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Coronavirus, Neoconservatism and Totalitarianism: The Case of China - « Une crise nous force à revenir aux questions elles-mêmes et requiert de nous des réponses, nouvelles ou anciennes, mais en tout cas des jugements directs. Une crise ne devient catastrophique que si nous répondons par des idées toutes faites, c'est-à-dire des préjugés. Non seulement une telle attitude rend la crise plus aigüe mais encore elle nous fait passer à côté de cette expérience de la réalité et de cette occasion de réfléchir qu'elle fournit ». Appliquée à la crise pandémique que nous vivons, cette phrase implique deux choses. D'une part de s'interroger sur les réponses apportées à la crise par les gouvernements et les sociétés. D'autre part d’essayer de tirer parti de « cette expérience de la réalité » pour mieux réfléchir à nos objets de recherche. Cette exigence conduit à essayer d'évaluer la « gestion de la crise » par le gouvernement chinois mais aussi la façon dont la société chinoise a réagi à la crise et à cette gestion. Elle force en même temps à utiliser cette crise en tant que révélatrice d'un certain nombre de phénomènes à l'œuvre au sein de cette société, phénomènes que nous avions négligés ou peut-être mal interprétés. Néanmoins, cet « œil nouveau » ne peut pas faire fi des cadres théoriques et des débats méthodologiques qui dominaient le champ intellectuel avant la crise. Quand Hannah Arendt parle de préjugés, elle parle précisément de ces cadres et de ces débats. En ce qui concerne la Chine (mais pas seulement), deux courants s’imposent. D'une part le néo-conservatisme, qui considère que les différences de régime politique entre les pays démocratiques et non démocratiques permettent d'expliquer les divergences entre les sociétés dans à peu près tous les domaines de la vie sociale. D'autre part, le culturalisme, qui réduit les variations entre sociétés à des traits culturels spécifiques et irréductibles. Le fil rouge de ce texte consistera donc à montrer que ces « préjugés » ne permettent pas de répondre à la crise et d'expliquer ces réponses. Comme la crise est universelle mais révèle des attitudes et des modes de gestion très divers, la comparaison de la société chinoise avec d'autres, et notamment les sociétés européennes s'impose et pourrait permettre d'avancer dans le dépassement de ces préjugés. Ce court texte n'a pas l'ambition d'épuiser le sujet mais plutôt d'ouvrir quelques pistes.

in Le Monde diplomatique Publié en 2020-03-25
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Du point de vue de l’analyse de l’État et de la société chinoise, l’épidémie de Covid-19 apporte un certain nombre d’informations. Nous avons la possibilité de comparer les situations et les réponses face à une crise qui est, a priori, la même pour tous. Premier point commun à tous les pays frappés par le virus : l’absence de réflexion sur son origine, si ce n’est sur le mode de la querelle de bac à sable, notamment entre Pékin et Washington. Certes, il n’est pas sans intérêt de remarquer que depuis quelques années un certain nombre de nouveaux virus viennent de Chine. Mais c’est aussi ce pays qui est en pointe dans le domaine des processus d’industrialisation de l’élevage et d’interactions entre l’homme et les espèces animales « trafiqués » et entre l’homme et les espèces pseudo-sauvages. Or, il semble bien qu’il existe un lien étroit entre ces phénomènes et le développement de nouveaux virus. Il est donc ridicule de rendre responsable la Chine, son gouvernement, son parti unique ou encore son « mode de développement » dans la situation actuelle : la délocalisation des activités agro-alimentaires, les investissements étrangers, l’adoption d’un modèle économique destructeur de l’environnement sont autant de phénomènes mondiaux et non limités à un espace précis.

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Quand, en janvier 2017, M. Xi Jinping prononce un hymne au libre-échange et vante les performances de la Chine, dirigeants politiques, sinologues et journalistes applaudissent, en l’opposant au protectionniste Donald Trump. Près de trois ans plus tard, les mêmes dénoncent sa politique au nom des « valeurs occidentales », comme au plus beau temps de la guerre froide. Curieuse volte-face…

Un des phénomènes les plus frappants de l’histoire récente de la Chine est la trajectoire singulière d’une génération, celle qui est née dans les grandes métropoles entre la fin des années 1940 et le milieu des années 1950. Ses membres ont subi de plein fouet, pour le meilleur et pour le pire, l’ensemble des convulsions et des ruptures qu’a connues le pays depuis 1949, et occupent aujourd’hui les positions dominantes dans la plupart des domaines de la vie sociale. Malgré son importance, l’histoire de cette génération qui a en partie construit la Chine actuelle a fait l’objet de peu de travaux. Les récits de vie de sept de ses représentants constituent une source d’information qui permet de recueillir le point de vue de ces acteurs et de comprendre comment ils élaborent aujourd’hui un discours autour de leur expérience personnelle. L’analyse de ce discours permet de cerner l’interaction des trajectoires individuelles avec les événements et les déterminations sociales.

in To Govern China: Evolving Practices of Power Sous la direction de SHUE Vivienne, THORNTON Patricia Publié en 2017-11
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In the mid-1990s, a new consensus suddenly emerged in China concerning the necessity of including "middle classes" as a segment of Chinese society. This new social paradigm, which prevails in Chinese academic circles, in the popular media, and even within the political apparatus, is very similar to the universal agreement which arose in Europe decades ago that the presence of middle classes was a necessary element of modern society. In both these cases, how to define the "concept" of the middle classes was the subject of much controversy...

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À Pékin, la presse officielle a ironisé sur les élections américaines et leur contestation aux États-Unis mêmes. Une occasion de vilipender le système politique occidental. Si nombre d’intellectuels chinois débattent des voies démocratiques à imaginer pour leur pays, ils estiment que le peuple n’est pas prêt. Une réflexion qui n’est pas sans rappeler celle de certains politistes français.

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Entretien avec Jean-Louis Rocca à l’occasion de la sortie de son livre The Making of the Chinese Middle Class. Small Comfort and Great Expectations, Editions Palgrave.

Publié en 2016-12 Collection The Sciences Po Series in International Relations and Political Economy
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This book analyses the making of the Chinese middle class that started in the 1990s using a constructivist approach. With the development of the Chinese economy, a new group of middle wage earners appeared. Chinese social scientists and state institutions promoted the idea that China needs a middle class to achieve modernization. Middle class members are defined—and define themselves—as good consumers, educated people, politically engaged but reasonable citizens. As such, the making of the middle class is the result of three convergent phenomena: an attempt to define the middle class, a process of civilization, and the development of protest movements. The making of the Chinese middle class, Rocca argues, is a way to end the stalemate that modern Chinese society is facing, in particular the necessity to democratize without introducing an election system. (Publisher's abstract)

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L’objectif de cet article est de comparer l’émergence de la classe moyenne dans la Chine des réformes (1995-2015) et dans la France des trente glorieuses (1945-1975) en utilisant une méthode constructiviste. Dans les deux sociétés, une période de forte croissance a donné naissance à un ensemble de changements profonds : croissance spectaculaire du niveau de vie, accroissement des « cols blancs », augmentation du nombre d’étudiants, émergence d’une société de consommation. Dans le même mouvement, des chercheurs, des journalistes, des fonctionnaires, des hommes politiques vont affirmer l’apparition d’une nouvelle classe, la classe moyenne, qui doit symboliser et stimuler le processus de modernisation. En comparant deux sociétés dans deux périodes différentes, cet article ne veut pas seulement mettre en lumière les points communs, il vise aussi à souligner les conséquences diverses d’un phénomène comparable en fonction des historicités propres de chacune des sociétés.

Publié en 2015-04 Collection Comparative Politics and International Studies
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Jean-Louis Rocca’s admirably concise Sociology of Modern China wears its scholarship lightly and paints an intimate and complex portrait of Chinese society in little more than a 130 pages, all the while avoiding clichés and simplifications. He delves into China’s history and examines the country’s many different social strata so as to better understand the enormous challenges and opportunities with which its people are confronted. After discussing the ‘long march toward reform’ and the crises along the way — among them the 1989 protests which culminated in the events in Tiananmen Square and elsewhere — Rocca dedicates the second half of the book to the major questions facing the country (or, at the very least, its political elites) today: new forms of social stratification; the interaction between the market and the state; growing individualism; and the pressures exerted by social conflict and political change. In eschewing culturalist visions, Rocca thoroughly and successfully deconstructs received wisdom about Chinese society to reveal a thriving nation and its people.

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