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  • PELISSE Jérôme (2)
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Suite à l’extension des dérogations au repos hebdomadaire dominical, on assiste à la multiplication des accords d’entreprise négociés par les représentants de la direction et du personnel dans l’objectif d’étendre le travail le dimanche. À travers l’étude de ces textes, cet article décrit les nouvelles règles établies au sein des entreprises pour réguler le travail dominical et qui conduisent à des régimes d’emploi différenciés selon le secteur, l’entreprise ou même le statut des salariés.

in Socio-économie du travail Sous la direction de GRIMAUD Pauline, PELISSE Jérôme, MIAS Arnaud, CLOUET Hadrien Publié en 2019
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La revue Socio-économie du travail accueille les débats théoriques et empiriques et fait dialoguer les disciplines du travail, de l’emploi et des relations professionnelles.

Les temporalités de l’emploi ont été profondément bouleversées et diversifiées ces 20 dernières années sous l’effet notamment de la multiplication des lois dans ce domaine. Elles renouvellent et polarisent de plus en plus les conflits capital-travail. L’introduction à ce dossier revient sur la manière dont les relations salariales sont (re)configurées par les luttes, transactions ou ajustements temporels sur le lieu de travail.

Pour ou contre l’ouverture des commerces le dimanche ? À cette question polémique qui alimente régulièrement un intense débat public depuis plus de trente ans, les auteurs du livre Les Batailles du dimanche relèvent la gageure d’apporter un éclairage fondé scientifiquement. Dans la continuité de travaux réalisés ensemble ces dernières années, J.‑Y. Boulin et L. Lesnard mettent leurs domaines d’expertise respectifs (le temps de travail pour le premier, la désynchronisation des temps familiaux pour le second) au service d’une collaboration féconde au point de croisement de leurs recherches : les conséquences potentielles du travail dominical — qui concerne aujourd’hui 30 % des actifs occupés (p. 4) — sur les rythmes familiaux, amicaux et plus généralement sociaux. [premier paragraphe]

S’appuyant sur les nombreuses négociations autour du travail dominical dans le secteur du commerce, cet article a pour objectif d’observer comment les logiques de qualification des salariés s’y renouvellent. La qualification est le produit d’un rapport de forces qui s’actualise constamment au cours des conflits et des négociations au sein des entreprises. Or le travail dominical est une exigence grandissante de la part des employeurs dans le commerce : il devient un enjeu de négociations et de luttes dans un secteur où la qualification des emplois est rarement reconnue. Les accords conclus en 2016 dans les entreprises sur le travail dominical instaurent non seulement un statut d’emploi d’appoint pour les travailleurs du week-end mais participent aussi à la redéfinition de la qualification de l’ensemble des employés du commerce. En reposant sur une individualisation accrue des pratiques temporelles et de la rémunération, le recours croissant au travail dominical fragilise le collectif de travail et renforce les inégalités entre les salariés.