Coauthor
  • GRABER Frédéric (4)
  • COCHOY Franck (4)
  • LIZ McFall (2)
  • LÉPINAY Vincent (1)
  • Show more
Document Type
  • Part or chapter of a book (11)
  • Article (10)
  • Book review (4)
  • Book (2)
  • Show more
in Entreprises et histoire Publication date 2019-12
GRABER Frédéric
24
views

0
downloads
La décision occupe une place paradoxale dans les travaux des sciences sociales sur l’histoire des projets. Les projets sont conçus comme étant fondamentalement des espaces de décision et pourtant la décision est la grande absente des études sur l’histoire des projets, qui la diluent dans une multitude de petits choix, chacun plus ou moins anodin, mais qui collectivement informent l’objet du projet. Nous montrons que ce paradoxe est la conséquence du développement des approches processuelles des projets, qui mettent l’accent sur la phase de l’exécution des projets et excluent du champ de la décision les choix qui ne sont pas opérés entre des alternatives définies ou sur la base de calculs et de normes existantes. Inversement, lorsque la décision est prise en compte, c’est sous une forme excessivement personnalisée : c’est par exemple la décision de l’entrepreneur, qui amorce le projet. Nous mettons en valeur la nécessité de prendre en compte un autre type de décision : la décision préalable par laquelle des instances, notamment administratives et financières, autorisent, et ce faisant informent, les projets. L’étude de la décision préalable révèle en effet une tout autre histoire des projets, qui se dégage des grandes narrations sur les âges des projets, pour mettre en valeur l’existence de formes de projets à la fois multiples, et stables dans des contextes sociaux et historiques donnés.

4
views

0
downloads
"Caitlin Rosenthal's Accounting for Slavery is a study of accounting practices in the large plantations of the late eighteenth- and nineteenth-century British West Indies and United States. The first two chapters, which review plantation accounting positions and techniques, reveal the early existence of rich and multifaceted information systems in the plantation economy of the British West Indies. The institution of slavery protected planters against the turnover of labor that industrial factories experienced in the North of the United States, and this, Rosenthal argues, facilitated the turning of human lives into numbers—not just in the prescriptive literature but in everyday plantation management. Such quantification allowed absentee planters to act at a distance. It morally desensitized the managers and tied together the different modalities of control that they enjoyed over enslaved people's lives. [first paragraph]"

The article studies the role of entrepreneurial techniques in the capitalization of early industrial ventures. It focuses on the preparation and circulation of project proposals by the Du Pont de Nemours family, ahead of their transplantation to the United States: father Pierre Samuel’s 1797 plan for an agricultural colony and his son Irénée’s 1800 project for a gunpowder manufactory. The two men and the types of projects they proposed did not enjoy the same amount of credit in investor circles, leading them to rely on different territorialization techniques in their proposals. The father located the proposed colony in the geographical space of the United States to narrate a single and hesitant path into the future. The son relied on accounting simulations to prove that profits would ensue, whatever the circumstances, in the calculable space of American markets. His project was assigned not just a destination but also a destiny.

in Les Projets Edited by GRABER Frédéric, GIRAUDEAU Martin Publication date 2018-11
20
views

0
downloads
Ce chapitre s’intéresse à la création d’entreprise comme possible forme-projet au cours du second XXe siècle aux États-Unis. Il se penche, dans cette perspective, sur l’un des formalismes qui dominent cette activité au cours de la période : le business plan, qui, en tant qu’instrument de médiation entre entrepreneurs et financeurs, occupe une place déterminante dans la constitution des nouvelles entreprises. Il ne s’agit aucunement, ce faisant, de réduire la création d’entreprise à la préparation d’un business plan. Bien d’autres formalismes s’imposent dans ce domaine, depuis les formalismes légaux auxquels sont soumises les entreprises (pour leur enregistrement comme entités juridiques de plein droit ou pour la préparation des différents contrats qu’elles signent avec leurs partenaires – financiers, commerciaux, etc.) jusqu’aux normes diverses qui régissent les échanges de la nouvelle entreprise avec ses employés, ses fournisseurs, ses clients, etc. Mais, en tant que formulation écrite de la nouvelle entreprise dans son ensemble, le business plan se situe au carrefour des différentes dimensions (légales, techniques, marchandes, financières…) de la création d’entreprise, et s’avère ainsi être un site d’observation privilégié des formes qu’elle prend. (Premier paragraphe.)

Edited by GRABER Frédéric, GIRAUDEAU Martin Publication date 2018-10
15
views

0
downloads
Nous vivons dans un monde de projets. Vous voulez des enfants : faites un projet parental ! Vous êtes étudiant : songez à votre projet d’orientation ! Vous êtes au chômage : développez votre projet de réinsertion professionnelle ! Vous êtes chef d’entreprise : élaborez un projet d’investissement ! Le projet semble être devenu la forme incontournable d’un nombre croissant d’activités humaines, souvent en prétendant s’opposer aux lourdeurs de la routine ou de la bureaucratie. Cet ouvrage sort des discours convenus sur les vertus libératrices du projet pour en sonder les multiples modalités historiques. Il rend compte de la diversité des manières de faire projet à travers de nombreuses études sur l’architecture, les programmes politiques, les grands projets d’infrastructure, les fondations de couvents, les projets de films et bien d’autres formes de projets encore, du XVIe au XXIe siècle. À chaque fois, il s’agit de dépasser les projets individuels, pour saisir des formes de projets régulières, révélatrices de rapports socio-politiques établis : dans chaque forme de projet, les rôles et les ressources sont distribués d’une manière donnée entre les acteurs, des outils de conception et de gestion spécifiques s’imposent à eux. Cette histoire des formes de projets conduit, bien au-delà d’une histoire du management, à réinvestir les histoires de l’État, du capitalisme, des libéralismes, de la science, des professions. Les projets sont au coeur de tous ces grands débats. (Résumé éditeur)

This essay is a study of the “Project for the establishment of a war and hunting gunpowder manufactory in the United States,” written by Irénée Du Pont de Nemours in 1800, in order to raise funds from potential investors for what was to become the DuPont Corporation. It shows that the “Project” is best understood as a demonstration device akin to those used by natural philosophers at the time. This investment proposal relied on demonstration techniques similar to those of the report of an experiment, textually gathering a crowd of virtual witnesses to address their objections, submitting the proposed manufactory to a number of manipulations to assess its reactions under various circumstances, and relying on a specific experimental device—a profit-and-loss account—that made it possible to produce compelling quantitative results. The essay shows the originality of these techniques at a time when profit-and-loss calculations were uncommon in business practice. It explains that these calculations were intended to ameliorate the entrepreneur’s problematic credit situation, which required a specific demonstrative effort, and points to scientific demonstration practices in Physiocratic political economy, and in Lavoisier’s chemistry, as likely influences.

in Les Projets Edited by GRABER Frédéric, GIRAUDEAU Martin Publication date 2018
GRABER Frédéric
25
views

0
downloads
Nous vivons dans un monde de projets. Vous voulez des enfants : faites un projet parental ! Vous êtes étudiant : songez à votre projet d’orientation ! Vous êtes chômeur : développez votre projet de réinsertion professionnelle ! Vous êtes chef d’entreprise : élaborez un projet d’investissement ! Vous êtes enseignant : participez au projet d’établissement ! Vous êtes un homme politique : annoncez votre programme ! Vous êtes ingénieur : prenez part à un projet innovant ! Vous êtes chercheur : répondez à un appel d’offre ! Etc. On observe depuis trois ou quatre décennies l’extension continue, à tous les domaines de la vie sociale, d’une injonction à faire des projets, et en conséquence des projets eux-mêmes, qui semblent toujours plus nombreux, toujours plus présents. Des projets personnels les plus intimes aux méga-projets publics, « le projet » semble être devenu la forme unique et incontournable d’un nombre croissant et désormais important d’activités humaines, par opposition à la fois à la routine domestique, à la procédure bureaucratique, à la transaction commerciale, et à l’aventurisme politique. C’est le constat fait par de nombreux sociologues, qui voient d’un œil critique, dans l’organisation des activités humaines par projet, la quintessence du nouveau monde en gestation depuis les années 1970, qu’il soit décrit, par exemple, comme celui de l’économie néolibérale [Foucault, 2004a], du capitalisme post-industriel [Boltanski & Chiapello, 2011], ou de la modernité liquide [Bauman, 2000]. (Premier paragraphe.)

in Les Projets Edited by GRABER Frédéric, GIRAUDEAU Martin Publication date 2018
GRABER Frédéric
28
views

0
downloads
Armés de ces enquêtes sur de multiples formes et formalismes de projets, nous pouvons reprendre avec un regard neuf les thèses historiques que nous évoquions plus haut. Chacune posait l’existence d’un âge des projets, soutenu par une définition étroite et un peu tautologique : les projets étaient à chaque fois ce qui dominait l’âge des projets. En revisitant ces thèses, nous montrons que l’idée d’un (ou de plusieurs) âge(s) des projets n’est pas convaincante si on l’entend comme une période où il y a des projets, par opposition à d’autres où il n’y en a pas. Nous montrons en revanche que ce qui apparaît d’un peu loin comme un âge des projets s’avère être surtout un moment de discussion des projets dans l’espace public (ou dans un espace professionnel spécialisé), une période (qui peut être très limitée ou au contraire assez longue) durant laquelle les projets deviennent particulièrement visibles parce qu’ils sont un objet de débat, un objet polémique. D’autres périodes sont plus silencieuses sur les projets, ce qui ne signifie pas que les formes-projets y soient moins nombreuses ou moins actives : aucune des thèses précédentes, par exemple, n’évoque le XIXe siècle comme un âge des projets, alors qu’il connaît une multiplication des formes-projets, ne serait-ce que dans le domaine colonial, les Travaux Publics, etc. (Premier paragraphe)

in Uncertain Futures: Imaginaries Narratives and Calculation in the Economy Edited by BRONK Richard, BECKERT Jens Publication date 2018
19
views

0
downloads
This chapter is an analysis of the project appraisal procedures in place at American Research and Development Corporation (ARD) between 1946 and 1973, under the management of Georges F. Doriot. It shows the importance of knowledge technologies and administrative procedures in the way the venture capital company dealt with uncertain futures. The origins of these knowledge practices are traced back to Georges F. Doriot’s own views on business and more generally to the pragmatist movement in business administration of which he was a member. The conduct of project appraisal at ARD is then observed directly, and this reveals its reliance on a rich set of knowledge and diagnostic techniques as well as administrative procedures. These observations allow for a specification of the nature and role of imagination in the entrepreneurship and venture capital practices examined here—in particular, its close relationship with organized knowledge.

The shop, the factory, the office: these appear, to the popular imaginary, as natural sites for accounting and for accountants. They are the places where accounting is usually said to be invented and practised, the places where accounting sustains business. The shop stands for commerce, which reportedly saw the emergence of double-entry bookkeeping in the so-called commercial revolution of the early-modern times. The factory stands out as the chief target of management accounting from the nineteenth century and its ‘industrial revolution’. The office is where accounting clerks work, but also itself an object of productive accountability in the ‘service economy’ of the twentieth century. (first paragraph)

Next