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A la recherche d'une identité nouvelle, les fondateurs de la République américaine n'hésitèrent pas, dans un premier temps, à s'identifier à Rome et à ses héros, tels Cincinnatus, Brutus, et Publicola. Mais le modèle romain, redécouvert à la lecture de Montesquieu, était problématique : la République n'était possible que sur un petit territoire. Des critiques de la Constitution fédérale de 1787, comme Brutus, s'emparèrent des arguments de Montesquieu pour discréditer l'œuvre des constituants de Philadelphie. Ces derniers réagirent en mettant littéralement Montesquieu la tête à l'envers. La République, prétendirent-ils, n'était concevable que sur un grand territoire, dans un cadre fédéral. Le retour à l'antique prôné par les antifédéralistes était absurde et dangereux, d'autant plus que la cité antique ignorait tout du grand principe fondateur de la République américaine : le régime représentatif. C'est sans doute pourquoi l'idéologue Destutt de Tracy, le plus sévère des critiques de Montesquieu et l'avocat passionné du « refus de Rome », est érigé au rang de « philosophe » de l'Amérique par Jefferson, son traducteur et admirateur.

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Une présidence hamiltonienne : la politique étrangère de Ronald Reagan. Denis Lacorne. II n'est plus possible, au lendemain du Watergate, d'écrire sur la politique étrangère des États-Unis sans faire référence aux rapports conflictuels qui opposent le président au Congrès. A une « présidence impériale », justement dénoncée dans les années 1960, succédait une présidence affaiblie, en but aux assauts d'un Congrès qui cherchait à réétablir son ancienne prééminence. Face au « déséquilibre » produit par un Congrès dominateur, le président Reagan a tenté d'inverser la balance au profit de l'exécutif. Il n'y a réussi qu'imparfaitement, au prix d'une incessante confrontation avec un Congrès revigoré, comme l'illustrent la question de l'entrée en guerre des États-Unis, la crise de l'Irangate, et les tentatives de réinterprétation du traité des missiles antibalistiques. La présidence « restaurée » par Reagan n'est pas la « présidence impériale », mais plutôt une « présidence énergique », ou encore « hamiltonienne », puisqu'elle se rattache à une conception du pouvoir inaugurée, dès la fin du 18e siècle, par le plus monarchique des Pères fondateurs : Alexander Hamilton.

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Débat classique que celui des relations entre langue et politique. Il est de longue date au cœur de la réflexion sur le nationalisme. Il se trouve aujourd'hui relancé par la revendication du multiculturalisme ou au contraire la défense de la citoyenneté « républicaine », par les conflits identitaires, par la construction de l'Union européenne, par le développement d'internet. En France c'est la question corse qui le place au centre de l'affrontement électoral. Mais il est peu d'États au monde où le problème de la langue ne se pose pas en termes politiques. Qu'il s'agisse d'États monolingues, hégémoniques et arrogants, comme le furent les constructeurs de la tour décrits dans la Genèse, ou d'États bilingues, voire multilingues, semblables aux nations dispersées par la colère de Dieu, après la destruction de Babel. À une époque où l'anglais est en passe de devenir la langue véhiculaire des pays de l'Union, sans qu'il y ait jamais eu de politique linguistique européenne clairement formulée, il est important de s'interroger sur la signification même d'une langue dominante, sur les phénomènes complexes de naissance, de déclin, de renaissance linguistique, sur les conditions historiques et les facteurs socio-économiques qui favorisent tantôt des situations d'hégémonie linguistique, favorables au monolinguisme, tantôt des situations de pluralité linguistique, débouchant sur des formes stables de bilinguisme ou de multilinguisme. Voyage à l'ombre de Babel, en France, en Californie, au Canada, en Belgique, en Suisse, en Israël, en Ukraine, en Lituanie, en Biélorussie, dans l'ancienne Yougoslavie... et dans le virtuel.

in Alternatives internationales. Hors-série Publié en 2004-11
PIOT Olivier
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L'arrogance de l'équipe Bush se nourrit de la conviction d'agir pour le Bien. En désinformant une population largement indifférente au monde, elle prend la forme d'un messianisme qui s'appuie sur la puissance économique et militaire des États-Unis.

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Dans sa magistrale analyse des politiques présidentielles, Stephen Skowronek distingue quatre types idéaux de leadership présidentiel: le novateur, qui intervient après une période de crise et crée avec succès un nouvel ordre politico-économique; l’héritier, qui continue l’oeuvre du novateur et l’adapte à son époque; le «préempteur», qui reprend à son compte les thèmes porteurs de ses adversaires et les présente sous un nouvel habillage idéologique; le bricoleur, qui doit faire face à une crise politico-économique majeure, mais ne dispose pas du temps, ni des moyens ou de l’intelligence nécessaires à la création d’un nouvel ordre politique. Si Franklin D. Roosevelt et Ronald Reagan incarnaient bien le type du novateur, Harry Truman et George Bush celui de l’héritier, et Herbert Hoover celui du bricoleur, Clinton, d’après Skowronek, correspondrait à la perfection au type plus ambigu du préempteur1. La troisième voie clintonienne (en anglais third way ou encore triangulation) incarnait cette ambiguïté. Par «triangulation», il faut entendre cet art du politique qui consiste à s’approprier les meilleures idées de ses adversaires, tout en les reformulant pour les rendre compatibles avec l’idéologie du camp politique auquel on appartient2. Pour Clinton, la triangulation consistait à trouver un point médian entre deux extrêmes: le libéralisme économique de la majorité républicaine du Congrès et les programmes sociaux traditionnellement défendus par le parti démocrate (...).

Les États-Unis sont la terre d'élection des immigrés : c'est un pays d'accueil ouvert à tous, un singulier melting-pot où se mêlent les ethnies, les religions et les cultures les plus diverses. Cette nation plurielle ne s'est pas construite sans heurts ni violence. Car l'Amérique est aussi le pays de l'exclusion, du racisme et de la xénophobie. Allemands, Irlandais, Chinois, «Slavo- Latins», Juifs, Hispaniques étaient chacun à leur tour jugés inassimilables... avant d'être tous assimilés. C'est ce paradoxe d'un pays à la fois fragmenté dans son tissu social et doué d'une étonnante capacité d'intégration que veut interroger cet ouvrage. Denis Lacorne restitue la richesse et les contradictions du multiculturalisme américain dont il explore l'histoire depuis trois siècles en révélant ce qu'elle a de comparable et d'incomparable avec l'expérience française. Il jette un éclairage neuf sur les débats qui n'ont cessé d'opposer partisans de l'assimilation et tenants du pluralisme culturel. La crise de l'identité américaine est inscrite dans l'origine même de la nation américaine. Elle exprime la tension, l'ambiguïté, le caractère indécidable d'une nation imaginée tantôt comme assimilationniste et unitaire, tantôt comme pluraliste et multiculturelle. Cette crise, c'est la chance de l'Amérique, n'est jamais fatale parce que les plus «séparatistes» n'expriment pas de revendication territoriale. Mais elle est durable à cause des inégalités persistantes entre groupes ethniques, bien imparfaitement corrigées par les politiques de traitement préférentiel.

Pourquoi Hillary a-t-elle perdu l’élection ? En fin de parcours, presque tous les instituts de sondages lui donnaient une petite avance de l’ordre de 3 %. Comment expliquer son échec, certes relatif, puisqu’elle l’a emporté en votes populaires avec un avantage de 2,6 millions de voix. Mais elle n’a pas obtenu la majorité des grands électeurs du collège électoral. Trump l’a emporté avec 306 grands électeurs, 36 de plus que la majorité requise de 270 grands électeurs.

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Asked by Suzanne Bass, an attorney in Jacksonville, Florida, "How would your religious beliefs, if you're elected, impact the decisions that you make in the office of the presidency ?" two presidential candidates, Mitt Romney and Rick Santorum offered strange, faulty readings of the Declaration of Independence, which do not fit the facts or for that matter the historical record. (...)

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On ne cesse de célébrer aux États-Unis, à l'école et dans les discours officiels, les fondateurs de la République américaine - Madison, Jefferson, Washington - et ses refondateurs - Lincoln, Franklin D. Roosevelt, Martin Luther King -, mais on ignore tout, ou presque, du premier théoricien du multiculturalisme américain, le philosophe Horace Kallen (1882-1974), l'un des disciples de William James...

in Observatoire de la société britannique Publié en 2012-12
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Aux États-Unis, le premier amendement précise que « le Congrès ne votera aucune loi établissant une religion quelconque comme religion d’État »1, ce qui en clair implique une rupture complète avec l’ordre juridique britannique : la monarchie de droit divin était fondée sur une religion d’État, la religion anglicane. La république américaine sera, pour sa part, sans religion. La clause d’établissement du premier amendement fonde l’ébauche d’une laïcité américaine, louée par certains mais niée farouchement par d’autres. Le débat sur le sens à donner à la clause d’établissement du 1er amendement est au cœur des controverses existant aujourd’hui à propos de la place à donner aux signes et objets religieux dans l’espace public. Cet article examine les controverses et décisions de justice suscitées par l’existence de trois types de signes religieux dans l’espace public américain.

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