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Publication date 2020-05 Collection Notes de l'Institut Rousseau
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L’activité partielle constitue un des dispositifs les plus anciens de la politique publique de l’emploi. Ce dispositif à caractère préventif répond aux intérêts de plusieurs groupes sociaux. Du côté des salariés, il évite leur paupérisation, leur déqualification et la perte de statut social qu’engendre le chômage total. Toutefois, cet équilibre entre groupes sociaux se disloque dans la crise du Covid-19, où les usages de l’activité partielle apparaissent particulièrement ambigus et problématiques. Cette situation appelle une réforme de l’activité partielle, pour l’adapter aux enjeux contemporains et aux défis à venir. Cette note présente les limites du dispositif en termes de couverture, d’indemnisation et de contrôle des abus avant d’en proposer plusieurs pistes de réformes.

in Confinements . Regards et expériences de chercheur-es en SHS Publication date 2020-04
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in Le Monde diplomatique Publication date 2020-04
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Depuis la fin de l’année 2019, l’épidémie de coronavirus s’est muée en pandémie mondiale. Initiée dans la province de Hubei, elle s’est répandue en quelques semaines dans la plupart des pays de la planète. Au 9 avril 2020, un million et demi de personnes sont officiellement infectées – certaines estimations jugent la proportion décuplée – tandis que 100 000 personnes en sont décédées. Près de 3 milliards d’individus connaissent une situation de confinement, afin de ralentir la diffusion de l’épidémie et d’éviter la saturation des services hospitaliers. (premier paragraphe)

Publication date 2019-11 Conferance name Qualité de l’emploi et de la formation en France et en Europe 10 ans après la crise financière
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En Allemagne et en France, un service public d’emploi unifié accueille, oriente et indemnise les chômeurs. Des conseillers personnalisés sont en charge de suivre chaque dossier et de conduire des interactions régulières, afin de formuler des recommandations ou des injonctions aux individus enregistrés. Ils sont gouvernés par objectifs, évalués sur la base de résultats quantifiés, mais disposent d’une marge de manœuvre totale sur le contenu langagier des entretiens. Or, la crise économique de 2008 a heurté les aspirations de nombreux professionnels du service public d’emploi, en charge de mettre les chômeurs en relation avec des offres d’emploi (Berkel et al., 2017). D’un côté, le nombre de chômeurs s’est massivement accru (avant de redescendre côté allemand, notamment par des transferts de statut administratif), tandis que les offres d’emploi se réduisaient. Aussi les conseillers conduisent-ils des opérations géométriques dans un espace marqué par un problème arithmétique, c’est-à-dire qu’ils agissent sur la valeur présumée des chômeurs pour les placer dans des offres en nombre bien inférieur (Pillon, 2017). Face à cet effet de ciseau, la communication montre que les conseillers à l’emploi et leurs directions ont été pris dans de nouvelles difficultés, qui actualisent les stratégies envisageables. Trois tensions majeures ont ainsi pu être identifiées, grâce à une enquête ethnographique et quantitative menée dans quatre agences pour l’emploi allemandes et françaises en 2014 et 2015. D’abord, la paupérisation des publics rend le rapport au futur plus pressant. Ensuite, le rationnement des offres disponibles conduit à des arbitrages coûteux. Finalement, la concurrence vis-à-vis d’autres canaux de recrutement repose la question de la fidélisation du patronat. Les réponses apportées à ces trois tensions convergent vers une résolution similaire au niveau des street-level-bureaucrats (Lipsky, 1980), à savoir l’abaissement de la qualité d’emploi acceptable – tout en critiquant, avec véhémence, les projets gouvernementaux en ce sens dans les deux pays. Ce faisant, la communication souligne que les interactions entre conseillers et chômeurs contribuent à la réduction de la part salariale dans le revenu national des deux pays (Grömling, 2010 ; Husson, 2012), soit de façon directe lorsqu’ils persuadent les chômeurs de réviser à la baisse leurs vœux salariaux, soit de façon indirecte lorsqu’ils les convainquent d’accepter des paramètres dégradés d’emploi, dont nous montrons l’association avec de faibles salaires horaires. Nous formulons l’hypothèse selon laquelle la déflation contemporaine de la part salariale constituerait également le produit de transactions bureaucratiques.

Publication date 2019-11 Conferance name Journées conclusives du séminaire appariement
PILLON Jean-Marie
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Ce chapitre restitue les conditions sociales dans lesquelles l’appariement des postes de travail disponibles et des personnes sans emploi, pratique déjà suggérée au début du XIXe siècle, s’est imposée dans le service public d’emploi. Il montre comment sa mobilisation est rendue légitime, puis imparable. Pour cela, nous étudions les infrastructures à la fois organisationnelles, matérielles et symboliques qui supportent les appariements. La réflexion s’appuie sur les nomenclatures de classement des positions sur le marché de l’emploi, développées pour rapprocher employeurs et travailleurs dès 1810. Pour opératoires qu’elles tentent d’être, toutes ces grilles de mise en équivalence incorporent une représentation du marché de l’emploi. Chacune est normative, car elle circonscrit des identités professionnelles et définit de manière qualitative la force de travail. Sous la technique arithmétique, ces grilles sont proprement politiques, car elles circonscrivent les traits saillants de deux objets : une place vacante dans un système de production et une personne. A minima, ces grilles fabriquent donc des équivalences (certaines offres et certaines personnes sont interchangeables) ainsi que des anormalités (certaines offres et certaines n’ont pas de réciproque ou ne se retrouvent pas dans les réciproques prévues). En reconstituant la genèse et l’évolution historique des instruments de classement utilisés dans les bureaux de placement du XIXe et du XXe siècle, ce chapitre souligne que les nomenclatures d’appariement reposent sur une théorie de l’État. Plus spécifiquement, elles impliquent une théorie de l’action publique dans le champ économique : chaque manière de placer repose sur une vision de l’État en train de réguler l’emploi. Cette théorie rend le placement public impensable à certaines époques et l’impose comme une évidence à d’autres. De plus, nous reconstituons l’extension du périmètre d’intervention de l’État vis-à-vis des grilles de classement des offres et des demandes sur le marché de l’emploi. A travers quatre coupes historiques, en 1810, 1900, 1945 et 1976, nous pointons la montée du pouvoir étatique en matière de mise en équivalence des offres et des demandes. Chacune de ces périodes correspond à un régime d’appariement, à la fois processus technique et forme de gouvernementalité au sens de Michel Foucault, c’est-à-dire un rapport social spécifique entre gouvernants et gouvernés (Foucault, 1994, p. 635-657). En outre, la succession de ces séquences historiques exprime l’enserrement croissant, par les bureaux publics de placement, des investissements de forme (Thévenot, 1986) sur le marché de l’emploi. Loin de témoigner de l’abandon du marché de l’emploi à lui-même, la séquence libérale de la fin du XXe siècle est structurée par un investissement fort et continu des institutions d’intermédiation publiques. Notre présentation suit un plan chronologique. Elle revient d’abord sur les échecs de l’émergence d’un marché centralisé au XIXe siècle (I). Elle souligne ensuite l’importance de la naissance du chômage et de la figure du chômeur pour légitimer l’intervention de l’État (II). Puis, elle observe comment les perspectives keynésiennes (III) puis néolibérales (IV) se déploient dans des administrations taillées à leur mesure. A chaque époque, pour incarner le nouveau périmètre d’équivalences professionnelles, nous montrons dans un encadré les évolutions des connexions entretenues par un métier par rapport aux autres, ici un ébéniste, dont les appariements envisageables évoluent drastiquement sur le siècle.

Publication date 2019-11 Conferance name Journées conclusive du séminaire appariement
PILLON Jean-Marie
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Depuis l’émergence, dans la première moitié du XIXème siècle, d’une économie classique puis néo-classique privilégiant l’identification des conditions de réalisation de la loi de Say, nombre d’acteurs scientifiques, politiques ou économiques ont tâché d’appliquer ce modèle à la distribution des travailleurs et des postes de travail. Or, le développement d’infrastructures informatiques d’envergure à la fin du XXème siècle a largement contribué à leur résurgence. Désormais, la quasi-totalité des services publics de l’emploi européens disposent de moteurs de recherche qui permettent à partir d’une offre d’emploi de trouver des travailleurs compatibles, et, inversement, d’identifier des emplois disponibles à partir du dossier d’un chômeur ou d’une chômeuse. Si l’accès à ces moteurs de recherche a longtemps supposé l’intermédiaire d’un conseiller à l’emploi, ces outils sont aujourd’hui accessibles en ligne pour augmenter encore le caractère "automatique", "fluide" et "transparent" de l’appariement de la demande et de l’offre sur ce qui fait à présent figure de "marché d’emploi". Une telle situation pourrait laisser présager de l’effacement progressif des agents publics et, partant, de leurs institutions de rattachement, derrière une machinerie d’appariement à même de résorber automatiquement le chômage endémique. Les développements qui suivent montrent les contradictions sociales qui mettent une telle tentation cybernétique en échec. Ce chapitre se concentre au contraire la somme de travail humain qui permet à l’appariement informatique de fonctionner dans les services publics d’emploi français et allemands. Pour exposer ce travail, ses enjeux et ses conséquences, nous prenons pour objet les conflits et les négociations qui rendent acceptables ou qu’imposent des mises en relation qui sont présentées par l’institution à son audience comme automatisées. Munis d’une telle focale, il apparaît alors que les instruments d’appariement ne fonctionnent pas de manière spontanée et déploient une certaine vision du monde. Ces instruments sont d’abord développés et construits en amont pour favoriser la fabrication d’une multiplicité de paires. Ils sont ensuite reproduits et maintenus au quotidien au cours d’interactions de guichet ou en back office, pour réaliser cette fluidité. À partir d’une étude ethnographique des pratiques de conseil aux chômeurs dans les agences d’emploi publiques en France et en Allemagne au XXIe siècle, nous montrons comment l’intervention d’agent mandatés par la puissance publique concourt à la stabilisation d’appariements, c’est-à-dire à la fabrication de paires mutuellement ajustées. La répartition des emploi, appréhendée comme un "marché" libre où offre et demande peuvent librement consentir un contrat, peut alors être présentée comme telle aux acteurs sociaux, malgré l’ensemble des obstacles à une telle conception.

Publication date 2019-11
evangelische Hochschule Nürnberg
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Ethnografische Methoden sammeln qualitative Daten, um das Alltagsleben im und mit dem Sozialstaat aus unterschiedlichen Perspektiven (z. B. der BeraterInnen wie der BürgerInnen) realistisch zu beleuchten. Grenzen der Methode sind aber kulturelle Vorannahmen oder punktuelle Kenntnisstände auf der Mikroebene, die strukturelle Aspekte wie soziale Ungleichheiten nicht erfassen. So können ethnografische Methoden auf den Status eines Pretests vor einer makrosozialen Analyse reduziert werden. Eine Kombination unterschiedlicher methodischer Ansätze, kann diese Grenzen jedoch verringern. Die Kritische und vergleichende Ethnographie offenbart strukturelle Merkmale des Sozialstaates: der kritische Ansatz fokussiert Unterschiede zwischen "Gewinnern" und "Verlierern" des heutigen sozialstaatlichen Umbaus bzw. Abbaus. Ergänzend analysiert der ethnographische Ansatz die Widersprüche, Komplexität, Implementation Gap bzw. Implementation Trick des politischen Prozesses. Im Vergleich der lokalen, nationalen und internationalen Ebenen kann die Wirksamkeit der Regulierung untersucht werden. Der Vortrag stellt vor, wie diese Frage anhand ethnografischer Beobachtungen in der deutschen und französischen Arbeitsvermittlung und mittels Dokumentenanalysen in Archiven erforscht wurde.

Pris en charge par des organismes spécifiques, les chômeurs sont dans l’obligation de mener des échanges réguliers avec leurs conseillers. Ces interactions articulent trois temporalités distinctes : un rythme des rendez-vous, un horaire de début et une durée. À partir de l’observation d’entretiens entre des chômeurs et leurs conseillers dans plusieurs types d’organismes d’accompagnement (deux agences Pôle emploi en France, ainsi qu’une Arbeitsagentur et un Jobcenter en Allemagne), nous interrogeons le pouvoir discrétionnaire que possèdent les agents administratifs en matière de temporalités, ainsi que les marges de négociation détenues par les publics. Cette perspective présente le rapport des chômeurs et des conseillers comme un processus d’ajustements ou de conflits temporels. Elle montre que les temporalités administratives du chômage sont inégalement contrôlées et disputées au niveau des guichets, avec des résultats différents d’une institution à l’autre. Le pouvoir discrétionnaire des conseillers est particulièrement élevé en matière de rythmes de convocation. En revanche, les chômeurs disposent de ressources singulières pour discuter les horaires en Arbeitsagentur ou pour contester les durées à Pôle emploi. Les chômeurs en régime d’assistance, au sein des Jobcenter, apparaissent singulièrement démunis dans ces luttes temporelles.

in Temporalités Publication date 2019-10
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Si l’objet « travail » peut se prévaloir d’une longue tradition en études temporalistes inaugurée en France par Georges Friedmann, Pierre Naville et William Grossin, c’est moins le cas pour l’emploi et moins encore pour la privation d’emploi. À l’heure où le chômage est devenu un puissant marqueur des carrières d’emploi, des politiques publiques ou encore des rapports au travail, il est utile d’actualiser les connaissances sur les temporalités du chômage et d’en explorer les facettes et enjeux. Dans les sociétés où l’activité professionnelle est centrale, la privation d’emploi est une situation à part et disqualifiée, et qui oblige en conséquence à se confronter à la question de sa durée et de son terme (la sortie du chômage). Le chômage est, en quelque sorte, une affaire de temps. (premier paragraphe)

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