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This article investigates the history of governing nuclear accidents in France and internationally. While nuclear disasters posed serious threats to nuclear energy during the Cold War, they have been increasingly perceived as intrinsic and ‘manageable’ events of nuclear operations, a process that can be described as ‘the normalisation of accidents’. This article shows how the end of the Cold War facilitated normalisation, through an internationally shared approach to nuclear safety, based on regulatory organisations, which contributed to displacing the political controversy related to nuclear energy in France and Europe.

in Globalizing Issues. How Claims, Frames, and Problems Cross Borders Sous la direction de NEVEU Erik, SURDEZ Muriel Publié en 2020-09-17
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Although nuclear accidents are often presented as inherently global issues, the Fukushima Daiichi accident in 2011 developed above all into a problem for France in the French news media. This seems surprising when compared to the coverage of Chernobyl in 1986, which rendered international debates visible. Based on a comparative analysis of the newspaper Le Monde and the TV channel France 2, this chapter shows how these changes of frames can be related to the creation, since Chernobyl, of transnational organizations for nuclear safety. These bodies reframed the ways in which the international effects of nuclear energy appear in the news media, reducing the visibility of international stakes in this controversial policy field. Government agencies play a key role in “renationalizing” nuclear accidents by adapting international stakes and information to national contexts.

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La série Chernobyl, diffusée en mai par la chaîne américaine HBO, a suscité un intérêt exceptionnel, qui lui a valu de nombreuses réactions. Outre les critiques dithyrambiques de la presse et du public, il y en a une à première vue plus curieuse : le 10 juin, la chaîne publique russe NTV annonçait qu’elle produirait une contre-série avec une narration alternative. [Premier paragraphe]

À la différence d’accidents nucléaires du passé, comme celui de Tchernobyl, Fukushima a suscité une remise en cause très courte et limitée de l’énergie nucléaire. Six ans à peine après l’accident de mars 2011, les gouvernements européens poursuivent l’exploitation des réacteurs nucléaires, sûrs d’après eux et ce, en dépit des conséquences observées à Fukushima. Considéré comme une catastrophe exceptionnelle en 2011, l’accident nucléaire est rapidement devenu un événement ordinaire pour le secteur nucléaire européen. En nous appuyant sur une enquête ethnographique réalisée au sein des organisations européennes et internationales de sûreté nucléaire, nous proposons de comprendre cette transformation comme le résultat d’un travail de normalisation qui fait rentrer la catastrophe nucléaire dans les cadres et procédures préexistants de la sécurité nucléaire et la transforme ainsi en un incident que le secteur est capable de surmonter, tout en travaillant de manière incessante les frontières entre les conséquences tolérables et intolérables de l’énergie nucléaire. La normalisation de Fukushima s’inscrit alors dans les transformations de long terme du gouvernement européen du nucléaire, qui contribuent à pérenniser le secteur en véhiculant des cadrages qui rendent la survenue des accidents nucléaires acceptable.

Il y a trente ans, Ulrich Beck publiait l’ouvrage La société du risque, dans lequel il développait la thèse d’une multiplication et extension globale des risques, requérant une prise en charge à l’échelle internationale. L’ouvrage collectif coordonné par Soraya Boudia et Emmanuel Henry reprend cette thèse peu discutée en sociologie française, pour étudier comment une perspective transnationale peut déplacer notre regard sur la gestion des risques sanitaires et environnementaux, tout en se démarquant de la vision « quasi fonctionnaliste » (p. 10) d’Ulrich Beck. À l’inverse, les auteurs ne se limitent pas au constat du changement d’échelle des risques pour expliquer leur « transnationalisation », qu’ils voient au contraire comme un phénomène à étudier en lui-même. Pour ce faire, ils choisissent de porter l’attention sur les acteurs et les espaces sociaux — organisations internationales, réseaux d’experts, institutions européennes — qui participent à la mise en risque et à la prise en charge politique des potentiels effets nuisibles des activités productives, mais surtout à leur définition comme des enjeux transnationaux. [premier paragraphe]