Co-auteur
  • SANTANA David (1)
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En France, le problème des déchets radioactifs a fait l’objet de différentes prises en charge. La gestion de ces déchets a été singularisée et confiée à un opérateur spécialisé, l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs, l’Andra, créée en 1979 pour stocker ces déchets. Mais l’Andra a rencontré des difficultés pour réaliser des projets de stockage régulièrement contestés. Aujourd’hui encore, alors que son projet de stockage géologique entre en phase de réalisation, elle fait l’objet de critiques, cristallisant des rapports de force traversant l’ensemble du secteur nucléaire. Pour retracer les évolutions de cette gestion depuis les années 1950, l’étude du travail organisationnel permet d’appréhender de l’intérieur comment les agents définissent les problèmes, conçoivent et réalisent des solutions. A travers ce travail stratégique et politique, ils transforment régulièrement l’Agence en fonction du déroulement de ses projets : filiale industrielle du CEA, elle est transformée en agence de recherche finalisée, puis à nouveau en opérateur industriel pour réaliser le stockage géologique. Ces changements permettent aux acteurs de relancer des projets critiqués, sans forcément en modifier le contenu : ce n’est pas l’inertie mais la flexibilité organisationnelle et institutionnelle qui permet d’expliquer le maintien de solutions contestées. Enfin, le problème des déchets cristallise une multiplicité de logiques temporelles. L’analyse du travail de temporalisation de l’action, comme forme particulière d’organisation, permet d’interroger l’articulation entre changement et verrouillage de l’action publique. Ainsi notre étude porte sur le lien entre définition d’un problème, construction de solutions irréversibles, travail organisationnel et temporel.

in COGITO, la lettre de la recherche à Sciences Po Publié en 2017-10
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Le choix d’un nouveau logo nutritionnel par le ministère de la Santé s’annonçait difficile, compte tenu des intérêts divergents des acteurs concernés. Conscient de l’enjeu, le ministère de la Santé a engagé une étude évaluative les réunissant. Les débats autour de cette évaluation ont été houleux et parfois quasi impossibles. Comment en est-on arrivé là ? Quelles leçons peut-on en tirer ? C’est le but du projet de recherche “COntroverse sur les LOgos NUTritionnels” dont l’INSERM a confié direction à Daniel Benamouzig, chercheur au Centre de sociologie des organisations.

Cet article analyse comment des acteurs font du temps une ressource stratégique, dans le cadrage de la gestion des déchets radioactifs. Des acteurs parviennent à maintenir un projet technique contesté en jouant avec des temporalités multiples aux niveaux cognitif et organisationnel. Ainsi, pour sortir du blocage le projet de stockage profond, ils en modifient le cadrage temporel, créent un calendrier législatif, avec une phase de recherche indépendante du projet industriel et mènent un changement institutionnel. Mais ce nouveau cadrage politique reste subordonné au cadrage technique initial rendu invisible. Au lieu d’une alternance, ces deux cadrages coexistent, dans des sphères différentes, publiques ou confinées. Et ce maintien discret du cadrage technique permet d’expliquer le renforcement dans le temps du verrouillage technologique autour du stockage.

Publié en 2016-03 Nom de la conférence Séminaire "Logique progrès et gestion de ses dégâts" du Centre Alexandre Koyré (EHESS)
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Non disponible

in Revue française de sociologie Publié en 2014
SANTANA David
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Dans son premier ouvrage (Le rayonnement de la France : énergie nucléaire et identité nationale après la Seconde Guerre mondiale), l’historienne des sciences Gabrielle Hecht revisitait le lien entre « identité nationale » et « système technopolitique » à travers l’étude de la mise en place du programme nucléaire civil français. Elle postulait en effet que des mises en forme techniques pouvaient induire des modes d’action politique et organiser des rapports sociaux et culturels. Dans Being Nuclear, son attention se porte sur l’extraction et la vente d’uranium africain des années 1940 à 1980, afin d’interroger la définition d’un État nucléaire et de l’« ordre nucléaire global ». Son but est de montrer comment ces processus sont construits par des acteurs aux intérêts divergents, dans des contextes historiques et géographiques spécifiques. [Premières lignes]