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A partir de juin 2012 le groupe terroriste Ansar Dine s’empare du Nord du Mali. De nombreux sites historiques et culturels sont alors détruits et pillés. Le 25 avril 2013, le Conseil de Sécurité charge la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) par le biais de l’alinéa f) de la résolution 2100 de « protéger les sites culturels et historiques du pays contre toutes attaques, en collaboration avec l’UNESCO ». Or, les sites historiques et culturels du pays réhabilités et reconstruits en priorité par l’unité ‘Environnement et Culture’ de cette opération ont été les sites classés sur la liste du patrimoine mondial, à savoir les mausolées de Tombouctou. Alors qu’en 2015 le groupe terroriste ISIS entame une campagne de destruction systématique des sites du patrimoine mondial irakiens et syriens, la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA devient le symbole de la défense de l’humanité face à l’inhumanité, de la civilisation face à la barbarie. Fondée sur une observation participante à l’UNESCO et au Département des Opérations de la Paix de l’ONU, mais également sur des entretiens avec les fonctionnaires onusiens au siège et sur le terrain des opérations de paix ainsi que sur un travail d’archives, cette thèse vise à comprendre comment une initiative ponctuelle et locale telle que la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA est devenue, à la faveur d’un contexte de crise, le cœur d’une rhétorique prétendant à l’universalisme. Afin de faire de la MINUSMA un précédent pour les futures opérations de paix, trois types d’acteurs (l’UNESCO, sa Directrice Générale et certains de ses Etats membres) ont en effet donné corps à l’humanité par le biais de son patrimoine commun : en identifiant les coupables (par un processus de criminalisation) et les victimes de sa destruction (par un processus de victimisation) mais aussi ses défenseurs (par un processus d’héroïsation).

L’intégration de la protection du patrimoine culturel dans le mandat de la mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) a été rendue possible par la résolution 2100 du Conseil de sécurité. Cette dernière a fait l’objet d’une forte médiatisation orchestrée par l’UNESCO. Pour cette agence spécialisée, il s’agit d’un tournant dans l’histoire du maintien de la paix dans la mesure où pour la première fois, le Conseil de sécurité a reconnu la destruction des sites culturels comme une menace contre «  la paix et la sécurité internationales  ». Fondée sur une méthodologie qualitative liant une observation participante à une série d’entretiens réalisés au sein du secrétariat de l’ONU, cette contribution analyse la manière dont la question du patrimoine culturel, bien qu’apparaissant comme un enjeu minime de la négociation portant sur la résolution 2100, a pu agir comme le révélateur de tensions structurelles au sein du multilatéralisme. Au Conseil de sécurité, cet enjeu a donné à voir l’opposition entre les conceptions française et russe du maintien de la paix. Dans le système onusien, il a mis au jour la volonté du personnel de l’UNESCO de repositionner cette agence en en faisant un interlocuteur direct du Conseil de sécurité et ainsi, un acteur à part entière de la réponse aux situations de crises internationales.

in Cogito. Le magazine de la recherche Publié en 2021-02-27
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Suite à la destruction de biens culturels classés au patrimoine mondial au Mali, en Irak et en Syrie entre 2012 et 2015, de nouveaux instruments ont été mis en place par le Conseil de sécurité de l’ONU. Désormais, ce dernier est en mesure d’accorder aux opérations de paix onusiennes un mandat de protection des biens culturels s’ils sont menacés lors d’un conflit armé. C’est à étudier les causes de ce phénomène dans toute leur complexité que Mathilde Leloup, jeune docteure de Sciences Po, a consacré sa thèse de doctorat « Redéfinir l’humanité par son patrimoine : l’intégration de la protection des sites culturels dans le mandat des opérations de paix onusiennes ». Récompensé en 2020 par le Prix Dalloz, son travail permet de décrypter des enjeux de cette disposition qui vont au-delà des buts affichés.. Propos recueillis par Miriam Périer, CERI.

in African Heritage Challenges. Communities and Sustainable Development Sous la direction de BAILLIE Britt, STIG SØRENSEN Marie Louise Publié en 2021-01-13
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Created by a Peace Corps member in 1997 in the Malian village of Fombori, the Culture Bank is composed of three complementary elements: it protects the cultural heritage from illicit trafficking through a museum, promotes sustainable local development through the provision of micro-credit loans, and benefits the broader community through an education center. Supported by several international organizations (World Bank, ICCROM), the Culture Bank initiative embodies the paradox of cultural heritage and development projects torn between the local and global scales, and between local communities and international organizations. Exported into Togo and Benin after 2007, these banks reveal the unexpected results of international programs (e.g., World Heritage listing) on local initiatives. They also highlight fundamental misunderstandings between the French actors engaged in cultural heritage protection and those involved in sustainable development in West Africa. Ultimately, their case raises questions about the disappearance of the ‘Southern State’ as an interlocutor for funding partners.

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Mathilde Leloup est post-doctorante Oxpo au sein du Department of Politics and International Relations (DPIR) de l’Université d’Oxford et docteure associée au Centre de recherches Internationales. Depuis 2018, elle est co-responsable du séminaire du Groupe de recherche sur l’action multilatérale (GRAM) avec Guillaume Devin et Sarah Tanke. Sa thèse, intitulée Redéfinir l’humanité par son patrimoine : l'intégration de la protection des sites culturels dans le mandat des opérations de paix onusiennes vient d’être récompensée par le Prix Dalloz. Mathilde Leloup répond à nos questions à propos de sa recherche, passée et actuelle. Propos recueillis par Miriam Périer, CERI.

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Mathilde Leloup is Oxpo post-doctoral Fellow at the Department of Politics and International Relations (DPIR ) of the University of Oxford and research associate to the CERI/Sciences Po. Since 2018, she is co-organiser of the GRAM (Research Group on Multilateral Action) research seminar with Guillaume Devin and Sarah Tanke. Her PhD thesis, entitled “Redefining Humanity Through its Heritage: The Incorporation of Cultural Protection into Peacekeeping Mandates” was awarded the Dalloz Price this Autumn 2020. Mathilde answers our questions about her research, past and present. Interview by Miriam Périer, CERI

A partir de juin 2012 le groupe terroriste Ansar Dine s’empare du Nord du Mali. De nombreux sites historiques et culturels sont alors détruits et pillés. Le 25 avril 2013, le Conseil de Sécurité charge la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) par le biais de l’alinéa f) de la résolution 2100 de « protéger les sites culturels et historiques du pays contre toutes attaques, en collaboration avec l’UNESCO ». Or, les sites historiques et culturels du pays réhabilités et reconstruits en priorité par l’unité ‘Environnement et Culture’ de cette opération ont été les sites classés sur la liste du patrimoine mondial, à savoir les mausolées de Tombouctou. Alors qu’en 2015 le groupe terroriste ISIS entame une campagne de destruction systématique des sites du patrimoine mondial irakiens et syriens, la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA devient le symbole de la défense de l’humanité face à l’inhumanité, de la civilisation face à la barbarie. Fondée sur une observation participante à l’UNESCO et au Département des Opérations de la Paix de l’ONU, mais également sur des entretiens avec les fonctionnaires onusiens au siège et sur le terrain des opérations de paix ainsi que sur un travail d’archives, cette thèse vise à comprendre comment une initiative ponctuelle et locale telle que la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA est devenue, à la faveur d’un contexte de crise, le cœur d’une rhétorique prétendant à l’universalisme. Afin de faire de la MINUSMA un précédent pour les futures opérations de paix, trois types d’acteurs (l’UNESCO, sa Directrice Générale et certains de ses Etats membres) ont en effet donné corps à l’humanité par le biais de son patrimoine commun : en identifiant les coupables (par un processus de criminalisation) et les victimes de sa destruction (par un processus de victimisation) mais aussi ses défenseurs (par un processus d’héroïsation).

La Convention de 1954 est à ce jour le seul texte juridique portant exclusivement sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Adoptée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle a été complétée par un deuxième protocole en 1999, afin de s’adapter au changement de nature des conflits armés, désormais plus intra qu’interétatiques, ainsi qu’à celui des atteintes au patrimoine culturel, qui ne sont plus seulement collatérales mais également intentionnelles. En dépit de ces transformations, le rôle des casques bleus est demeuré ambigu vis-à-vis de la Convention de 1954, de ses deux protocoles (1954 et 1999) et de ses deux principaux articles portant sur la « sauvegarde » et le « respect » des biens culturels, mais aussi plus généralement vis-à-vis du droit international humanitaire. Le Conseil de sécurité semble avoir résolu cette ambiguïté en adoptant la résolution 2100 le 25 avril 2013. Pour la première fois dans l’histoire du maintien de la paix, l’opération MINUSMA a été chargée de « protéger les sites culturels et historiques » du Mali. S’il semble encore prématuré de conclure à la création d’un précédent, force est de constater que cette opération a permis une véritable prise de conscience de la part de la communauté internationale quant à la nécessité de former les armées nationales ainsi que les contingents des opérations multilatérales à la protection des biens culturels.

The integration of new tasks like those of cultural and natural heritage management into the mandates of UN peace operations is usually presented as a burden, ‘a star on the top of the Christmas tree’ at a time of scarce human and budgetary resources for contemporary UN peace operations. Through a comparison of MINUSMA in Mali and MONUSCO in DRC, this article aims to demonstrate how, on the contrary, heritage management can bring consistency to the broader ‘stabilization’ mandate mainstreamed in UN peace operations. By creating new links between the seemingly dichotomous activities it encompasses, namely ‘support’ and ‘securization’ activities, this new type of mandated task can increase complementarity between civilian and military components of UN peace operations with regard to local population. As part of their stabilization mandates, both MINUSMA and MONUSCO were charged to protect heritage. Ultimately, the most decisive factor as to why heritage management created a virtuous circle in Mali and a vicious circle in DRC, seems to be the failure or the success on the part of peace operations to include local communities in the heritage management process, a task which is so far better performed by the civilian than by the military component.

in Recherches internationales Publié en 2019-03
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Mathilde Leloup évoque la question de la protection du patrimoine en temps de conflit armé, promue par une convention de l’Unesco, et donne des exemples, notamment au Mali.

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