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in Des jeunes à la marge ? Transgressions des sexes et conformité de genre dans les groupes juvéniles Publié en 2019-02
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Si les filles ont rattrapé puis dépassé scolairement les garçons tout au long du XXe siècle, les orientations dans l'enseignement secondaire et supérieur restent très sexuées. Il semble alors pertinent de se pencher sur le cas de personnes qui font des choix d'études atypiques : les filles / femmes dans des domaines "masculins" ou des garçons / hommes dans des domaines "féminins" sont susceptibles de constituer un point d'observation stratégique sur les normes de genre. Les recherches s'inscrivant dans cette perspective se sont notamment intéressées à l'intégration et aux attentes exprimées vis-à-vis de telles personnes dans des groupes de pairs composés majoritairement de membres de l'autre groupe de sexe, soulignant les renforcements et les recompositions locales du genre qu'elle permettent de mettre en évidence. Le cas des étudiants homme assistants de service social permet de prolonger ces recherches.

Portant sur les étudiants hommes de formations dites « féminines » de l’enseignement supérieur, cette thèse s’intéresse à la production de l’atypisme et aux socialisations sexuées. Elle repose sur une double étude de cas des filières sage-femme et assistance de service social dans lesquelles une enquête alliant entretiens, observations et analyses statistiques a été menée. Alors que la littérature sur les trajectoires atypiques des femmes insiste sur le rôle des dispositions, cette étude de dominants en situation de minorité numérique montre le poids des contextes. Nombre d’hommes « atypiques » ne sont pas les plus disposés à opter pour une formation « féminine » : ce sont avant tout des logiques institutionnelles, relationnelles et économiques qui encouragent ce choix, même si les schèmes d’action individuels – de classe et de genre notamment – sont aussi déterminants. Une analyse articulant ces variables révèle quatre logiques à l’origine des choix atypiques : la souplesse, l’ouverture, le pragmatisme et la stratégie. Une fois en formation, les hommes font l’objet de processus de singularisation mais sont aussi enjoints au respect d’une forte norme d’égalité des sexes. Selon les situations, on attend d’eux d’alterner entre différentes pratiques genrées, c’est-à-dire de jongler avec le « féminin » et le « masculin ». La maîtrise de cette souplesse de genre procure de nombreux bénéfices mais dont tous les hommes ne savent pas ou ne peuvent pas tirer profit. La thèse montre ainsi les fonctionnements de l’ordre du genre : elle éclaire la hiérarchie entre les sexes, mais aussi celle qui ordonne les hommes entre eux dans un contexte de valorisation de la mixité et de l’égalité.

in Educational choices, transitions and aspirations in Europe. Systemic, institutional and subjective changes Publié en 2018-06
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This article focuses on differences between French secondary schools regarding how students are channelled into higher education (HE) and the impact of these processes on educational inequalities. The concept of channelling is used to analyse how school professionals adapt their guidance practices according to both students' academic and social status and their predicted futures. Drawing on ethnographic data from two schools in Paris, we provide a detailed examination of school professionals' discourses and of institutional devices orienting students' higher education choices. The interpretations involve four different themes: how and how much school professionals engage with the transition to HE; the explicit and implicit messages regarding HE guidance present in their words and actions; the routes they encourage students to take or to avoid; and the rationale behind these practices. The conclusions emphasise the inequalities across schools in terms of the amount and type of attention that students receive and the kind of educational horizons that are presented to them.

in La Santé en action : la revue de Santé publique France Publié en 2017-09
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Les étudiants hommes sages‑femmes choisissent ce cursus pour des raisons variées : intérêt pour la profession, souci de stabilité professionnelle, souhait d’ascension sociale ou encore stratégie pour rejoindre, à terme, une autre formation.

in Les écoles et leur réputation. L’identité des établissements en contexte de marché Sous la direction de DRAELANTS Hugues Publié en 2016
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Les « journées portes ouvertes » (JPO) des institutions d’enseignement supérieur (IES) sont présentées par leurs organisateurs et par les divers prescripteurs intervenant auprès des futurs étudiants comme des occasions pour ces derniers de découvrir les offres de formation de différentes IES, de s'informer sur l'organisation des études, leur coût ou leurs débouchés professionnels ainsi que de demander des conseils concernant les procédures d'admission ou les attentes du corps professoral. Ces journées sont néanmoins aussi le lieu où prend place un processus social d'« appariement statutaire » (status matching) (Podolny, 1993) des établissements et des futurs usagers. Pour étudier ce processus, nous analysons dans ce chapitre des observations des JPO de 9 IES situées dans l’espace francilien.

Gageant que les exceptions statistiques constituent un point d’observation stratégique sur les normes de genre (Mercklé 2005), je m’intéresse dans mon travail à la présence d’étudiants hommes dans la formation d’assistant.e de service social (ASS), à la suite de recherches s’étant plutôt concentrées sur les hommes professionnels (Zanferrari 2001; 2014). J’adopte une approche théorique en termes de socialisations (Darmon 2006) et de masculinités (Connell 2014) pour comprendre les facteurs qui expliquent ce type d'orientation et la façon dont ces étudiants se (re)définissent en tant qu’ « hommes » au sein de leur filière d’études. Les travaux portant sur les hommes investis dans des activités professionnelles « féminines » soulignent largement l’existence d’un « escalator de verre » (Williams 1992 ; Buscatto et Fusulier 2013) : en raison de leur rareté et de la naturalisation de leurs compétences, ces hommes bénéficieraient d’un certain nombre d’avantages, et notamment d’une avancée en hiérarchie plus rapide que leurs homologues femmes. Dans le cas du travail social, les recherches montrent ainsi une nette surreprésentation des hommes dans les postes d’encadrement (Bayer 2013). Peut-on observer ce mécanisme dès la période de formation ? C’est la question que je me propose d’aborder dans cette communication. Je montrerai dans un premier temps que tous les étudiants hommes ASS font l’objet d’une grande curiosité et d’un certain nombre d’attentes lorsqu’ils arrivent en formation (notamment quant à l’amélioration des dynamiques de groupe et l’évolution de la reconnaissance de la profession). Dans un second temps, j’argumenterai que les positions qu’ils occupent par la suite dans la filière sont en revanche hétérogènes : si nombre d’entre eux sont très bien intégrés et semblent bénéficier d’avantages liés au fait d’être des hommes (ils deviennent leaders de groupes étudiants, délégués de promotion, obtiennent plus facilement des stages que leurs condisciples femmes), d’autres, du fait de leur âge, de leurs origines sociales et ethniques ou encore de leur comportement jugé inadapté à la formation, sont à l’inverse marginalisés et n’empruntent donc pas (ou, tout au moins, pas encore) l’ « escalator de verre ». Pour développer ces analyses, je m’appuierai, d’une part, sur 200 heures d’observation menées dans deux centres de formation en travail social, d’autre part sur 60 entretiens semi-directifs réalisés auprès d’étudiantes et étudiants, formatrices et formateurs ainsi que tutrices et tuteurs de stage de la filière ASS.

Because they imply quasi-permanent physical interactions with users, midwifery and social work are two occupations in which the bodies of professionals play a key role (Dubois, 2010) and which call for a significant emotional labor (Hochschild, 1983). In this paper, I focus on the consequences this aspect has on students in midwifery and social work study tracks: how do the institutional discourses and practices shape their bodies and emotions as a central element of their education (Becker et al., 2003)? How does this contribute to (re)producing inequalities between male and female students (Boni-Le Goff, 2013)? Drawing on 120 interviews (students, teachers, internship supervisors) and 400 hours of observations (classes, internships, team meetings, student sociability) conducted in two midwifery and two social work schools in France, I develop my analysis in three points: I compare the ways in which students’ bodies and emotions are educated in these two tracks. Because they are both highly feminized tracks which require competences seen as “natural” to women, students are encouraged to express “feminine” emotions such as empathy and tenderness. They are however discouraged to develop “too feminine” body characteristics such as wearing strong make-up or figure-accentuating clothes. There is nonetheless an important difference in the ways they are asked to present themselves to users: midwifery students are educated to become exchangeable health professionals while social work students are pushed to become personalized interlocutors. I show next how the few male students are considered in this process: being encouraged to develop their “manly” physical and moral assets, they are given better learning opportunities than their female counterparts, which contributes to a “glass escalator” process (Williams, 1992). Finally, I present the resistances developed by a few male and female students against this shaping of their bodies and emotions. I analyze how these can contribute to redefining the study tracks and, therefore, the professions.

French studies on inequalities of access to higher education (HE) have focused either on the influence of students’ social background or on their school trajectories (Duru-Bellat, Kieffer 2008). While one statistical analysis found significant differences between students’ HE choices according to the secondary schools attended (Nakhili 2005), none has opened the “black box” of what goes on within schools. This was the aim of our ethnographic study of 4 secondary schools in the Parisian region. These schools were chosen according to various criteria: location (poor or rich areas) status (public or private), types of tracks provided (academic, technical, vocational) and students’ academic, social and ethnic profiles. The two-year fieldwork in each school included: observations of quarterly “class councils” and of all meetings and activities related to the transition to HE, interviews with students, teachers, headteachers, other school personnel and parents and the analysis of all relevant statistical and qualitative written data. Inspired by the work of McDonough (1997) and Reay et al. (2005), our theoretical framework combines closure theory (Parkin 1974), with a view to document traditional and new ways in which educational institutions contribute to the reproduction of inequalities (Bourdieu, Passeron 1977), and neo-institutionalist theories used to analyze the links between schools and higher education institutions (Hill 2008) and the recreation of low or high status educational tracks (Kingston and Lewis 1990). The presentation will focus on the ways in which schools’ external environments and internal characteristics influence school professionals’ conceptions of students’ futures and the preparation and advice they provide to encourage students’ access to and success in HE.

Malgré la volonté de l’État français d’encourager la mixité des filières d’études dans un objectif d’égalité des chances entre filles et garçons (MENESR-DEPP 2016), de très fortes disparités entre les sexes perdurent dans les choix d’orientation (Vouillot 2011). Gageant que les exceptions statistiques constituent un point d’observation stratégique sur les normes (Mercklé 2005), je m’intéresse dans mes travaux à la présence d’hommes dans deux filières « féminines » de l’enseignement supérieur : sage-femme et assistant de service social. Dans cette communication, je me pencherai plus précisément sur la façon dont ces étudiants se (re)définissent, en tant qu’ « hommes », au sein de leur filière. De nombreux mécanismes de socialisation secondaire sont susceptibles de s’exercer sur eux au cours de leur formation, émanant notamment des équipes pédagogiques et des professionnel-le-s côtoyé-e-s en stage. Cependant, puisque c’est ce qui différencie le plus visiblement la période étudiante de la période professionnelle, je me concentrerai ici sur les groupes étudiants des deux filières et sur leur éventuelle action transformatrice sur les étudiants hommes. Au contact de ces groupes, ces derniers deviennent-ils de « nouveaux » hommes ? Raewyn Connell définit les masculinités comme des configurations de pratiques, socialement situées et construites de façon relative les unes par rapport aux autres (2014). C’est cette définition qui guidera mon analyse : je m’intéresserai à la façon dont différents étudiants hommes sages-femmes et assistants de service social, sous l’influence socialisatrice des groupes étudiants de ces filières, modifient – ou non – leurs pratiques genrées, recomposant ainsi leurs masculinités. Mon raisonnement s’organisera autour d’une hypothèse centrale : la présence d’hommes dans les formations de sage-femme et d’assistant-e de service social implique non seulement des adaptations et des transformations de leur part, mais permet aussi de mettre en évidence une pluralité de masculinités. Approchant cette question en termes de « socialisation continue » qui prend en compte « l’emboîtement des socialisations plus que leur simple succession ou juxtaposition » (Darmon 2006:112), et m’inscrivant dans une perspective intersectionnelle (Crenshaw 2005), je montrerai que la façon dont ces hommes s’approprient la socialisation du groupe étudiant dépend largement de leur socialisation primaire en termes de genre et de classe et, de façon moindre et en partie liée, de la manière dont ils ont construit leur orientation vers la maïeutique et l’assistance de service social. Après avoir exposé les cadres socialisateurs spécifiquement masculins déployés par les groupes étudiants de chacune des deux filières, j’analyserai les pratiques genrées des étudiants hommes en montrant comment, selon que leur présence au sein de leur groupe étudiant constitue une rupture ou une continuité par rapport à leurs expériences antérieures, ils investissent différentes formes de masculinités : « subordonnée », « pragmatique » ou « hégémonique » . Pour développer ces analyses, je m’appuierai sur 400 heures d’observation directe menées dans deux centres de formation en travail social et deux écoles de sages-femmes, en me concentrant plus particulièrement sur les moments de sociabilité étudiante tels que les pauses, les soirées ou encore les événements d’intégration. Je mobiliserai par ailleurs des entretiens semi-directifs conduits auprès de 60 étudiants et 28 étudiantes des deux filières.

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