Co-auteur
  • BLOT Christophe (60)
  • HUBERT Paul (51)
  • LE CACHEUX Jacques (31)
  • LABONDANCE Fabien (30)
  • Voir plus
Type de Document
  • Article (106)
  • Partie ou chapitre de livre (41)
  • Working paper (33)
  • Contribution à un site web (15)
  • Voir plus
14
vues

0
téléchargements

in Rapport sur l'état de l'Union européenne 1999 Publié en 1999-09
0
vues

0
téléchargements

Au cours de la décennie qui vient de s'écouler, le paysage budgétaire américain a radicalement changé. Le solde public fédéral est ainsi passé d'un déficit historique de 290 milliards de dollars en 1992 à un excédent de 124 milliards en 1999 (soit 1,4 % du PIB). De tels chiffres, inhabituels pour les États-Unis, s'appuient sur la combinaison d'une croissance très rapide des recettes fiscales et d'un infléchissement dans l'évolution des dépenses. D'une part, une conjoncture particulièrement dynamique s'est trouvée associée à une politique monétaire plutôt accommodante. D'autre part, structurellement, un ajustement vers un solde équilibré a été engagé dès le début des années 1990. En comparaison avec les efforts d'assainissement un peu plus tardifs des pays européens, l'ajustement américain apparaît plus progressif, quoique d'un niveau extrêmement important : entre 1992 et 1999, un peu plus de la moitié de l'amélioration du solde effectif est due à l'effort structurel. C'est en réaction aux déficits des années 1980 et du début des années 1990 que la discipline budgétaire a été renforcée. Les lois budgétaires se sont succédées, introduisant des plafonds sur les dépenses et augmentant la pression fiscale. C'est cependant au plan institutionnel que les mutations ont été les plus importantes : les États-Unis sont passés à la « programmation pluriannuelle » des finances publiques, et ont substitué, à l'objectif de budget unifié équilibré, un objectif de solde « on-budget » équilibré, i.e. hors excédents de la « Social Security ». Ainsi, ces derniers ne peuvent-ils plus être utilisés pour renflouer le solde total, et ceci afin d'assurer la sauvegarde du système de retraite. Les deux candidats aux élections présidentielles de novembre 2000 ne remettent pas en cause ces évolutions, mais — malgré les effets d'annonce de remboursement de la dette — les propositions d'augmentation des dépenses sociales d'Al Gore et de réductions d'impôts massives de George W. Bush laissent augurer un relâchement de la discipline. Cette dernière pourrait cependant être maintenue si le Congrès et l'administration restent de bords opposés. L'amélioration du solde public, entre 1992 et 1999, s'appuie à hauteur de 60% sur la vigueur des recettes fiscales et à hauteur de 40% sur l'infléchissement des dépenses. La forte contribution des recettes apparaît néanmoins de nature très conjoncturelle. En effet, le dynamisme de l'activité et la forte valorisation boursière, en augmentant le taux d'imposition apparent, ont dopé la croissance des recettes. La modération des dépenses ressort plus structurelle, même si elle s'appuie à hauteur de 80% sur la seule baisse des dépenses militaires. La fin de la guerre froide a largement justifié cette dernière évolution, mais la contrainte du plafonnement imposé aux dépenses discrétionnaires a également joué. La baisse des charges nettes d'intérêt a résulté de la baisse des taux d'intérêt et de la diminution de la dette publique consécutive à l'assainissement primaire. La faible progression des dépenses obligatoires s'explique en partie par le dynamisme de l'activité qui a limité le nombre des bénéficiaires des programmes sociaux, mais également par un ensemble de réformes structurelles. Parmi celles-ci, on peut noter la réforme du Welfare de 1996, qui prévoit des incitations plus fortes au retour au travail; le développement des organismes de soins intégrés qui contribue au ralentissement des affiliations à Medicare; et la diminution du taux de remboursement des actes décidée en 1997. De nombreuses contraintes politico-économiques pèsent aujourd'hui sur les choix d'affectation des excédents budgétaires cumulés anticipés. Les réductions d'impôts, les augmentations de dépenses, le remboursement de la dette et/ou le provisionnement des dépenses futures n'ont pas le même impact politique. Il faut, par ailleurs, tenir compte de la déformation active du budget en faveur des dépenses sociales du fait de l'arrivée à la retraite d'une classe d'âge nombreuse (choc du baby-boom), de l'allongement de la durée de vie des retraités, de l'intensification de la consommation de soins médicaux. Une solution généralement avancée aux Etats-Unis, pour lisser la hausse de la pression fiscale, ou de l'endettement, liée au choc du baby boom, est de s'engager dans une stratégie de provisionnement, ou au minimum de préservation des marges de manoeuvre en réduisant la dette nette. La stratégie de création d'un fonds de réserve peut être mieux comprise par l'électorat que la stratégie de remboursement de la dette, parce qu'il perçoit mieux le pro fit direct qu il peut en tirer (de meilleures retraites). Trois simulations d'évolution des finances publiques américaines montrent néanmoins que la stratégie de provisionnement n'est pas indispensable : même dans le cas assez improbable d'une chute brutale et permanente de l'activité aux Etats-Unis, une augmentation d'un point et demi du taux de pression fiscale suffirait pour restaurer l'équilibre budgétaire. Si le provisionnement peut s'avérer utile, c'est sans doute plus en raison du bas niveau inquiétant du taux d'épargne privé.

in Revue de l'OFCE Publié en 2002-03
LATREILLE Thierry
LE CACHEUX Jacques
3
vues

3
téléchargements
Au sein de l’Union monétaire européenne, le Pacte de stabilité et de croissance impose un plafond de 3 % du PIB aux déficits publics des États membres, l’objectif étant non seulement d’empêcher l’apparition de « déficits excessifs », mais aussi de réduire progressivement l’endettement public dans les pays de la zone euro. En réalité, cependant, les programmes nationaux de stabilité qui, sur la base des prévisions de croissance, décrivent les orientations à moyen terme des finances publiques des États membres, n’ont pratiquement jamais été respectés, et ont fait l’objet d’amples révisions chaque année. Le ralentissement de la croissance de la zone euro en 2001 a encore accru l’écart entre engagements et réalisations : les déficits budgétaires sont, partout, plus élevés que prévu, et deux pays — l’Allemagne et le Portugal — ont même fait l’objet d’un commencement de procédure d’avertissement de la part de la Commission, que le Conseil Ecofin de février 2002 n’a finalement pas voulu suivre. Ces difficultés mettent en lumière les défauts et les faiblesses de la procédure d’encadrement des finances publiques nationales dans le cadre de la zone euro, et relancent le débat sur les règles de politique budgétaire. Après avoir présenté les différentes versions des programmes nationaux de stabilité, nous proposons une évaluation économétrique des règles nationales effectivement suivies par les gouvernements des États membres au cours des dernières décennies, comparées à celle que semble suivre le gouvernement fédéral américain. Cette estimation permet, en particulier, de mettre en évidence la composante cyclique des déficits budgétaires nationaux. Nous discutons ensuite des différentes mesures du déficit budgétaire que l’on pourrait envisager de substituer à celle du déficit courant dans une règle telle que celle du Pacte de stabilité, de manière à maintenir une certaine discipline et une crédibilité, tout en remédiant aux défauts de la règle actuelle. Nous concluons à la supériorité d’une règle budgétaire s’inspirant de celle adoptée par le gouvernement britannique, fondée sur la notion de déficit budgétaire structurel hors dépenses d’investissement public, qui aurait le double avantage de ne pas engendrer des politiques budgétaires nationales pro-cycliques et de permettre aux gouvernements nationaux de mener des politiques favorables à la croissance.

3
vues

0
téléchargements
La création de l’Union monétaire européenne confère une dimension expérimentale à l’acquisition de la crédibilité par une banque centrale et à sa mise à l’épreuve. Les modèles théoriques qui fondent la notion de crédibilité réduisent la configuration institutionnelle à un schéma très simple et l’évaluation collective de cette crédibilité est réduite à l’opinion moyenne des marchés financiers. Aussi, nous procédons à quelques variations sur un thème de Barro et Gordon (1983). Alors que dans ce modèle, les salariés fixent le salaire nominal avant que l’inflation soit effective, ici, les marchés financiers fixent le taux d’intérêt de long terme de telle façon qu’il égalise l’offre et la demande agrégée de biens. Pour être crédible, la banque centrale devra viser une inflation très faible pendant une longue période afin de faire converger les anticipations des marchés vers un niveau bas d’inflation. Si on projette ces raisonnements sur l’expérience européenne, on peut craindre qu’ils ne confortent l’idée d’un penchant restrictif de la BCE. Ce modèle est éclairant à un second titre : il peut engendrer des équilibres multiples, sources de problèmes de coordination entre agents pour définir un équilibre qui fasse l’objet d’un accord commun. Pour échapper à ces problèmes, la cohérence temporelle de l’action de la BCE, c’est-à-dire une articulation harmonieuse des objectifs et règles de long terme avec une action conjoncturelle adaptée aux circonstances, nécessite la coopération effective des diverses institutions en charge de la politique économique européenne. L’insertion plus franche de la BCE dans un réseau institutionnel qui active les obligations de motivation et de responsabilité auxquelles elle devrait satisfaire contribuerait à clarifier l’horizon qui gouverne ses décisions. De plus, à cause de l’hétérogénéité encore dominante de la zone euro, la BCE peut difficilement se passer d’une représentation de l’économie européenne qui soit plus « structurelle » que « monétariste ». Cette représentation l’inciterait à privilégier l’attention à l’impact global et diversifié des taux d’intérêt et de leur structure plutôt qu’à la maîtrise illusoire d’un agrégat monétaire. La BCE est en charge de la stabilité globale des prix, mais l’exercice de cette responsabilité d’intérêt commun passe par une vision détaillée de l’impulsion et de la propagation des chocs et des tensions au sein de la zone euro. Pour toutes ces raisons, la BCE devra être tout autant anglo-saxonne que germanique, s’inspirer autant de la FED que de la Buba.

4
vues

4
téléchargements
Le consensus qui prévalait sur le rôle des banques centrales s’est fissuré. La poursuite du seul objectif de stabilité des prix est aujourd’hui insuffisante pour assurer la stabilité macroéconomique et financière. Un nouveau paradigme émarge dans lequel les banques centrales doivent à la fois veiller à la stabilité des prix, à la croissance et à la stabilité financière. Les évolutions institutionnelles récentes de la BCE vont dans ce sens puisqu’elle se voit confier la surveillance micro-prudentielle. En outre, la conduite de la politique monétaire dans la zone euro montre que la BCE est aussi restée attentive à l’évolution de la croissance. Mais, si la BCE poursuit de fait un triple mandat, la question de la bonne articulation entre ces différentes missions continue de se poser. La coordination entre les différents acteurs en charge de la politique monétaire, de la régulation financière et de la politique budgétaire est primordiale et fait défaut dans l’architecture actuelle. Par ailleurs, certaines pratiques doivent être clarifiées. La BCE a joué un rôle de prêteur en dernier ressort (des banques et dans une moindre mesure des États) sans que cette fonction ne lui soit précisément attribuée. Enfin, dans ce nouveau schéma, la BCE souffre d’une illégitimité démocratique, renforcée par le rôle croissant qu’elle joue dans la détermination de l’équilibre macroéconomique et financier de la zone euro. Il nous semble important que la BCE soit plus explicite au regard des différents objectifs poursuivis et qu’elle mette en oeuvre les conditions d’une coopération étroite avec les instances budgétaires et de régulation financière. Enfin, nous appelons à la création ex nihilo d’un organe de contrôle de la BCE, chargé de discuter et d’analyser la pertinence des politiques monétaires mises en place par la BCE.

En ajustant la taille et la composition de leur bilan, les banques centrales ont profondément modifié leur stratégie de politique monétaire. Bien que la mise en œuvre de ces mesures ait été initialement envisagée pour une période de crise, la question se pose désormais de l’utilisation du bilan comme instrument de politique monétaire en dehors des périodes de crise. La politique d’achats de titres effectués par les banques centrales s’est traduite par une augmentation considérable de la taille de leur bilan. En septembre 2017, les bilans de la Réserve fédérale et de la BCE s’élevaient respectivement à près de 4 500 Mds de dollars (soit 23,3 % du PIB des Etats-Unis) et 4 300 Mds d’euros pour la BCE (38,5 % du PIB de la zone euro), alors qu’ils étaient de 870 Mds de dollars (soit 6,0 % du PIB) et 1 190 Mds d’euros (soit 12,7 % du PIB) en juin 2007. La fin de la crise financière et de la crise économique plaide pour un resserrement progressif de la politique monétaire, déjà entamé aux Etats-Unis et à venir dans la zone euro. Ainsi, la Réserve fédérale a augmenté le taux d’intérêt directeur à cinq reprises depuis décembre 2015 et a commencé à réduire la taille de son bilan en octobre 2017. Toutefois, aucune indication précise n’a été donnée sur la taille du bilan des banques centrales une fois que le processus de normalisation aura été achevé. Au-delà de la taille se pose la question du rôle de ces politiques de bilan pour la conduite de la politique monétaire à venir. [Premières lignes]

Le Président de la Banque centrale européenne, M. Mario Draghi, a annoncé récemment que l’augmentation du taux directeur de la BCE interviendrait « bien après » la fin des mesures d’achats massifs de titres obligataires (prévue pour septembre 2018), principalement émis par les Etats de la zone euro, et à un « rythme mesuré ». La hausse du taux directeur pourrait donc intervenir vers la mi-2019, soit quelques semaines avant la passation de pouvoir entre Mario Draghi et son successeur. [Premier paragraphe]

This paper assesses the transmission of ECB monetary policies, conventional and unconventional, to both interest rates and lending volumes or bond issuance for three types of different economic agents through five different markets: sovereign bonds at 6-month, 5-year and 10-year horizons, loans to non-financial corporations, and housing loans to households, during the financial crisis, and for the four largest economies of the Euro Area. We look at three different unconventional tools: excess liquidity, longer-term refinancing operations and securities held for monetary policy purposes following the decomposition of the ECB’s Weekly Financial Statements. We first identify series of ECB policy shocks at the Euro Area aggregate level by removing the systematic component of each series and controlling for announcement effects. We second include these exogenous shocks in country-specific structural VAR, in which we control for the credit demand side. The main result is that only the pass-through from the ECB rate to interest rates has been effective. Unconventional policies have had uneven effects and primarily on interest rates.

This paper aims to quantify the link between financialisation and financial instability, controlling for the financial and macroeconomic environment. Our main identification assumption is to represent these two concepts as a system of simultaneous joint data generating processes whose error terms are correlated. Based on panel data for EU countries from 1998, we test the null hypotheses that financialisation positively affects financial instability -a vulnerability effect- and that financial instability has a negative effect on financialisation -a trauma effect-, using Seemingly Unrelated Regressions and 3SLS. We find a positive causal effect of credit/GDP on non-performing loans - a vulnerability effect- in the EU as a whole, in the Eurozone, in the core of the EU but not at its periphery, and a negative effect of non-performing loans on credit/GDP - a trauma effect - in all samples. Even when relaxing our identification assumption, both opposite effects hold.

Suivant