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in Michel Rocard Premier Ministre Sous la direction de BERGOUNIOUX Alain, FULLA Mathieu Publié en 2020-09
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1ères lignes : Cette idée selon laquelle rien de sérieux ne se fait sans un temps long, vous la retrouverez dans deux des politiques que j’ai lancées depuis Matignon. L’une d’elles est la politique dite de « renouveau du service public » que j’ai conduite presque uniquement par décrets. Rénover l’État est une tâche impossible. Elle exigerait une vingtaine d’années de continuité dans la volonté des pouvoirs publics. La probabilité pour qu’existe une telle volonté de continuité est nulle. C’est ça, le drame de la réforme de l’État, outre le fait qu’elle ne peut relever d’un seul texte – ça c’est une pensée idiote comme la droite en est pleine ; elle ne comprend que le marché ; l’État n’est pas un de ses objets de réflexion [1]

in Michel Rocard Premier ministre Sous la direction de BERGOUNIOUX Alain, FULLA Mathieu Publié en 2020-08
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Au cœur des travaux des fondateurs de la sociologie des bureaucraties des années 1940-1950, le concept de bureaucratisation a été réactivé depuis les années 1980 pour décrire les effets produits par les réformes inspirées du New Public Management, et notamment par le gouvernement par la performance à l’aide d’objectifs et d’indicateurs. Cet article montre le caractère toujours heuristique de la grammaire d’analyse des premiers sociologues des administrations (Alvin Gouldner, Peter Blau, Michel Crozier), centrée sur les règles et leurs usages, pour penser les spécificités du « nouveau phénomène bureaucratique » axé sur les nombres, la quantification et la mesure. Il en pointe aussi les limites et souligne l’importance de penser l’encastrement économique et surtout politique des dispositifs de gouvernement par la performance.

in European Perspectives for Public Administration Sous la direction de BOUCKAERT Geert, JANN Werner Publié en 2020-01
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First lines: Students of public policy and administration should take a close look at The Policy State, authored by Karen Orren and Stephen Skowronek. An original study of US political development, The Policy State is neither a piece about a particular set of public policies in a given sector, nor a contribution on policy‐makers or policy processes. More fundamentally, it argues in a challenging manner that in the United States public policy and policy‐making have been historically developed as an idiosyncratic art of governing. According to the authors, the massive expansion of public policies in many domains has gradually set up a specific mode of governance that has triumphed gradually since the early twentieth century and the progressive era, over earlier forms of governing. In an age when research on public administration and policy is increasingly fragmented and diversified, they make the case that the many features of modern‐day governance could be rooted in the same soil, namely that of the so‐called Policy State.

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A partir d'une enquête auprès de 6000 cadres dirigeants d'administrations d'Etat européennes, l'article dresse un état de la réforme de la gestion publique à partir de l'analyse de l'usage des instruments de gestion dans dix pays. Le premier résultat de l’enquête Cocops est la mise en évidence d’une relativement faible diffusion européenne des mécanismes de type marché, inspirés du Public Choice. Le second résultat, concernant les variations entre pays, est de confirmer l’opposition classique entre pays du nord et pays du sud, mais de bousculer sensiblement les positions au sein de ces ensembles. Le troisième résultat est la mise en évidence de variations significatives internes aux pays liées aux types d’organisation mais aussi aux secteurs d’intervention. Si on retrouve une mesure de l’effet propre aux agences dont les résultats sont sensiblement différents des administrations centrales, on observe, de manière plus originale, un effet sensiblement équivalent associé aux domaines d’intervention des administrations. Cela concerne les services des finances plus contrôlés en raison des enjeux économiques associés, mais aussi les secteurs de l’emploi et du social où l’on voit l’empreinte forte des politiques de rationalisation

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Le ministère de l’Économie et des Finances a une image publique de lieu univoque, forteresse concentrant le pouvoir, parfois assiégée, le plus souvent conquérante. Cet article examine les ressorts de cette domination et ses limites. D’un côté, il montre que la puissance du ministère résulte de sa position centrale dans les réorientations de nombreuses politiques publiques majeures mais, de l’autre, il souligne aussi l’importance de sa fragmentation organisationnelle en de multiples grandes directions historiques, autonomes et chargées de politiques souvent concurrentes et contradictoires. À ces logiques centrifuges s’opposent cependant de multiples initiatives d’intégration et de coordination, comme la force des réseaux et de l’ethos du ministère mais aussi le mouvement permanent d’absorption et de fusion d’organisations.

in Revue française de science politique Publié en 2018-10
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Le process tracing, comme notion et ensemble de méthodes d’analyse, a connu ces dernières années un indéniable succès dans le champ des sciences sociales. En témoignent les 1 360 000 entrées que propose le moteur de recherche Google Scholar à la seule indication du concept associé au champ social science. De manière immédiate, la longue liste des articles qui lui sont consacrés donne à voir la diversité des disciplines qui le mobilisent, de la psychologie – dont il est en partie issu – et la théorie des organisations, qui l’a mobilisé pour l’étude des processus de décision, à la science politique où il a été présenté, à partir des années 2000, comme la méthode d’analyse incontournable dans les recherches comportant une dimension qualitative. Ce fut d’abord le cas en économie politique internationale et en relations internationales puis en économie politique comparée. Au-delà même du découpage disciplinaire, cette méthode ou protocole de recherche a trouvé un cadre analytique accueillant avec le courant intitulé comparative historical analysis, très lié au néo-institutionnalisme historique, qui développe des recherches comparatives traitant un petit nombre de cas (les small N studies) reposant sur des démarches d’enquêtes qualitatives. [Premier paragraphe]

in Revue française de science politique Sous la direction de BEZES Philippe, PALIER Bruno, SUREL Yves Publié en 2018-10
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Ce numéro porte un regard critique sur l'abondante littérature consacrée au process tracing, ou méthode d’identification des mécanismes causaux des politiques et actions publiques. L’originalité de ce dossier est de proposer une cartographie des nombreuses approches relevant du process tracing et de s’intéresser à l’émergence d’une nouvelle catégorie conceptuelle, celle de « trajectoire de réformes ». Mêlant réflexions méthodologiques et exemplifications empiriques, il constitue une lecture indispensable pour comprendre de manière fine les processus de transformation politique et institutionnelle. Une nouvelle version de la Chronique bibliographique consacrée au genre en politique complète cette dernière livraison de l’année.

Cet article cherche à dépasser deux limites des travaux néo-institutionnalistes sur le changement institutionnel : l’insuffisante attention qu’ils prêtent aux réformes des politiques publiques et aux « effets de transformation » portés par ces réformes. Il propose de définir et d’opérationnaliser le concept de trajectoire de réformes conçue comme une succession de séquences de réformes sur la longue durée, chacune ayant des conséquences sur les suivantes, et ayant un « effet de transformation » sur le système de politiques publiques institutionnalisées faisant l’objet de réformes. En s’appuyant sur nos travaux portant sur les réformes de l’administration et de l’État providence, nous proposons sept principes pour reconstituer des trajectoires de réformes des politiques publiques à l’aide du process tracing.

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