collegial. An example can be found, in science, in the case of the “big fish in the big pond” – that is, scientists who are both recognized individuals at the level of individual networks and directors of their laboratory when the latter is a central organization in the interorganizational network of laboratories involved in scientific research in a given field – for example, cancer research (Lazega, Jourda, Mounier, & Stofer, 2008). Other examples are provided by supercentral actors who are sought out for advice by many peers in a new market, and who are at the same time affiliated in organizations that can structure the market by shaping competing consortia of contractual activities (Richard, Wang, & Lazega, forthcoming). The second pattern is what we call multilevel social niches – that is, subsets of “pairs” of individuals/organizations that occupy a common position in the division of work of at least two strata of collective agency. Structurally equivalent individuals (in the interindividual network) affiliated to structurally equivalent organizations (in the interorganizational network) concentrate resources and capacity of coopetition that others cannot reach. An example of this phenomenon is provided by the case, already mentioned above, of the multilevel blocks among cancer researchers. In this case, competing laboratories of hematologists-immunologists must share interorganizational resources (equipment, funding, tissues, personnel, etc.) and set up a social context in which individuals affiliated in them can both perceive each other as direct competitors and seek advice from each other (Lazega, Bar-Hen, Barbillon, & Donnet, 2016). This relationship between multilevel relational infrastructure and coopetition will return in most of our examples and in all chapters. Multilevel and multiplex, interactional and relational infrastructures are key for coopetition and its relational work because they make it possible for individuals to jointly manage, at their interindividual level, tensions and conflicts created by cut-throat competition at the interorganizational level, and the other way around. Interorganizational-level interactional structures can create a context in which destructive personal rivalries characterizing collegiality can be socially managed. Just as social network analysis was necessary to understand collegiality and its cooperation among rival peers, the analysis of multilevel networks is necessary to understand coopetition. The concepts introduced to redefine organization as a stratigraphic combination of bureaucracy and collegiality are then used to revisit the theory of the rapports between the organization and its environment. They help to look at the nature of multilevel relational infrastructures between organizations to account for how joint regulations are affected by the co-constitution of organizations and their environment (Chapter 3). Especially across organizations, collaboration between members of different organizations allows members to access resources and skills in order to exploit opportunities. But this collaboration across organizations is often difficult because these organizations also compete and institutions supporting cooperation between them are not always sufficient on their own to enforce their own norms. This is where such multilevel relational infrastructures are necessary as determinants of coopetition. Specific kinds of vertical linchpins at the interorganizational level are often identified as “big fish in big ponds”, and social change presented as organized to catch up with them. A specific mechanism, “network lift from dual alters”1 – that is, a multilevel extension of opportunity structures – is presented as a condition for such changes when they benefit from specific multilevel Matthew effects. We argue that sociology of organizations analyzing organizations in these terms strengthens and expands our knowledge of this joint regulation as a set of social phenomena that should be taken into account in the current transitions. The implications of this stratigraphic and multilevel approach to activation of organized collective agency are then explored in the fields of political economy (Chapter 4), social stratification (Chapter 5) and the current platform digitalization of society (Chapter 6). The latter further bureaucratizes the world by framing personalized relationships in the language of impersonal interactions and by parametrizing social processes in collegial settings, thus attempting to neutralize its many forms of oppositional solidarity and innovative capacity. Focusing on this neutralization, a revisited organizational sociology should help explain the ways in which digitalization of relational life pushes technocratic bureaucratization of the world much further, with the risk of slowing down if not stifling innovation, neutralizing institutional entrepreneurship – thus shaping social changes and transitions without deliberation, accountability and democracy. Beyond the workplace, this evolution extends to the community, a social change introducing “commons inside out” (Chapter 6). The key issue here is that this digitalization based on the use of big relational data not only standardizes individual behavior, but also collective life. Understanding how it transforms organized collective action in workplaces, markets, communities and politics requires the new understanding of joint regulation mentioned above. Indeed, digitalization often triggers public debates that rightly focus on individual privacy issues and protections. For example, increasingly, the systematic knowledge of the private personal networks of interactions and relationships of billions of individuals can be merged with no less systematic information on these persons’ attributes (i.e., psychological traits, socioprofessional characteristics, economic resources), career paths, tacit knowledge exchanges, work and leisure activities, consumption decisions, perplexity logs (Lazega, forthcoming), and, finally, production outputs, since we upload them to “the cloud”, making them available for higher-level strata to merge and use. It is also important to stress that the existence of this systematic knowledge base raises issues that go beyond individual privacy. It also concerns all forms of emergent collective agency and organization produced by combined bureaucracy and collegiality. In other words, these new platforms accumulating data based on traces left by everyone’s digitalized activities also increasingly build models of society and private sociologies that facilitate new forms of social engineering. They increasingly use knowledge of organizations, collective mobilizations and institutional entrepreneurship for political objectives – for example, concentration of powers in the hands of collegial oligarchies at the top of the bureaucratic pyramids – not just for building academic knowledge. We focus in Chapter 7, the concluding chapter, on this form of digital bureaucratization as a major risk for joint regulation, undermining the capacity to create social innovations needed in contemporary transitions, and ultimately democracy itself. Chapter 6 shows that without new forms of joint regulation at all levels and across levels, these transformations will only take into account the interests of the very few, not those of the many. The right combinations between bureaucracy and collegiality, policy field by policy field and across fields, will need to be created and activated for contemporary societies to be able to transform themselves – especially as democracies – for these transitions.
in Dictionnaire des mouvements sociaux Edited by FILLIEULE Olivier, MATHIEU Lilian Publication date 2020-04
La référence à la répression est récurrente dans les travaux sur l’action collective. La question a surtout été appréhendée avec l’analyse des tactiques déployées par les acteurs répressifs et ce, en particulier en fonction des « structures d’opportunité » et des cycles de mobilisation, ou de façon plus fluide, en prenant en compte les interactions entre l’État et les acteurs contestataires. Comment la répression peut-elle être définie ? Charles Tilly, Sidney Tarrow et Doug McAdam en donnent une définition large : il s’agit pour eux des « efforts pour supprimer tout acte contestataire ou tout groupe ou organisation responsable de ces derniers » (McAdam, Tarrow et Tilly, 2001, p. 69)...
En prenant pour objet une mesure de politique publique de lutte contre l'obésité, cet article met l'accent sur les conditions de construction de la confiance dans un dispositif d'action publique. Celles-ci sont d'autant plus exigeantes quand, comme dans le cas étudié des chartes d'engagements volontaires de progrès nutritionnels, un instrument d'action publique a vocation à initier des dynamiques marchandes. Loin d'être garantie par le seul soutien des pouvoirs publics, l'efficacité d'un tel outil dépend aussi, de façon décisive, de sa capacité à assurer l'alignement des intérêts des parties qu'il met aux prises (pouvoirs publics, mais aussi acteurs économiques industriels). Cet alignement des intérêts est néanmoins mis à mal par un travail de gestion du dispositif qui, guidé par le souci de préserver sa réputation, mine son efficacité en contribuant régulièrement au désalignement des intérêts des parties.
in The Historical Expertise Publication date 2020-04
ĐUREINOVIĆ Jelena
Since the 2000s, the Republic of Serbia has been marked by a surge in revisionist memory politics. Encouraged by EU memory narratives, which equate fascism and communism, revisionist memory politics in Serbia entails a rehabilitation of the Chetnik movement. In this interview, historian Dr Jelena Đureinović debunks the myths surrounding the memory battles in the public space in Serbia and analyzes the diverging memory narratives in the country and in the wider (post)Yugoslav region. Đureinović explains how the ethnicization and revisionism of memory and history have been reflected in the newly adopted legal frameworks, judicial processes, mainstream political discourses and in the overall memory efforts of the political elites, including the Serbian Orthodox Church. While memory battles involving heterogeneous voices in Serbia remain focused on World War Two, seemingly more pertinent issues, namely, the reconciliation with the war past of the 1990s, are effectively obfuscated.
En el programa con el que Macron ganó las elecciones francesas de 2017 figuraba “la transición ambiental”, un eje que se ha diluido al desplegar sus políticas reales, por ejemplo en la Guayana Francesa. Criticó a Trump por su negacionismo climático, lo que le valió el título de ‘campeón de la Tierra’, y a Bolsonaro por los incendios en la Amazonia.
in La règle et le rapporteur. Une sociologie de l'inspection Edited by PILMIS Olivier, BRUNIER Sylvain Publication date 2020-04
L’Inspection du travail en France constitue un objet abondamment étudié par les sciences sociales. Des travaux ont fait l’histoire de cette administration en montrant qu’elle illustre les ambiguïtés des politiques d’encadrement du développement industriel depuis plus d’un siècle, qui à la fois le promeuvent et cherchent à limiter les effets délétères qu’il induit pour la santé des populations [Dhoquois-Cohen, 1993 ; Reid, 1994, 1995 ; Viet, 1994]. Dans une perspective inspirée de la sociologie du droit, d’autres travaux ont fait de l’Inspection du travail un cas d’étude de la bureaucratie d’État au concret et de la manière dont est négociée la traduction des règles légales dans les activités sociales [Dodier, 1986, 1988 ; Tiano, 2003a ; Mias, 2015]. Enfin, en s’inscrivant dans une sociologie de l’État attentive aux dynamiques de managérialisation de l’action publique [Bezes, 2009], des recherches mettent en évidence la perte progressive d’autonomie des inspecteurs du travail [Szarlej et Tiano, 2013 ; Szarlej-Ligner, 2016 ; Mias 2015 ; Borraz, Merle et Wesseling, 2017]. Pour l’essentiel, ces travaux se sont intéressés aux services d’inspection dépendant directement du ministère du Travail, chargés d’inspecter les entreprises relevant du régime général (industrie et services). Pourtant, le contrôle de l’application du droit du travail a été historiquement pris en charge par des services d’inspection multiples, dont les frontières ont varié au cours du temps [Szarlej-Ligner, 2017]. En se focalisant sur le seul régime général, la plupart des travaux sur l’inspection du travail négligent par construction le poids des conflits de territoires entre administrations centrales dans l’évolution de leur objet. Dans cet article, nous proposons précisément d’éclairer une partie de cette infrastructure institutionnelle, à partir du cas de l’Inspection du travail agricole, de sa naissance à la fin des années 1930 à sa mort en 2009. [premiers paragraphes]
in La Règle et le rapporteur. Une sociologie de l’inspection Edited by BRUNIER Sylvain, PILMIS Olivier Publication date 2020-04
DEMONTEIL Marion
Dans ce chapitre, nous proposons une analyse du travail des inspections générales ministérielles en entrant dans la matérialité de leurs écrits, et plus particulièrement au travers des listes des personnes auditionnées inclues dans les rapports. Prêter attention à la manière dont les inspecteurs rendent comptent – ou non – de ces interactions permet de ne pas réduire la relation inspecteur/inspecté à une forme de face-à-face. Chaque mission est au contraire conçue comme un processus itératif visant à sélectionner et agréger un certain nombre de points de vue. Conformément à l’orientation générale de l’ouvrage, entrer par les listes suppose d’envisager l’inspection comme une relation non seulement descendante, visant principalement le contrôle de l’application de la règle, mais aussi ascendante, permettant de faire remonter des informations vers les commanditaires du rapport – le plus souvent le cabinet du ministre. Cette double perspective permet ainsi d’interroger le renouvellement du rôle de ces services au cours des trente dernières années. Les transformations de l’action publique qui visent à resserrer l’administration centrale sur la stratégie et le pilotage de services morcelés, ont en effet recentré les inspections sur un travail de coordination des services [Bezes, 2005], et incité à une homogénéisation des pratiques d’inspection autour de la question de l’évaluation [École nationale d'administration, 2015]. Analyser qui sont les interlocuteurs des missions d’inspection représente ici une entrée originale pour étudier les conséquences de ces réformes sur les pratiques ordinaires des inspecteurs généraux. Quelle signification donner au fait d’être présent sur une liste des personnes auditionnées ? Qui sont ces personnes qui se trouvent être « dans les petits papiers » des inspecteurs ? Comment les inspecteurs contribuent-ils, par le processus même d’écriture de leurs rapports, à cadrer les problèmes qu’ils ont à traiter ? [premier paragraphe]
Bien que peu évoquée, l’Inspection du travail est au cœur de l’invention, des transformations et des réformes, y compris récentes et d’ampleur, du Code du travail. Les inspecteurs sont en effet essentiels dès lors qu’un corps de règles spécifiques s’élabore pour réguler les relations de travail et s’impose aux parties contractantes, employeurs et salariés, qu’il s’agisse de limiter la durée du travail, d’instaurer un salaire minimum, de respecter des règles d’hygiène et de sécurité, ou de faire fonctionner des instances de représentation du personnel. De nombreux travaux ont étudié ce corps et ses pratiques, y compris récemment [Szarlej, 2017 ; Bonanno, en cours, voir son chapitre dans cet ouvrage]. Certains de ces travaux ont porté sur le corps de l’inspection du travail, de sa création comme « voltigeurs de la république » [Viet, 1994] à l’analyse de ses transformations morphologiques dans les années 1970, sous l’effet d’une forte politisation de la fonction [Reid, 1994] ou en s’intéressant aux inspectrices au XXe siècle [Schweitzer, 2017]. D’autres travaux ont porté sur les pratiques d’inspection, en insistant sur leur rôle en matière d’accès au droit [Cam, 1986 ; Willemez, 2017], sur les usages du droit que développent les inspecteurs en matière de santé et sécurité au travail [Dodier, 1988 ; 1989], de temps de travail [Pélisse, 2004], ou eu égard à leurs missions et leurs formations [Justet, 2013]. Les réformes qui ont touché ce corps et ses pratiques ont aussi fait l’objet de recherches, par une entrée comme l’évaluation des risques [Tiano, 2003a], ou celles concernant la santé et la sécurité, et les transformations de l’autonomie et de la légitimité de la fonction d’inspection [Mias, 2015]. On s’en tient, qui plus est ici à la seule littérature française, qu’on peut élargir, comme le font Borraz, Merle & Wesseling [2017] en comparant les inspecteurs du travail à ceux des installations classées et vétérinaires, ou en étudiant les inspections du travail étrangères [voir Piore & Schrank, 2008]. Ce champ déjà balisé laisse toutefois des zones, sinon des continents inexplorés que ce chapitre propose d’arpenter. Ainsi, comment cela se passe-t-il dans la fonction publique ? Qui contrôle l’application de la réglementation du travail des fonctionnaires ? Ces derniers, définis avant tout par un statut et des règles à part, au point qu’il est inexact de parler de salaire ou de retraite pour les caractériser, font-ils l’objet d’une inspection spécifique ou au contraire généraliste ? Qui contrôle l’État-employeur ? [premiers paragraphes]
in Critique internationale Publication date 2020-04
SIMON Patrick
RINGELHEIM Julie
Plan de l'article : - La question raciale dans le droit international ; - Ambiguïtés, tâtonnements et hésitations autour de la question raciale ; - Le pragmatisme des organisations : d’une approche race-blind à une approche race-conscious ?
Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a été mis en place dans le cadre de la Convention internationale éponyme, adoptée en 1965 et aujourd’hui ratifiée par 182 États. Au cours de ses cinquante années d’existence, ses méthodes de travail ont évolué. Dans un souci de documenter la discrimination de fait (et non seulement de droit), le Comité a, entre autres, été amené à demander aux États de se doter de dispositifs statistiques et catégoriels permettant de mesurer les inégalités entre les différentes composantes, dont ethniques et raciales, de leurs populations. Notre analyse des archives du CERD de 1970 à 2018 et les entretiens que nous avons conduits auprès de plusieurs de ses experts actuels montrent comment la demande de données démographiques faisant apparaître entre autres l’origine ethnique ou raciale s’est imposée en dépit de débats internes entre experts et de nombreuses réticences étatiques. Cette mise en évidence d’un tournant pragmatique dans la lutte contre les discriminations contribue à la littérature sur le rôle de la statistique dans la gouvernance globale ainsi qu’à la littérature sur la question raciale au sein des organisations internationales.
in Esprit Publication date 2020-04
Viktor Orban pose aujourd’hui une question de vérité au Parti populaire européen (PPE). Quelle place ce dernier choisira-t-il de faire à la droite ultra-conservatrice, en Hongrie et ailleurs en Europe ?