Co-auteur
  • RECONDO David (1)
  • POSTEL VINAY Karoline (1)
Type de Document
  • Article (2)
  • Thèse de doctorat (1)
La thèse porte sur les relations de pouvoir autour des communs environnementaux en Bolivie et en Equateur au début de ce siècle. La période étudiée court du début des années 2000 à 2014-2015. Le point nodal du travail consiste à étudier les interactions entre la conflictualité socio-écologique des espaces amazoniens dans ces deux pays avec les projections internationales menées par les gouvernements de Rafael Correa en Equateur, et d’Evo Morales en Bolivie. En effet, la question écologique est devenue centrale dans les récits diplomatiques de ces deux gouvernements, élément crucial de leurs politiques d’influence internationale. Les deux premières parties de la thèse sont consacrées aux modalités de projection internationale des deux diplomaties, et au rattrapage de l’autonomie politique de ces pays périphériques, rattrapage inscrit dans les rapports de pouvoir écologique. Les conclusions tirées de ce rattrapage des dynamiques politiques invitent à penser un cadre général d’analyse des relations de pouvoir écologique, dont la robustesse pourrait être éprouvée par la suite. C’est le cœur de la troisième partie de la thèse. J’y propose le concept d’éco-pouvoir, qui déterminerait, du fait de la réalité structurante de l’anthropocène, des configurations et des dynamiques de pouvoir absolument neuves. Les tensions autour de l’autonomie indigène, la souveraineté nationale de ces Etats périphériques, la justice climatique sont observées à travers ce prisme. L’éco-pouvoir y est défini comme pouvoir polycentrique de vie et de mort sur l’espèce, dont l’instauration et la force d’inertie dépendent foncièrement de l’imposition d’une représentation univoque de l’espace et du temps.

Des trajectoires historiques, inconnues l’une à l’autre, se sont rencontrées sous le signe d’un Nouveau Monde il y a désormais six siècles. L’une des accélérations rythmiques trouvées par ce temps devenu commun est donnée par la Révolution française aux couleurs vivement dépeintes dans cet ouvrage d’Alejo Carpentier. L’inconciliabilité des temps historiques s’est fondue dans une nouvelle histoire mondiale, celle où la nouveauté peut surgir toujours et partout, imprévisibilité des passions politiques des peuples. Un temps historique, venu de la dynamique du capitalisme, semble avoir unifié l’histoire de l’humanité, créé un seul univers mental, tendu les esprits et les actions vers l’accumulation comme seul mode d’existence. Il est une part de vérité dans cette affirmation. Mais la fusion des temps historiques, battant aux rythmes de l’accumulation économique et de la possibilité du changement politique, n’a pas abattu les murs entre temps sociaux. L’inconciliabilité de ces temps – en tant que représentations du temps – qui rythment tel ou tel groupe, telle force sociale dominante ou dominée, et cette pluralité des rapports aux actions menées n’ont pas disparu. Elles conservent une prégnance sensible dans l’espace comme dans le temps...

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Cet article présente la situation singulière de l’Equateur et de la Bolivie au regard du gouvernement des communs. La confrontation des temps sociaux y est l’origine essentielle de la forte conflictualité socio-environnementale autour des biens communs. Entre ONGs, communautés indigènes, gouvernements progressistes et entreprises transnationales, les rapports au temps sont matériellement différenciés et les innovations politiques en Bolivie ainsi qu’en Equateur donnent l’occasion d’examiner les possibilités d’action politique de chacune des forces sociales dans ce champ marqué par une forte complexité sociale. L’un des exemples étudiés est l’initiative Yasuní-ITT portée internationalement par l’Equateur.