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  • Article (4)
in Note rapide - Les ateliers du ZAN Publication date 2020-05-27
VIALLEIX Martial
AUGISEAU Vincent
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Le développement et le renouvellement des espaces urbanisés impliquent une importante mobilisation de ressources naturelles, majoritairement non renouvelables et parfois en raréfaction. De plus, le modèle dominant de la gestion des déchets de chantier engendre de forts impacts sur l’environnement et des conflits d’usage des sols. Les territoires urbains se retrouvent ainsi en première ligne pour répondre aux enjeux de l’aménagement durable. Quel est l’état de la gestion actuelle de ces flux essentiels au métabolisme francilien ? Comment organiser une transition vers un modèle plus circulaire ?

Différents acteurs expérimentent des circuits de ré-usage des matériaux de construction et de démolition, principaux déchets urbains solides. L’article propose une analyse des processus de changement des pratiques de gestion de ces matières vers davantage de circularité en Île-de-France à partir du cadre théorique des transitions sociotechniques, en particulier de l’approche multiniveaux (MLP). Celle-ci permet de distinguer les acteurs en jeu entre paysage, régime et niche. Elle est ici envisagée de manière critique, comme une ossature à partir de laquelle sont combinées des approches géographiques, politiques et métaboliques. Ce croisement permet de mieux saisir le rôle de l’espace dans les transformations observées à la fois comme facteur de stabilité et de changement de régime. À partir d’entretiens et d’observations menés auprès de représentants d’entreprises, de fédérations professionnelles, d’acteurs publics et de porteurs d’expérimentations, l’article montre que l’espace participe à des processus de verrouillage du régime actuel via l’ancrage institutionnel et territorial des filières économiques de gestion des déchets inertes mais qu’il est aussi un facteur de transformation à tous les niveaux de la MLP. Les transformations du régime et du métabolisme sont encouragées par des « chocs spatiaux », des déséquilibres territoriaux et s’appuient sur des niches territorialisées.

Les matériaux de construction et de démolition constituent, en tonnes, la deuxième matière consommée par les villes après l’eau et les principaux déchets urbains solides (Augiseau et Barles, 2017). En France, la quantité de déchets générés par les chantiers est huit fois supérieure à la quantité de déchets ménagers : les chantiers du bâtiment et des travaux publics (BTP) ont produit 227,5 millions de tonnes de déchets en 2014 tandis que les déchets ménagers ont représenté environ 30 millions de tonnes (Ademe, 2017). La production matérielle des espaces urbains suit une logique linéaire : les matériaux sont extraits en grande quantité dans le milieu local, ils sont accumulés dans les villes sous la forme du bâti et des infrastructures avant d’être rejetés sous la forme de déchets. Ce mode de production de la ville génère en amont des tensions sur l’approvisionnement en ressources minérales locales qui se raréfient. En aval, ces matériaux contribuent à l’artificialisation des sols via la mise en décharge des matières issues des chantiers. L’empreinte matérielle de la production urbaine, c’est-à-dire la quantité de matière nécessaire à la réalisation des projets urbains, est donc importante et en partie insoutenable. Cependant, elle est peu connue et n’entre pas dans les calculs des acteurs de la ville lors des choix d’aménagement...

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Depuis quelques années, un vent de renouveau semble souffler sur la question de la pédagogie dans l’enseignement supérieur. D’un côté, les possibilités offertes par les technologies numériques semblent en mesure de transformer profondément tant la nature des publics cibles de l’enseignement universitaire que les modalités, les contenus et les objectifs des formations. De l’autre, les communautés universitaires découvrent ou redécouvrent des pratiques pédagogiques « innovantes » et surtout alternatives aux formes magistrales de transmission des connaissances (enseignement par projet, classe inversée, portfolio étudiant…). Cette question de la pédagogie universitaire bénéficie d’un fort intérêt médiatique, passant en quelques années d’un voile d’ignorance particulièrement opaque à un statut de rubrique permanente dans des grands périodiques. Enfin, les sciences de l’éducation, qui se sont longtemps concentrées sur l’éducation scolaire, investissent désormais le nouveau champ scientifique de l’andragogie, soit les principes de formation des adultes, pour lequel se sont multipliées ces dernières années les revues spécialisées, les courants théoriques, les grandes enquêtes et de très nombreuses études de cas...