Coauthor
  • HENNINGER Marie-Christine (1)
  • BARRAUD-DIDIER Valérie (1)
  • DUBUISSON-QUELLIER Sophie (1)
Document Type
  • Article (1)
  • Doctoral (Phd) thesis (1)
in Etudes rurales Publication date 2012-02
BARRAUD-DIDIER Valérie
HENNINGER Marie-Christine
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Dans le contexte de l’internationalisation des marchés et de la financiarisation de l’agriculture, les exploitations agricoles connaissent de profondes mutations. Ce mouvement s’accompagne d’une évolution conjointe des pratiques et des formes d’organisation. La relation que la nouvelle génération d’agriculteurs entretient avec la coopérative se distancie. Mieux formés et utilisant Internet, ces nouveaux agriculteurs se mettent à spéculer. Ils s’autonomisent de plus en plus du point de vue économique et participent de moins en moins à la vie de la coopérative. Selon les auteurs qui se sont intéressés à cette question, la confiance pourrait permettre de resserrer le lien entre l’adhérent et la coopérative. Aussi les coopératives auraient-elles tout intérêt à se donner les moyens de restaurer cette confiance.

D'apparition récente et de dimension restreinte dans la société française, l'agriculture biologique présente néanmoins une grande diversité. Cela s'explique par le fait qu'au-delà d'un ensemble de pratiques agricoles, elle est également un mouvement idéologique. Pour cette raison, la production et la commercialisation des produits qui en sont issus constituent un enjeu scientifique pour la sociologie économique : comment le projet idéologique de l'agriculture biologique est-il traité le long des opérations de marchandisation ? Notre analyse se fonde sur une enquête menée dans l'Ouest et le Sud-Ouest auprès des acteurs de ce secteur : éleveurs, groupements de producteurs, entreprises de transformation, distributeurs, organisations professionnelles et syndicales. Le corpus a été constitué à partir d'entretiens semi-directifs et du recueil de différents documents. Nous étudions la circulation de la viande biologique non seulement à partir du critère de la définition du produit, mais aussi de la forme de l'échange économique et plus largement des rôles sociaux des acteurs concernés par sa circulation : en nous appuyant sur les notions de circuits de commerce (V. Zelizer) et d'économie morale (E. P. Thompson), nous considérons que la combinaison de ces trois critères forme différents modèles d'organisation économique – modèles que nous qualifions d'économies politiques. Nous identifions ainsi une économie politique de la standardisation, fondée sur la concentration des volumes de production et leur tri en fonction de débouchés diversifiés, et une économie politique du producteur, qui se caractérise par le rôle central que les éleveurs entendent jouer dans ce cadre.