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Cet article cherche à expliciter la manière dont les organismes HLM trient et sélectionnent les candidats à l’entrée du parc locatif social. Il s’appuie sur une enquête ethnographique réalisée au sein d’une entreprise sociale pour l’habitat - et centrée sur l’observation des pratiques quotidiennes des agents de terrain. Il montre en premier lieu comment au-delà de l’arsenal juridique et règlementaire qui encadre son activité, le bailleur dispose encore de marges de manoeuvre importantes dans les étapes de pré-sélection et de sélection des candidats. En effet, les flous, les ambigüités et les contradictions des normes confèrent aux agents un certain pouvoir discrétionnaire. Nous soulignons, dans une seconde partie, l’importance des processus cognitifs de qualification et de catégorisation des clients inhérents aux pratiques d’attribution. En particulier, la distinction dichotomique entre les « bons » et les « mauvais » candidats est récurrente. Ces catégories, façonnées de manière collective, peuvent déboucher sur des phénomènes d’éviction de certains groupes. Notre analyse des pratiques professionnelles entend ainsi éclairer la manière dont se construisent, à l’intérieur des organismes HLM et dans les relations entre ceux ci et leur environnement, des processus de discriminations systémiques.

Cet article s’intéresse à lamanière dont les organismes HLM trient et sélectionnent les candidats à l’entrée du parc locatif social. Au-delà de l’imposant arsenal juridique et réglementaire qui encadre leurs activités, les bailleurs sociaux disposent de marges de manoeuvre importantes dans la sélection des futurs locataires. Nous étudions en particulier les opérations de qualification et de catégorisation des clients qui, effectuées de façon collective, peuvent déboucher sur l’éviction de certains groupes. L’analyse des pratiques professionnelles des agents de terrain entend ainsi éclairer la façon dont se construisent, à l’intérieur des organismes et dans les relations entre eux et leur environnement, des discriminations systémiques.

in Huffington Post Publié en 2013-06-12
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Premier paragraphe : LOGEMENT SOCIAL - Le 16 janvier dernier, Cécile Duflot lançait une grande concertation nationale sur les politiques d'attribution des logements sociaux. Quatre groupes de travail, composés de représentants d'organismes HLM (1), de collectivités territoriales, d'Action logement et d'associations, sont chargés de plancher sur la refonte des mécanismes d'attribution.

La comparaison franco-britannique des politiques du logement social entreprise par Valérie Sala Pala, dans cet ouvrage, débute avec le récit de la première condamnation, en France, d’un organisme HLM pour « fichage ethnique et discrimination ». Cette « affaire » illustre bien le paradoxe à l’origine de la réflexion de l’auteure : comment des professionnels peuvent-ils activer, dans l’exercice de leur métier, des catégories ethniques, illégales et illégitimes, dans un contexte français théoriquement aveugle à l’ethnicité ? Pour y répondre, Valérie Sala Pala privilégie trois orientations structurantes [Premières lignes].

in L’État des droits. Politique des droits et pratiques des institutions Sous la direction de BAUDOT Pierre Yves, REVILLARD Anne Publié en 2015-05
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Cette publication n'a pas de résumé

À partir du cas des attributions de logements sociaux, cette thèse s’intéresse aux questions de tri et de sélection dans l’action publique. Elle analyse la manière dont sont choisis les futurs locataires HLM et dont se construisent les discriminations dans l’accès au logement social. Elle éclaire l’émergence de critères d’attribution contraires au droit et explique leur récurrence au niveau local. L’enquête s’appuie sur une ethnographie comparée de trois agglomérations françaises et six organismes HLM. Elle repose sur des observations directes, des entretiens auprès de professionnels du logement social, des analyses documentaires et statistiques. Ses résultats soulignent d’abord la faiblesse du pouvoir normatif de l’État et discutent l’hypothèse d’une ruse de la mise en œuvre. En examinant les conditions d’élaboration des règles au niveau méso, la thèse identifie ensuite plusieurs régimes de tri des ménages en fonction des caractéristiques du contexte local et des modalités d’association entre élus, bailleurs et acteurs économiques. L’étude des pratiques professionnelles précise, enfin, les paramètres qui influencent les modalités de catégorisation des usagers au guichet. Elle montre que l’attribution des logements n’est discrétionnaire et discriminatoire que dans certaines configurations spécifiques, en fonction des marges de manœuvre dont dispose le bailleur, de l’état du patrimoine social et des comportements des street-level bureaucrats. Les régularités constatées dans la mise en œuvre sont finalement expliquées par le poids des contraintes institutionnelles et la culture professionnelle des agents de terrain.

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Avec 4,5 millions d'unité, le parc locatif social français est l'un des plus importants d'Europe. Pourtant, la pénurie de logement est de plus en plus forte. Dans ce contexte, à qui sont attribués en priorité les logements sociaux ? Comment sont définies les situations d'urgence ? Comment sont-elles traitées au quotidien ? Voici décrite la façon dont les bailleurs sociaux trient et sélectionnent les candidats à l'entrée du parc social. (Résumé éditeur)

A partir du cas des attributions de logements sociaux, cet ouvrage s'intéresse aux questions de tri et de sélection dans l'action publique. L'analyse de la manière dont sont choisis les futurs locataires HLM et dont se construisent les discriminations dans l'accès au logement social sont développés. L'enquête éclaire l'émergence de critères d'attribution contraires au droit et explique leur récurrence au niveau local. Elle s'appuie sur une ethnographie comparée de trois agglomérations françaises et six organismes HLM. Elle repose sur des observations directes, des entretiens auprès de professionnels du logement social, des analyses documentaires et statistiques. Ses résultats soulignent d'abord la faiblesse du pouvoir normatif de l'État et discutent l'hypothèse d'une ruse de la mise en oeuvre. Plusieurs régimes de tri des ménages sont identifiés en fonction des caractéristiques du contexte local et des modalités d'association entre élus, bailleurs et acteurs économiques. L'étude des pratiques professionnelles précise, enfin, les paramètres qui influencent les modalités de catégorisation des usagers au guichet. Elle montre que l'attribution des logements n'est discrétionnaire et discriminatoire que dans certaines configurations spécifiques, en fonction des marges de manoeuvre dont dispose le bailleur et de l'état du patrimoine social. Les régularités constatées dans la mise en oeuvre sont finalement expliquées par le poids des contraintes institutionnelles et la culture professionnelle des agents de terrain.

Comment l’urgence sociale est-elle traitée au quotidien? De quelle manière les professionnels du Samu social prennent-ils en charge les personnes sans abris? Comment réagissent -ils quand elles insistent pour rester à la rue en période de grand froid ou qu’elles refusent de se soigner? Comment les maraudeurs créent-ils du lien avec les personnes sans abris? Comment assurent-ils leur suivi dans le temps? Quelles compétences mobilisent-ils concrètement? [Premières lignes].

1ères lignes : En 2007, le maire de New York, Michael Bloomberg, lançait un nouveau programme social, Opportunity New York City, visant à « inciter les pauvres à prendre des décisions sensées ». Il s’appuyait sur un système de rétributions financières liées à l’accomplissement de comportements spécifiques, supposés bénéfiques aux familles d’indigents (assiduité scolaire, épargne, etc.). Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, le candidat à l’élection présidentielle française, Nicolas Sarkozy, se prononçait en faveur de la mise en place du Revenu de solidarité active (RSA), dont l’octroi est en partie adossé au fait d’exercer une activité professionnell

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