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Les huit semaines de confinement, du 17 mars 2020 au 10 mai 2020 ont conduit à une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 32 %. Pendant la période de déconfinement progressif du 11 mai au 5 juillet 2020, l'activité resterait inférieure à son niveau d'avant-confinement de 11 points de PIB, signifiant un retour partiel à l’activité « normale ». Les seize semaines de confinement et de déconfinement pèseraient pour 6,6 points de PIB sur la croissance annuelle de 2020. La pandémie de la COVID-19 et les mesures prophylactiques engagées ont déclenché une perte d’activité jamais observée en temps de paix. [Premier paragraphe]

Nous comparons les prévisions de croissance de l’économie française à l’horizon 2021 réalisées entre septembre et mi-novembre 2019 par 20 organismes (publics et privés, dont l’OFCE). Après être passée de 2,4 % en 2017 à 1,7 % en 2018, l’activité ralentirait pour l’ensemble des prévisionnistes, en moyenne à 1,3 % en 2019. Il n'y a pas d'accélération prévue à l’horizon de l'exercice de prévision : l’activité progresserait en moyenne à son rythme potentiel de 1,2 % en 2020 et de 1,25 % en 2021. En 2018, le commerce extérieur, par sa contribution positive, a compensé partiellement une demande intérieure moins dynamique. En 2019, la consommation des ménages est le principal moteur de la croissance. L’environnement international serait moins favorable et les risques sur la croissance plutôt orientés à la baisse. Pour tous, l’inflation reste globalement modérée en prévision (entre 1,1 % et 1,9 % en 2021 selon les instituts), c’est également le cas de l’inflation sous-jacente, comprise entre 0,8 % et 1,4 % en 2021. Il existe un moindre consensus sur le taux de chômage à l’horizon 2021 : il baisserait de 9,1 % de la population active en 2018 à 8,5 % en moyenne en 2019 mais les prévisions sont diverses en fin de période. En effet, les plus pessimistes l’envisagent à 9,8 % tandis que les plus optimistes le situent à 7,5 %. En moyenne, il se stabiliserait à 8,3 % sur les deux dernières années étudiées. La progression des salaires resterait contenue (avec un maximum à 2,1 % en 2021). L’impact positif des réformes passées et en cours sur la compétitivité des entreprises et sur l’emploi et in fine sur la croissance du PIB ne ressort pas véritablement des scénarios. Enfin, la France est sortie de la Procédure de déficit excessif en 2018 et tous les instituts sauf un prévoient le respect des règles budgétaires concernant le déficit public, qui resterait en deçà du seuil des 3 % à l’horizon 2021 (hormis le dépassement exceptionnel en 2019 du fait du CICE). En 2021, il serait compris entre 4 % et 1,8 % du PIB. Si les règles sont respectées en termes de solde budgétaire, ce n’est pas le cas des efforts structurels inscrits dans les différents scénarios puisqu’il est quasiment nul sur l’ensemble de l’exercice de prévision. Un document de travail plus détaillé est associé à ce Policy brief.

Après un pic de croissance en 2017, l'activité économique mondiale donne des signes d'essoufflement. En 2018, le PIB mondial a progressé de 3,3 % contre 3,5 % un an plus tôt. Les nuages ont continué à s'accumuler au cours du premier semestre 2019 en lien avec des tensions géopolitiques accrues. En Europe, les conditions du Brexit restent incertaines et la situation politique en Italie connaît de nouveaux rebondissements. La guerre commerciale sino-américaine se poursuit et un nouveau front entre les États-Unis et l'Europe s'ouvre, élevant le degré d'incertitude. Les enquêtes de confiance se sont dégradées, en particulier dans l'industrie, touchée également par une crise du secteur automobile. Dans un contexte marqué par la poursuite du changement de modèle de croissance chinois et la perspective de fin du cycle d'expansion en Allemagne ou aux États-Unis, ces différents signaux laissent entrevoir la poursuite et l'amplification du ralentissement en 2019 et 2020. La croissance a déjà perdu 1,8 point dans la zone euro entre la fin de l'année 2017 et mi-2019 avec une forte chute de la croissance allemande. Aux États-Unis, l'évolution récente reflète un atterrissage de la croissance mais à un niveau qui reste supérieur à celui de la zone euro. La croissance a été plus volatile au Royaume-Uni, alors que les conditions du Brexit ne sont toujours pas éclaircies. Après un bon premier trimestre, le PIB a reculé au deuxième trimestre. Parmi les pays émergents, l'Inde et la Chine voient leur croissance diminuer. La situation sur le marché du travail ne reflète pas encore cette dégradation du climat conjoncturel. Les taux de chômage ont baissé dans la plupart des pays, atteignant des points historiquement bas comme aux États-Unis ou en Allemagne ou retrouvant le niveau d'avant la Grande récession comme dans la zone euro. L'évolution de la croissance mondiale est donc suspendue à des accords politiques et commerciaux qui n'ont pu être finalisés jusqu'ici. Le risque de négociations rompues sur le commerce ou d'un Brexit précipité provoquerait une récession au Royaume-Uni et entraînerait la croissance mondiale dans une zone de turbulences bien plus fortes avec un risque de récession. Dans ce contexte se pose la question de la capacité des autorités monétaires et budgétaires à amortir le ralentissement et une éventuelle récession. La baisse des taux redonne de fait des marges de manœuvre aux pays européens pour mener des politiques de soutien à la croissance.

Quelques semaines après la publication des prévisions de croissance pour la France (le 16 octobre, disponibles ici), l’OFCE a organisé un atelier avec les différentes institutions françaises publiques (Banque de France, Direction Générale du Trésor, INSEE) et internationales (Commission européenne, OCDE et FMI) : l’Observatoire Français des Comptes Nationaux (OFCN). Les institutions privées françaises ou opérant en France étaient également invitées. Le sujet de la journée était la conjoncture française et son environnement international, les prévisions macroéconomiques à l’horizon 2021, les perspectives budgétaires ainsi que des éléments de méthodes ou structurels comme l’utilisation des indicateurs avancés pour prédire le PIB ou encore la polarisation du marché du travail. La troisième édition de cette rencontre annuelle a eu lieu vendredi 8 novembre 2019. Une vingtaine d’instituts de prévision à 1 ou 2 ans étaient représentés[1].

 Après un pic de croissance en 2017, l'activité économique mondiale donne des signes d'essoufflement. Nous anticipons que l'activité progresserait de 1,7 % dans les pays industrialisés et de 3,7 % dans les pays émergents contre 2,2 % et 4,2 % respectivement en 2018. La croissance mondiale se stabiliserait à 2,8 % puis 2,9 % en 2020 et 2021.  Dans le cas d'un Brexit sans accord, nous anticipons une récession de -1,1 % dès 2020 au Royaume-Uni. L'effet sur la croissance française serait modéré, avec une croissance annuelle amputée de 0,2 point la première année.  Pour la France, après une année de forte croissance (2,4 % en 2017), l'année 2018 a été marquée par un franc ralentissement (1,7 %). La croissance française, en glissement annuel, est ainsi passée en l'espace d'un an de 3 % à la fin 2017 à 1,2 % fin 2018.  Cependant, malgré le ralentissement de nos principaux partenaires commerciaux, Allemagne en tête, l'activité française résisterait en 2019 à 1,3 %, poussée par les mesures fiscales à destination des ménages, affichant pour la première fois depuis six ans une croissance supérieure à la moyenne de la zone euro hors France.  En 2020, tirée par une demande interne relativement dynamique grâce à une politique budgétaire encore en soutien, l'économie française maintiendrait un rythme de croissance de 1,3 %. En 2021, l'effort de consolidation budgétaire attendu conduirait la croissance française à revenir à son rythme potentiel de 1,2 %.  En 2019, soutenue par les mesures socio-fiscales (12 milliards, soit 0,9 point de RDB), le pouvoir d'achat des ménages augmenterait fortement (+2,4 %), sa plus forte hausse depuis 2007.  Cette nette amélioration du pouvoir d'achat n'a pas eu pour le moment les effets escomptés sur la consommation des ménages du fait d'une hausse du taux d'épargne qui s'apparente à une épargne de précaution, autre que celle liée au chômage.  Le taux de chômage passerait de 8,5 % actuellement à 8,3 % fin 2019, 8,2 % fin 2020 et 8,0 % fin 2021.  La trajectoire économique française se ferait au détriment du respect des règles budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance, avec une réduction du déficit public structurel rapporté au PIB inférieure aux préconisations des traités européens. La dette publique, quant à elle, serait de 98,9 % du PIB en 2019 et 2020 (après 98,4 % en 2018), avant d'amorcer un début de réduction en 2021, année où elle atteindrait 98,5 % du PIB.

Au printemps 2019, l’OFCE a prévu une croissance du PIB réel de 1,5 % pour 2019 et de 1,4 % pour 2020 (soit 2,9 % de croissance cumulée). Au même moment, la moyenne des prévisions compilées par le Consensus Forecasts[1] était de 1,3 % chacune de ces deux années (soit 2,6 % cumulés), avec un écart-type autour de la moyenne de 0,2 point. Cette différence a conduit certains observateurs à qualifier les prévisions de l’OFCE « d’optimistes comme d’habitude », celles du Consensus ou d’instituts qui affichent des prévisions moins favorables étant jugées plus « réalistes » dans la phase conjoncturelle actuelle.

In the euro area growth is holding up but the general outlook is less bright than in recent years. The anticipated slowdown largely results from the gradual attenuation of the post-Great Recession recovery momentum and the convergence of growth rates towards a lower potential growth path. It also coincides with a revival of political turmoil, consequently emphasizing the urgency to deal with external downsize risk by strengthening internal sources of growth—investment and private consumption. The sun has been shining but the opportunity for structural repair has not been taken. Hence, imbalances within the euro area need to be addressed in order to achieve sustainable development. The increase of public debt is one of the main legacies of the crisis. While it is currently declining, long-run simulations suggest that without further consolidation, the public debt-to-GDP ratio will not reach the arbitrary 60% target by 2035 in a number of countries. To top it off, countries that are concerned are those whose unemployment rate remains above its pre-crisis level, yet the implementation of a new fiscal consolidation would result in higher employment. It thus raises the question of this rule's sustainability. The euro area as a whole has a large trade surplus, which favors pressures for the appreciation of the euro, which can reduce growth prospects. Unlike the period before the crisis, the imbalance is clearly concentrated in surplus countries. Finally, the aforementioned imbalances make governance reforms more urgent than ever. Until now, progress in this area has proved rather timid. This work led us to three key policy insights. First, the structural adjustment needed to bring back public debt to its target would weigh on the reduction of unemployment. Euro area countries can pursue an additional fiscal consolidation provided output gap is closed, and countries with fiscal leeway should use it to sustain growth in the euro area as a whole. Secondly, the ongoing debate on the reform of the economic governance of the euro area must pay more attention to the evolution of nominal prices and wages, in order to reduce the sources of divergence. In the same time, the need to strengthen wage bargaining systems by giving the social partners a greater role is important. Finally yet importantly, the need for a greater automatic stabilization, including of a cross-border nature, in monetary union is undisputed. The proposals under discussion do go to some extent in this direction and deserve support.

Depuis la Grande Récession de 2009, l’économie mondiale a d’abord connu une phase de rebond – en 2010 et 2011 – puis a cru à un rythme annuel moyen de 3,3 % entre 2012 et 2017. L’accélération observée en 2017 avec une progression du PIB mondial de 3,5 %, notamment soutenue par la reprise plus tardive de la zone euro, a fait naître l’espoir d’un rythme de croissance plus soutenu qui aurait permis de résorber les déséquilibres – chômage et/ou dette publique – hérités de la crise. Le ralentissement de l’activité observé au premier semestre 2018 et qui s’est amplifié en fin d’année augure d’un scénario moins favorable. Les tensions commerciales, les difficiles négociations du Brexit, la baisse de croissance chinoise et l’application de nouvelles normes dans le secteur automobile ont cassé la dynamique de croissance qui est revenue à 3,3 % en 2018. De nombreuses enquêtes conjoncturelles laissent présager la poursuite de ce mouvement en début d’année 2019. Certains indicateurs, plus alarmistes comme l’évolution de la courbe des taux aux États-Unis, suggèrent une probabilité de récession plus élevée1

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À l’heure où les perspectives de commerce mondial demeurent orientées à la baisse[1], la demande intérieure britannique peine à rester dynamique : la consommation des ménages s’est essoufflée en fin d’année tandis que l’investissement chute de 0,2 % en 2018. Cette dernière baisse est à imputer en quasi-totalité à l’investissement des entreprises non financières[2] (55% de la FBCF en volume) qui a baissé consécutivement durant les quatre trimestres de l’année (graphique 1) : atteignant -2,6 % en 2018. L’investissement peut être expliqué par un modèle à correction d’erreur[3]. Celui utilisé à l’OFCE pour les prévisions de l’investissement des entreprises non financières au Royaume-Uni bénéficie d’un ajustement pouvant être considéré comme « correct » au regard de son pouvoir explicatif (le coefficient de détermination est de 85%) sur la période pré-referendum (1987T2 – 2016T2). Si nous simulons la trajectoire de l’investissement après le référendum de 2016 (en bleu clair), on remarque que celle-ci dévie des données d’investissement reportées par l’ONS (bleu foncé) de façon systématique[4]. Ce résultat est conforme à ceux que l’on peut trouver dans la littérature récente montrant également que les modèles tendent systématiquement à surévaluer le taux d’investissement des entreprises britanniques depuis 2016[5]. De 0,5 point de PIB en 2017, l’écart n’a cessé de progresser en 2018 pour atteindre un peu plus d’un point de PIB au dernier trimestre.

Alors que le climat économique international est bien moins porteur qu'il ne l'a été ces dernières années, la croissance en Europe réussit à se maintenir. Pour combien de temps encore ? La reprise se trouve aujourd'hui affaiblie et la croissance potentielle diminuée. Sur fonds d'incertitudes politiques importantes (Brexit, guerre commerciale entre les ÉtatsUnis et la Chine, etc.) les risques externes rendent d'autant plus nécessaire le renforcement des piliers internes de la croissance que sont l'investissement et la consommation privée. Mais par-dessus tout, ce sont l'ensemble des déséquilibres – chômage, dette publique, déséquilibres courants – au sein de cette union de pays qu'il est nécessaire de résorber afin de rendre le développement européen soutenable. L'augmentation de la dette publique est l'un des principaux héritages de la crise. Des simulations à long terme suggèrent que, sans un assainissement budgétaire plus poussé, la dette publique n'atteindra pas l'objectif arbitraire de 60 % d'ici 2035 dans un certain nombre de pays. Mais la mise en œuvre d'un nouvel ajustement budgétaire se traduirait pas un chômage plus élevé. Ainsi se pose la question de la soutenabilité de cette règle. La zone euro dans son ensemble dégage un excédent commercial important favorisant des pressions à l'appréciation de l'euro susceptible de réduire les perspectives de croissance. Contrairement à la période avant la crise, le déséquilibre est concentré dans les pays excédentaires. Enfin, les déséquilibres susmentionnés donnent aux réformes de gouvernance un caractère crucial et urgent, pourtant celles-ci peinent à se mettre en place, à l'image de l'adoption incomplète de l'Union bancaire par exemple. Plusieurs recommandations de politiques publiques émergent de ce travail : ■ Premièrement, l'ajustement structurel nécessaire pour ramener la dette publique à son objectif pèserait sur la réduction du chômage. Les pays peuvent mener une politique de consolidation budgétaire sous réserve que l'écart de production soit refermé et ceux bénéficiant de marges de manœuvre budgétaire devraient s'en servir pour soutenir la croissance de la zone euro dans son ensemble ; ■ Ensuite, le débat en cours sur la réforme de la gouvernance économique de la zone euro doit accorder une plus grande attention à l'évolution des prix et des salaires nominaux dans la zone euro afin de réduire les sources de divergence. Conjointement à cela, il est nécessaire de renforcer les systèmes de négociation salariale en donnant un rôle accru aux partenaires sociaux ; ■ Enfin, la nécessité d'une plus grande stabilisation automatique, y compris de nature transfrontalière, dans l'union monétaire est incontestable. Les propositions en discussion vont dans une certaine mesure dans cette direction et méritent d'être soutenues.

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