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La nation regarde vers l’Etat tandis que le nationalisme est une idéologie qui se contente parfois de promouvoir l’identité d’un groupe en relation avec d’autres. Les théories du nation-building n’expliquent donc pas le nationalisme. D’autres théories matérialistes y parviennent néanmoins, comme celle de Gellner où le nationalisme est le résultat de conflits socio-ethniques, mais où les ressorts internes de l’idéologie restent dans l’ombre. Les théories présentant le nationalisme comme un produit d’exportation d’origine occidentale ne font pas mieux, à la différence de celles qui l’ancrent dans un processus de réforme socio-culturelle. L’intelligentsia, qui a engagé ce processus pour résister à un Occident qui la fascine mais qu’elle perçoit comme une menace, développe finalement une attitude nationaliste car il n’a jamais été question pour elle d’imiter l’Occident mais de réhabiliter sa culture en y incorporant des traits prestigieux de l’Occident à travers l’invention d’un Age d’Or, la pierre de touche du nationalisme. Cette approche trouve un parfait équivalent dans les théories de l’ethnicité, non pas celles qui appliquent le paradigme primordialiste, mais celles qui se concentrent sur la création des frontières entre groupes. Barth souligne à cet égard le rôle décisif de la relation à l’autre et le peu d’importance des contenus culturels – par rapport aux frontières des groupes – dans la formation des identités ethniques, à telle enseigne que sa théorie de l’ethnicité présente plus d’affinité avec certaines théories du nationalisme que celle-ci et les théories de la nation. Toutefois, on peut construire un modèle intégré du nationalisme en organisant les différentes théories en séquence. Si les théories fondées sur le rôle de l’idéologie viennent ici en premier, la création d’un mouvement nationaliste implique l’exacerbation de conflits socio-ethniques et la massification du nationalisme, un processus de nation-building.

Les mouvements suddhi animés par l'Arya Samaj puis la Hindu Mahasabha entre 1885 et 1925 reposaient sur la réinterprétation de procédures de purification rituelle hindoue mais s'inspiraient aussi des techniques de conversions chrétiennes et musulmanes afin de contrer le prosélytisme de ces deux religions. Cette innovation - à l'origine, notamment, d'un effort de promotion sociale des intouchables - suscita l'opposition des milieux orthodoxes qui ne soutinrent la suddhi qu'aussi longtemps que les hindous parurent menacés et, en particulier, que la politique du nombre sembla importante. Le mouvement retomba donc dans la seconde moitié des années 1920. Après l'indépendance, en dépit d'oppositions, la liberté de propager sa foi (et donc de convertir) fut reconnue dans la Constitution puis préservée malgré l'hostilité croissante, dans les années 1950, de chefs politiques locaux hostiles à l'activité des missionnaires chrétiens. Celle-ci permit aux nationalistes hindous d'entretenir une agitation latente - et sélective puisque les conversions au sikhisme et au bouddhisme n'étaient pas visées - contre le pro sélytisme des minorités. Ce mouvement ne se traduisit cependant par des (re)conversions à l'hindouisme d'une ampleur significative qu'au cours des années 1980 en réaction, notamment, à la conversion à l'islam de groupes d'intouchables. Cette fois il ne fut pas fait usage de la suddhi mais de procédés encore plus simples et de nombreux religieux représentant l'orthodoxie s'y rallièrent sans réserve : c'est qu'il s'agissait plus encore que par le passé d'un phénomène politique au moment où l'antagonisme entre hindous et musulmans s'exprimait une nouvelle fois de façon violente. L'effacement relatif des restrictions imposées aux (re)conversions par le système des castes, tend à rapprocher les pratiques prosélytes hindoues de celles observées dans les milieux chrétiens et musulmans même si les hindous sont encore loin de former une véritable communauté de croyants que l'on pourrait quitter et rejoindre à volonté.

in Archives de sciences sociales des religions Publication date 1995
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Le lecteur français disposait déjà de nombreuses autobiographies intouchables traduites dans sa langue mais R.D. lui offre la première présentation générale de ce phénomène social de première importance qu'est l'intouchabilité en Inde. Cette question intéresse non seulement les spécialistes de la région mais aussi les sociologues en général et l'auteur s'efforce d'ailleurs de le mettre en perspective en comparant intouchabilité et racisme ou en recherchant des formes d'exclusion sociale analogues - notamment au Japon (...).

in L'Inde contemporaine Sous la direction de JAFFRELOT Christophe, JAFFRELOT Christophe Publication date 2014-03
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Résumé de l'ouvrage : Avec une décennie d’avance, l’Inde a fait une entrée remarquée dans le XXIe siècle. Depuis 1990 en effet, le renforcement du fédéralisme, de nouvelles alliances internationales, la libéralisation économique, une politique de discrimination positive mise en place en faveur des basses castes et la polarisation religieuse grandissante ont transformé le visage du sous-continent. À ces phénomènes qui conditionnent aujourd’hui encore la trajectoire indienne s’en ajoutent d’autres, à la temporalité plus lente : transition démographique, urbanisation croissante et effort de défense nationale accru. Autant de facteurs qui, analysés dans cet ouvrage par quelques-uns des plus éminents spécialistes, font de l’Inde une grande puissance émergente avec laquelle il faut désormais compter.

in L'Enjeu Mondial, Les pays émergents Sous la direction de JAFFRELOT Christophe, JAFFRELOT Christophe Publication date 2008
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L'été 2008 a confirmé que la montée en puissance des pays émergents est en passe de bouleverser la scène internationale...

in Annual Review of the Sociology of Religion, Vol. 2 Sous la direction de PACE Enzo, MICHEL Patrick Publication date 2012
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This article, while it will pay attention to the opposition parties—the Congress and the GPP—intends, in its first part, to scrutinize the mainstays of Narendra Modi’s election campaign with special references to high tech populism, his banalization of Hindutva, his notion of Gujarati patriotism and his defence of what he calls the ‘neo-middle class’. The second part that deals with the electoral results and the citizens’ voting behaviour, will show that Modi’s constituency is a by-product of an increasingly polarized pattern of social change and economic growth, the BJP receiving stronger support from urban dwellers, whatever their caste, gender and level of education may be.

Le scepticisme vis-à-vis des pays émergents se porte bien en Occident, alors que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont, en un sens, nés à l’Ouest : Goldman Sachs n’est-il pas à l’origine de ce sigle ? Il est vrai que bien des pays de cette coalition traversent une zone de turbulence économique qui a même plongé la Russie dans la crise et le Brésil dans la récession. La Chine conserve un taux de croissance élevé mais la bulle spéculative est en train d’éclater et de tirer la bourse de Shanghai vers le bas. L’Inde résiste bien mais son insolent taux de croissance – en partie lié à un nouveau mode de calcul – ne se traduit pas encore par du développement en termes socio-économiques et des créations d’emplois en nombre suffisant...

in The Oxford Handbook of Populism Publication date 2017-10
TILLIN Louise
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[résumé de l'ouvrage] Populist forces are becoming increasingly relevant across the world, and studies on populism have entered the mainstream of the political science discipline. However, so far no book has synthesized the ongoing debate on how to study the populist phenomenon. This handbook provides state of the art research and scholarship on populism, and lays out, not only the cumulated knowledge on populism, but also the ongoing discussions and research gaps on this topic.

in The Oxford Handbook of the History of Nationalism Sous la direction de BREUILLY John Publication date 2013-03
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South Asia has been a true laboratory for the students of nation-building and nationalism. No other region has experienced two partitions of the magnitude of those of 1947 and 1971. Such a violent history did not stem from the religious and linguistic diversity of the Indian subcontinent—that would be a simplistic interpretation—but from the ideologies and strategies of political actors in India and Pakistan, the two countries on which this chapter focuses. In both places, two types of nationalism have been in competition: a multicultural one (epitomized by Gandhi, Nehru, and Jinnah) and an ethno-religious one (represented by the Hindu nationalists in India and the Islamic parties in Pakistan). In India, the second brand of nationalism has gained momentum at the expense of the first one from the 1980s. In Pakistan, in addition to the Islamization of politics by both civilians such as Z.A. Bhutto and generals like Zia-ul-Haq, ethno-linguistic nationalists have prevailed (as in East Bengal) or shown a remarkable resilience (as in Baluchistan and among the Mohajirs).

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