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in Alternatives économiques Publié en 2015-01
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premier paragraphe : Pendant que la gauche présidentielle est au trente-sixième dessous sondagier et que la gauche de gouvernement fait fuir ses électeurs, les économistes progressistes semblent amorcer une importante phase de renouvellement intellectuel. Il ne s’agit pas pour eux de proposer un aménagement "plus à gauche" de la politique du gouvernement, à l’image de ce que font les députés frondeurs. Pas plus que d’étaler sur la table un projet bien ficelé pour les élections de 2017. Les chercheurs qui se mobilisent aujourd’hui ont plus d’ambition : il s’agit ni plus ni moins que de refonder une nouvelle pensée économique et sociale. Il n’y a pas de plan préétabli en la matière, chacun travaille encore dans son coin. Mais à la lecture des différents travaux sortis ces derniers mois, on note une volonté nette de proposer de nouvelles façons de penser l’emploi, les droits sociaux et l’entreprise.

A l’aide du modèle de microsimulation Ines (Insee-Drees-Cnaf), nous simulons trois réformes du quotient conjugal : une individualisation l’impôt, la réduction à 1,5 part du quotient conjugal en ouvrant la possibilité pour les couples mariés/pacsés d’opter pour une imposition individuelle, enfin le plafonnement du quotient conjugal au même niveau que le quotient familial. L’individualisation conduit au gain fiscal le plus élevé (environ 7 milliards) contre 5 milliards pour le quotient conjugal à 1,5 part et 3 milliards pour le plafonnement du quotient conjugal. Avec l’individualisation, 46% des ménages sont perdants et la perte est inférieure à 1.5% du revenu disponible pour la moitié des perdants ; 60% des perdants se situent dans les 3 derniers déciles de niveau de vie contre 6% dans les trois premiers. Avec un quotient conjugal à 1,5 part, 45% des couples sont perdants (soit environ 5,8 millions) pour une perte médiane de 680 euros, correspondant à 1.3% du revenu disponible ; 64% des perdants se situent dans les 3 derniers déciles. Enfin avec le plafonnement 7% des couples sont perdants (soit environ 895 000) pour une perte moyenne de 3200 euros par an, et une perte médiane de 1800 euros, soit 2.6% du revenu disponible ; 83% des perdants se situent dans les 3 derniers déciles.

in Travail et genre dans le monde Sous la direction de MARUANI Margaret Publié en 2013
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L’objet de cet article est de montrer, à travers les exemples états-unien et français, comment l’État social façonne la division sexuée du travail et comment il s’adapte aux exigences économiques. Le choix de ces deux pays permet de montrer que, malgré des contextes économiques, sociaux et historiques différents, une lecture sexuée commune des relations entre État social et développement économique est pertinente. L’émergence d’un État, garant de droits sociaux liés aux risques individuels, a permis d’accompagner le développement des économies industrielles de la fin des xixe et xxe siècles. Cette logique économique et sociale repose sur une division sexuée du travail : les hommes en charge du travail productif au sens marchand du terme et les femmes du travail reproductif (gestion de la famille), avec la promotion de la norme de « monsieur Gagne-Pain et madame Au-Foyer ». La société salariale a été un moteur de la croissance économique, tout comme elle a été portée par le plein-emploi issu du développement économique. Les exigences des femmes en termes d’émancipation mais aussi les contraintes économiques liées aux besoins croissants de main-d’ œuvre ont conduit à amender le fameux modèle « monsieur Gagne-Pain et madame Au-Foyer ». Au rythme des crises économiques et des contraintes budgétaires, les politiques publiques qu’elles soient sociales, fiscales ou familiales ont été réformées sans qu’un modèle égalitaire ne soit jamais réinventé en remplacement du modèle « monsieur Gagne-Pain et madame Au-Foyer ». La division sexuée du travail est restée défavorable aux femmes et, finalement, le modèle social de « madame Au-Foyer » a laissé place à celui de « madame Gagne-Miettes ». Ainsi, l’analyse portera tout d’abord sur le processus qui a conduit à l’invention de l’archétype « monsieur Gagne-Pain et madame Au-Foyer », puis s’attachera à exposer les mutations de ce modèle en réaction aux évolutions économiques, sociales et politiques. Si le degré de dépendance des femmes vis-à-vis de leur conjoint ou de l’État s’est fortement réduit au cours du xxe siècle, aucun paradigme social égalitaire n’a été inventé dans les deux pays. -- 1er paragraphe

in Economie et statistique Publié en 2010-08
GOULARD DE CURRAIZE Yves
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Destinée à corriger les situations de précarité liées à la monoparentalité, l’allocation de parent isolé (API) a été instituée en 1976. Pour certains, elle serait susceptible d’avoir dissuadé les mères isolées de jeunes enfants de travailler. On se propose de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse en assimilant cette réforme à une expérience naturelle permettant d’appliquer la méthode de double différence. Cette méthode consiste à calculer l’évolution du taux d’emploi avant et après la création de ce dispositif pour deux groupes de femmes : un groupe test éligible à l’allocation (les mères isolées dont le plus jeune enfant a moins de 3 ans), et un groupe témoin non affecté mais dont les caractéristiques sont proches (les mères isolées dont le plus jeune enfant est âgé de 7 à 9 ans). La différence entre l’écart de taux d’emploi des deux groupes avant et après 1977 est attribuée à la réforme. L’estimation d’un modèle Logit permet de contrôler l’effet des différences observables. Par ailleurs, ce modèle prend en compte la dégradation du marché du travail à laquelle les mères isolées de jeunes enfants ont été tout particulièrement exposées. L’estimation du modèle sur les données de l’enquête Emploi montre que le recul du taux d’emploi des mères isolées de jeunes enfants s’explique en grande partie par la montée du chômage de masse. Une estimation sur les données du recensement confirme ce résultat. Finalement, la réaction de l’offre de travail des mères isolées a été faible au regard de la désincitation potentiellement introduite par l’API.

in Revue de l'OFCE Publié en 2004-07
LANQUETIN Marie-Thérèse
LETABLIER Marie-Thérèse
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En France, les droits sociaux s’acquièrent de deux manières : soit par le statut d’ayant droit obtenu à titre principal via le mariage, soit par son propre travail. Concernant le premier, l’augmentation du nombre de divorces a fragilisé la situation de certains ayants droit et soulève la question de la pertinence de ce statut. Concernant le second, les femmes étant moins insérées sur le marché du travail que les hommes, elles ont de facto des droits propres moindres. Les retraites constituent le point d’orgue de ces inégalités. La récente réforme des retraites a permis de montrer que les pensions perçues par les femmes étaient bien inférieures à celles perçues par les hommes. Cette situation s’explique en partie par les tâches domestiques et parentales qui pèsent sur elles et rendent leurs parcours professionnels plus chaotiques que ceux des hommes. Les compensations qui ont été introduites pour atténuer l’effet des charges familiales sur l’acquisition des droits sociaux font l’objet de discussions. La difficulté consiste à compenser les charges familiales, sans pour autant enfermer les femmes dans le rôle qui leur est traditionnellement attribué. Le droit international des droits de l’Homme insiste sur « l’indivisibilité » des droits civils, politiques et des droits économiques et sociaux. Mais repenser les droits sociaux dans cette perspective comporte des difficultés que la France n’a pas encore totalement levées, faute d’avoir intégré pleinement le principe d’égalité entre femmes et hommes. En revanche, des mesures visant à garantir une répartition plus équitable du travail domestique et marchand entre les femmes et les hommes peuvent et doivent être mises en place dès maintenant.

in Revue de l'OFCE Publié en 2010-07
FRAISSE Geneviève
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La démocratie s’est construite en tenant les femmes à l’écart : aucun énoncé systématique n’explicite leur exclusion, mais la démocratie n’a longtemps valu que pour les hommes. Celle-ci n’est donc pas excluante mais exclusive : « ni citoyenne, ni travailleuse, mais ’précieuse moitié de la République’ comme le dit Rousseau, tel fut donc le rêve de l’homme démocratique à l’égard des femmes ». Geneviève Fraisse revient sur le long parcours de 1830 à nos jours qui a conduit à l’inclusion progressive des femmes dans le système démocratique. De leur inclusion dans le « tout » démocratique, naîtra le processus de discrimination envers les femmes, processus qui consiste à séparer en jugeant, ainsi que l’idée qu’il y a bien deux gouvernements démocratiques, le domestique et le politique. La philosophe met l’accent sur le rôle moteur de l’Europe concernant l’égalité entre les sexes et la lutte contre les discriminations et sur les contradictions possibles, indépassables selon elle, inhérentes aux politiques de type gender mainstreaming (approche intégrée de l’égalité). Sa pensée se situe hors de la réflexion identitaire et se déploie face à la praxis, de sorte à formuler les problèmes autour de l’histoire de l’égalité et de la liberté des femmes.

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En s’appuyant sur la littérature existante, cet article décrit les transformations de la position des femmes sur le marché du travail aux États-Unis tant sous l’angle quantitatif que qualitatif. Les tendances sont mises en perspectives avec celles qu’ont connues la France et la Suède. Globalement, les inégalités entre les sexes dans la sphère professionnelle se sont fortement résorbées sur une longue période. Mais en moyenne elles restent plus marquées aux États-Unis qu’en Suède et qu’en France, même si les Américaines les plus qualifiées bénéficient d’un traitement plus favorable du point de vue du déroulement de carrière que leurs homologues françaises et suédoises. Deux traits marquants ressortent de cette étude. Tout d’abord la réduction moyenne des inégalités entre les sexes aux États-Unis s’est appuyée sur l’explosion des inégalités sociales à partir des années 1980. Ensuite, cette réduction des inégalités entre les sexes ne concerne pas toutes les femmes : pour les moins qualifiées les améliorations sont modestes, voire inexistantes sur certains points, et donc les inégalités entre les femmes qualifiées et celles n’ayant pas de diplôme ont augmenté.

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Les politiques de lutte contre les inégalités visent à prévenir ou corriger des différences de positions économiques et/ou sociales considérées comme injustes au regard des valeurs d’une société. Selon le type d’inégalité considéré et suivant le contexte social dans lequel elle se construit, plusieurs catégories d’actions peuvent être mises en œuvre par les pouvoirs publics. Hélène Périvier en dresse un panorama en s’appuyant sur des exemples précis. Si l’offre de services publics et les politiques de redistribution constituent les dispositifs de réduction des inégalités les plus classiques, elles se révèlent inefficaces lorsque les inégalités résultent de modèles culturels plus ou moins discriminatoires. Plus adaptées à ce cas, les politiques de discrimination positive ou d’affirmative action soulèvent néanmoins plusieurs interrogations.

in Travail, genre et sociétés Publié en 2009-11
SILVERA Rachel
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Le revenu de solidarité active (RSA) est opérationnel depuis juillet 2009. Il se substitue au RMI (revenu minimum d’insertion) et à l’api (allocation de parent isolé). Il s’agit de rendre le travail plus attractif que l’inactivité par un revenu de solidarité complémentaire qui décroît progressivement avec le revenu du ménage. L’objectif est double : il doit permettre d’encourager les bénéficiaires des minima sociaux à reprendre un emploi et il représente un soutien aux travailleurs qui, malgré leur emploi, restent pauvres. Ce dispositif a fait couler beaucoup d’encre et levé une véritable controverse. Les questions relatives à la qualité des emplois créés, aux trajectoires professionnelles des personnes qui bénéficieraient du RSA, aux moyens mis en place pour accompagner les bénéficiaires des minima sociaux dans l’emploi, ainsi qu’à la norme d’emploi qu’institutionnaliserait le RSA ont été soulevées. Mais dans ce débat mouvementé, une fois de plus et à de rares exceptions près, l’impact sur l’insertion professionnelle des femmes n’a pas été abordé. Or, elles sont particulièrement concernées par cette réforme des minima sociaux, à plusieurs titres. [Premiers paragraphes]

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L’article analyse la relation entre l’offre de modes de garde et l’emploi des mères de jeunes enfants en Europe. On distingue les gardes extérieures à la famille (crèches, assistantes maternelles...) de celles issues des congés parentaux qui permettent aux parents de s’occuper eux-mêmes de leur enfant pendant un certain temps. Concernant la première catégorie, il existe une grande disparité en Europe. Les pays offrant un système de garde accessible financièrement et de qualité sont également ceux dans lesquels les mères de jeunes enfants sont les mieux insérées sur le marché du travail. Depuis la directive européenne de 1996, tous les pays d’Europe proposent un congé parental. Cependant, les modalités d’application (indemnisation, flexibilité, durée...) varient fortement d’un pays à l’autre, si bien qu’il peut être un frein à l’insertion des mères sur le marché du travail (France), ou bien être un moyen de leur permettre d’avoir une carrière plutôt continue (Suède). S’il est admis que la générosité du système de prise en charge de la petite enfance va de pair avec une participation élevée des mères au marché du travail, le sens de cette corrélation fait toujours débat. Dans un contexte où les tâches domestiques sont principalement assumées par les femmes, aucune avancée majeure ne pourra être faite en matière d’égalité des sexes si les pouvoirs publics n’offrent pas des modes de garde de qualité et accessibles financièrement à tous les ménages. Il s’agit d’une condition nécessaire, mais certes pas suffisante, à l’insertion des femmes à l’égal des hommes sur le marché du travail.

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