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in Mouvements Publié en 2020-06
BESSIÈRE Céline
GOLLAC Sibylle
MARICHALAR Pascal
MINOC Julie
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La famille est « le plus familier des objets » selon l’expression du sociologue Rémi Lenoir. Elle apparaît sous l’évidence du déjà-là, du naturel et de l’universel. Cet article défend l’idée que pour mieux comprendre et combattre une pandémie, il est nécessaire d’interroger ce sens commun à partir des recherches en sciences sociales. Car, comme ces dernières le montrent, la famille est une construction historique, sociale, administrative, juridique, économique, religieuse, politique et scientifique. Notre analyse réinscrit les relations familiales dans les rapports sociaux de classe, de genre, de race, de génération, de sexualité et de dépendance qui les traversent et qu’elles façonnent en retour. La première partie de cette analyse s’applique à déconstruire le sens commun de la famille dans l’expertise et les politiques publiques – en premier lieu la notion de ménage moyen. Le décalage entre ces idées reçues et les réalités familiales a des effets concrets sur les préconisations des épidémiologistes, l’interprétation de leurs résultats et leurs appropriations par les pouvoirs publics. Après avoir ainsi examiné ce que la famille fait à la crise, la deuxième partie éclaire ce que la crise sanitaire fait aux familles. Elle donne à voir les facettes des relations familiales que la crise sanitaire met en jeu, et dont il conviendrait de poursuivre l’exploration scientifique.

The women mobilised in the Yellow Vest movement rightly denounced the fact that many single mothers face major financial difficulties on a daily basis while raising their children. Yet women originate separation and divorce proceedings more often than men. The high rate of marital breakups provides evidence of their appropriation of this individual right in a relatively recent context of legal equality with men. However, this major social change has not led to the equalization of conditions nor to the disruption of the gender order. Here is a look back at a key victory for women that is still far from enabling their emancipation.

in Dalloz Actualité Publié en 2020-05
BESSIÈRE Céline
OEHMICHEN Hélène
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De l’hôpital à l’école en passant par la recherche et la police, les services publics jouent un rôle majeur dans la crise du covid-19. Pour la première fois depuis longtemps, le pouvoir exécutif appelle même à renforcer leurs capacités, affaiblies par les réformes successives, menées au nom de la réduction de leurs coûts. La justice est une autre institution fragilisée par ces réformes néolibérales. Notre société en a pourtant fort besoin dans la période actuelle.

Les femmes mobilisées dans le mouvement des Gilets Jaunes l’ont dénoncé à juste titre : de nombreuses mères élevant seules leurs enfants font face à d’importantes difficultés financières au quotidien. Pourtant, les femmes sont plus souvent à l’origine des procédures de séparation et de divorce que les hommes. La massification des ruptures d’union témoigne de leur appropriation de ce droit individuel, dans un contexte, somme toute récent, d’égalité juridique avec les hommes. Mais cette évolution sociale majeure ne conduit ni à l’égalisation des conditions ni au bouleversement de l’ordre sexué. Retour sur une victoire essentielle pour les femmes qui est encore loin de permettre leur émancipation.

in Analyse opinion critique Publié en 2020-03
STEINMETZ Hélène
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Ce texte analyse la création d'un "service public de paiement des pensions", prévu pour juin 2020 en France, à l'aune des carences actuelles des transferts publics et privés destinés aux enfants dont les parents sont séparés.

Tous les universitaires connaissent cette antienne : pour être un chercheur ou une chercheuse accomplie, il faut être « internationalisée ». Dans les universités et les organismes de recherche, plusieurs services et programmes promeuvent cette internationalisation, à laquelle les procédures d’évaluation accordent une place croissante, sans pour autant en donner une définition consensuelle. Faut-il donner la priorité aux circulations des individus entre pays, aux recherches sur des « cas » étrangers, ou encore aux publications dans des supports internationaux? Mais cette internationalisation ne tend-elle pas à renforcer l’hégémonie des recherches anglo-américaines – l’anglais devenant la lingua franca scientifique – au risque de délaisser l’étude de nos propres sociétés et de restreindre les échanges, pourtant de plus en plus encouragés, avec les acteurs et actrices non académiques ? Ce court texte propose d’éclairer quelques-uns de ces enjeux à partir d’une expérience personnelle d’internationalisation, encore peu fréquente dans les sciences sociales françaises : née et formée en France (jusqu’à un doctorat obtenu en 2008 à l’École normale supérieure et à l’École des hautes études en sciences sociales), j’ai été pendant quatre ans professeure adjointe au département de science politique de l’université Laval, dans la ville de Québec, au Canada. En 2014, je suis revenue en France en tant que maîtresse de conférences à l’université Rennes 2 tout en continuant à mener des recherches et à encadrer des doctorants outre-Atlantique. [Premières lignes]

L'implication de l’État dans la vie privée pose problème : les individus ont davantage de droits que par le passé, mais certains de leurs comportements, jugés problématiques pour la collectivité, justifient un interventionnisme renouvelé, dans lequel acteurs privés et mécanismes de marché occupent une place croissante. En tension entre libéralisme et normalisation, cette action publique participe aux recompositions des rapports sociaux, entre les classes sociales, entre les genres, ainsi qu’entre la population majoritaire et les personnes racisées. Objet de vifs débats et de réformes récurrentes, la régulation par le droit des séparations conjugales est un observatoire précieux de ces recompositions, ici analysées à partir de trois enquêtes collectives, qualitatives et quantitatives, menées des deux côtés de l’Atlantique. En France comme au Québec, l’accès aux procédures, les interactions avec les professionel.les et l’encadrement des modes de vie sont les trois dimensions constitutives du gouvernement de la vie privée. Cependant, chacun des contextes n’articule pas de la même manière inégalités de classe et inégalités de genre. En scrutant la production institutionnelle des inégalités privées, cet ouvrage invite à imaginer des voies alternatives, dans la sphère privée comme dans la sphère publique, pour que la politique des droits tienne ses promesses émancipatrices. [Résumé éditeur]

in Power, Legal Education, and Law School Cultures Sous la direction de DEO Meera, LAZARUS-BLACK Mindie, MERTZ Elizabeth Publié en 2019-10
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This chapter presents an observation-based study of the legal programs offered by two elite French institutions, Sciences Po Paris and the HEC business school. The study combined a general examination of the legal training of elites through documentary research and interviews with a novel methodological approach that applied ethnography to the analysis of legal education. Through combining these methods, the research was able to uncover the major theoretical, practical, and pedagogical orientations that emerge during the course of instruction. On the one hand, the two programs are quite differently situated, training students for disparate occupational trajectories with quite distinct institutional histories and situations. Despite these differences between the two sites, this study documented a shared underlying pedagogical message not easily identified using traditional research methods. The tacit message that is a key part of academic socialization across the locations of this study includes a normative process of acculturation to capitalist ideology through particular emphasis on business law and the figure of the business lawyer. Thus the analysis presented in this chapter contributes to a better understanding of legal education “in action.”

La massification des séparations conjugales et son corolaire, la libéralisation du droit au divorce, sont observées dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique du Nord. À partir d’enquêtes collectives menées durant plusieurs années en France et au Québec, cet article analyse la portée de ces changements sur les inégalités de classe et de genre. Dans ces deux contextes, l’action publique visant les séparations conjugales joue un rôle majeur dans le renouvellement contemporain du gouvernement de la vie privée. Toutefois, la France et le Québec sont caractérisés par des régimes partiellement distincts de reproduction institutionnelle des rapports sociaux. Ceci s’explique notamment par le caractère limité des circulations transnationales, débouchant sur une « convergence divergente » entre ces deux juridictions.

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