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Mathilde Leloup is Oxpo post-doctoral Fellow at the Department of Politics and International Relations (DPIR ) of the University of Oxford and research associate to the CERI/Sciences Po. Since 2018, she is co-organiser of the GRAM (Research Group on Multilateral Action) research seminar with Guillaume Devin and Sarah Tanke. Her PhD thesis, entitled “Redefining Humanity Through its Heritage: The Incorporation of Cultural Protection into Peacekeeping Mandates” was awarded the Dalloz Price this Autumn 2020. Mathilde answers our questions about her research, past and present. Interview by Miriam Périer, CERI

La Convention de 1954 est à ce jour le seul texte juridique portant exclusivement sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Adoptée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle a été complétée par un deuxième protocole en 1999, afin de s’adapter au changement de nature des conflits armés, désormais plus intra qu’interétatiques, ainsi qu’à celui des atteintes au patrimoine culturel, qui ne sont plus seulement collatérales mais également intentionnelles. En dépit de ces transformations, le rôle des casques bleus est demeuré ambigu vis-à-vis de la Convention de 1954, de ses deux protocoles (1954 et 1999) et de ses deux principaux articles portant sur la « sauvegarde » et le « respect » des biens culturels, mais aussi plus généralement vis-à-vis du droit international humanitaire. Le Conseil de sécurité semble avoir résolu cette ambiguïté en adoptant la résolution 2100 le 25 avril 2013. Pour la première fois dans l’histoire du maintien de la paix, l’opération MINUSMA a été chargée de « protéger les sites culturels et historiques » du Mali. S’il semble encore prématuré de conclure à la création d’un précédent, force est de constater que cette opération a permis une véritable prise de conscience de la part de la communauté internationale quant à la nécessité de former les armées nationales ainsi que les contingents des opérations multilatérales à la protection des biens culturels.

The integration of new tasks like those of cultural and natural heritage management into the mandates of UN peace operations is usually presented as a burden, ‘a star on the top of the Christmas tree’ at a time of scarce human and budgetary resources for contemporary UN peace operations. Through a comparison of MINUSMA in Mali and MONUSCO in DRC, this article aims to demonstrate how, on the contrary, heritage management can bring consistency to the broader ‘stabilization’ mandate mainstreamed in UN peace operations. By creating new links between the seemingly dichotomous activities it encompasses, namely ‘support’ and ‘securization’ activities, this new type of mandated task can increase complementarity between civilian and military components of UN peace operations with regard to local population. As part of their stabilization mandates, both MINUSMA and MONUSCO were charged to protect heritage. Ultimately, the most decisive factor as to why heritage management created a virtuous circle in Mali and a vicious circle in DRC, seems to be the failure or the success on the part of peace operations to include local communities in the heritage management process, a task which is so far better performed by the civilian than by the military component.

in Recherches internationales Publié en 2019-03
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Mathilde Leloup évoque la question de la protection du patrimoine en temps de conflit armé, promue par une convention de l’Unesco, et donne des exemples, notamment au Mali.

in Réseau de recherche sur les opérations de paix (ROP) Publié en 2016-05-25
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La résolution 2100, qui prévoit le transfert d'autorité de la MISMA vers la MINUSMA le 25 avril 2013 est la première résolution à inclure la protection du patrimoine culturel dans le mandat d'une opération de paix. Considéré pendant longtemps comme un dommage collatéral des conflits, le patrimoine tend depuis près de deux décennies à en devenir la cible même « en tant qu'héritage du passé de l'Autre que l'on cherche à dégrader voire à nier »...

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Le modèle de la Banque Culturelle est parvenu à créer une interdépendance entre deux objectifs apparemment contradictoires : celui du développement local, a priori tourné vers le progrès et l'avenir, et celui de la lutte contre le trafic illicite de biens culturels, tourné vers la mémoire et le passé. La Banque Culturelle est composée de trois structures : un musée collectant les biens culturels, une banque de micro-crédit allouant des prêts en échange du dépôt de ce bien et un centre de formation entraînant les bénéficiaires de ces prêts au développement d'activités génératrices de revenus.

in Réseau de recherche sur les opérations de paix (ROP) Publié en 2014-12-08
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La résolution 2100, qui prévoit le transfert d'autorité de la MISMA vers la MINUSMA le 25 avril 2013 est la première résolution à inclure la protection du patrimoine culturel dans le mandat d'une opération de paix. Considéré pendant longtemps comme un dommage collatéral des conflits, le patrimoine tend depuis près de deux décennies à en devenir la cible même « en tant qu'héritage du passé de l'Autre que l'on cherche à dégrader voire à nier». Expliquées par de nombreux auteurs comme le fruit du changement de nature des conflits, de plus en plus souvent intra-étatiques et inter-communautaires, les atteintes au patrimoine culturel ont marqué les 20ème et 21ème, du bombardement de la vieille ville de Dubrovnik aux Bouddhas de Bamiyan en passant par le sac du musée de Bagdad et la destruction des mausolées libyens en 2011...