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in Economie et statistique Publié en 2005
DELL Fabien
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Royaume-Uni et France, Espagne et Portugal, Pologne, Russie et Roumanie : sept pays pour illustrer le large éventail de niveaux de vie qui subsiste dans l'Europe « réunifiée » du XXIe siècle naissant. Toutefois, lorsque l'on examine les populations les plus pauvres dans chacun de ces sept pays, les différences sont moins frappantes que les similitudes. Partout le bas de la hiérarchie socioéconomique est composé de familles avec plusieurs enfants à charge ou de parents isolés, de ménages comportant des personnes handicapées ou des chômeurs, de foyers dont le chef ayant un emploi est peu qualifié. On observe donc une certaine permanence géographique du profil socio-démographique des pauvres. Il n'en va pas de même de leurs modes de vie, que l'on considère l'activité productive, le comportement budgétaire et l'entraide. Les risques liés à la santé, à l'exode rural ou à l'immigration, au marché du travail, à la fécondité ou à la dissolution du couple sont régulés par un dispositif institutionnel et des solidarités familiales qui diffèrent d'un pays à l'autre, y compris entre pays « riches » de l'Europe occidentale. La croissance du niveau de vie dans les pays d'Europe centrale et orientale (Peco) fera sans doute reculer l'extrême dénuement, mais celui-ci laissera vraisemblablement la place à une pauvreté qui, loin de ressembler complètement aux pauvretés actuelles des pays d'Europe occidentale, devrait cependant garder en plus de spécificités nationales intrinsèques, la marque d'une transition brutale vers l'économie de marché.

in La France à travers ses valeurs Publié en 2009
DOMPNIER Nicolas
DÉCHAUX Jean-Hugues
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in Economics and Human Biology Publié en 2005
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Short men are less likely to be married or live in a permanent relationship than their taller counterparts. This pattern is not due to their social status. While blue-collar workers are shorter on average than managers, the effects of height on finding a mate are similar in the two social groups. Being tall is also economically advantageous for men. With identical educational attainment levels, tall men have better careers than short men as they are given greater supervisory responsibilities. In making a commitment, some women might take height into account as an anticipated indicator of future resources of the household. Choice of partner is also influenced by social norms – i.e., partners should be physically well-matched – which is more difficult for shorter men.

Résumé : L’accès au crédit est une composante de la frustration à l’égard de la consommation dans la classe moyenne. C’est bien ce qui ressort des aspirations exprimées dans les focus groupes, notamment par ceux dont les banques censurent plus ou moins largement l’autonomie financière. De façon plus générale dans ce milieu social, les jeunes, les précaires, les personnes seules et les petits indépendants ont le sentiment que les organismes de crédit ne leur font pas le même accueil qu’aux couples à deux CDI ou aux personnes pivots en fin de vie professionnelle. Six modes de vie ont été distingués dans la classe moyenne à partir de l’âge, la composition du ménage d’appartenance et la situation dans l’emploi. Six rencontres ont été organisées à Paris dans les locaux d’Ipsos et autant en province (3 à Tours et 3 à Lille). Dans chacun de ces focus groupes, dont la sélection et l’animation ont été réalisées par Ipsos, 6 ou 7 personnes, qui ne se connaissent pas, sont réunies pour converser pendant plus de deux heures. Les participants évoquent leurs souhaits, leurs projets, leurs appréhensions et leurs comportements précautions. Les observations ne sont pas de même nature que celles des enquêtes de l’Insee qui font décrire au ménage son budget au cours d’une semaine ou l’emploi du temps d’une personne au cours d’une journée. Elles sont plus proches des enquêtes d’opinion. Cependant, la méthode ici utilisée est moins directive, un guide d’animation se substituant au questionnaire standardisé. En revanche, les résultats obtenus par cette méthode ne sont pas statistiquement représentatifs de la classe moyenne française. Cette étude a été réalisée pour BNP Paribas Personal Finance qui opère en France sous la marque Cetelem.

in Les Grands dossiers des sciences humaines Publié en 2010
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Les inégalités socioéconomiques, même les plus flagrantes, ne sont pas toujours explicitement prises en compte dans l’institution judiciaire. Étudiant la justice américaine pour enfants, Aaron V. Cicourel (1968) établit que les familles de la classe moyenne font plus facilement échapper leurs enfants à la sanction que ceux des classes populaires, poursuivis pour des faits analogues. Dans l’ouvrage L’application de la loi. Deux poids, deux mesures (1977), l’exploitation statistique de quatre cents procès correctionnels établit que la distribution des peines, à gravité du délit et casier donné, pénalise les prévenus jeunes, ceux nés à l’étranger et les prolétaires. Dans l’article « Why the “Haves” Come out Ahead » (1974), Marc Galanter trace le cadre conceptuel d’une analyse où l’inégalité des compétences dans la culture judiciaire (à distinguer de la culture juridique) a une incidence déterminante sur les décisions rendues par les juges, que ces derniers exercent au civil ou au pénal.

La taille des hommes : son incidence sur la vie en couple et la carrière professionnelle Nicolas Herpin Résumé La vie en couple est moins fréquente parmi les hommes de petite taille. Cette situation n'est pas due à leur condition sociale. Bien que les ouvriers soient en moyenne plus petits que les cadres, les effets de la taille sur la mise en couple sont de même intensité dans ces deux milieux sociaux. La taille élevée est un atout économique pour l'homme. À diplôme constant, les hommes de taille élevée font une meilleure carrière professionnelle car leur sont confiées davantage de responsabilités d'encadrement. Au moment de la formation du couple, la taille n'est pas seulement prise en compte comme un indicateur avancé des ressources futures du foyer. Le choix des conjoints est influencé par une norme sociale, plus difficile à respecter par les hommes de petite taille : l'assortiment physique des couples.

Les satisfactions qu’on peut tirer d’un animal de compagnie peuvent apparaître à un ménage, personne seule ou famille, qui n’en possède aucun et n’en a jamais possédé, sans commune mesure avec les contraintes qu’il impose et les coûts occasionnés par cette présence supplémentaire et pourtant près d’un ménage sur deux continue à en posséder. Pour expliquer cet attachement qui a résisté à la migration de la campagne vers la ville, aux difficultés économiques de l’emploi et aux transformations de la vie conjugale, les sociologues ont privilégié la relation symbolique à l’animal et les attentes largement inconscientes qu’entretient le maître à son égard (Héran, 1987 ; Yonnet, 1983). Nous proposons ici d’approcher ce phénomène sous un angle différent. Il n’est pas nécessairement en contradiction avec le précédent, mais il permet de faire ressortir des données importantes et originales, qui restent invisibles dans d’autres perspectives. Dans notre approche quantitative, nécessairement partielle, la possession d’un animal de compagnie est le résultat d’une décision qui n’est pas fondamentalement différente de celle que prend le ménage vis-à-vis des produits de la consommation. Gary Becker (1973 ; 1974) est le premier à avoir appliqué l’analyse économique à ce type de décisions, notamment dans le domaine de la démographie. Dans sa mouvance, il est devenu légitime d’analyser des phénomènes comme le choix du conjoint ou les décisions de fécondité en utilisant les outils de la microéconomie, avec à la base un agent maximisant son utilité sous contraintes. L’analyse présentée s’appuie sur ce type d’ap- proche. Chaque espèce animale offre des opportunités de service que le ménage est en mesure de saisir ou non selon ses ressources budgétaires et le temps libre dont il dispose. Pour surveiller son domicile, aller à la chasse ou donner un compagnon de jeu à son enfant, le ménage ne retient pas le même animal. Car les différentes espèces animales et les différentes races n’ont pas les mêmes capacités à remplir les services divers qu’on attend d’elles. Comme le suppose Lancaster (1966), le consommateur n’arbitre pas entre des biens ou des paniers de biens mais entre leurs caractéristiques. Cette décision tient compte des conséquences multiples qu’un genre particulier d’équipement peut avoir sur les autres aspects de son mode de vie. De la même façon, le ménage choisit le nombre d’animaux et l’espèce de chacun en fonction des propriétés supposées de chaque animal ou du groupe de plusieurs animaux que peut comporter ce que nous appellerons la ménagerie domestique. Bien entendu, l’animal de compagnie a d’autres propriétés, qui peuvent être également étudiées à travers des approches quantitatives. Il entretient une proximité physique avec certaines personnes au point qu’il est le témoin de leur vie intime et, souvent, intervient comme acteur dans leurs épanchements sentimentaux : il est caressé, câliné ou subit la colère du maître. Toutefois, nous n’aborderons pas ici cet aspect. Aucune des deux enquêtes de l’Insee, ni « Budget de Famille 2010 », ni « Trois aspects du mode de vie 1988 » sur lesquelles nous nous appuierons principalement ici, ne fournit d’informations sur l’aspect émotionnel de la relation entre l’animal et ses maîtres. Dans l’étude que nous présentons le nombre d’animaux possédés et leur espèce sont utilisés comme un premier type d’indicateurs : celui des usages possibles de l’animal dans le foyer. En tant qu’instrument présentant une certaine combinaison de propriétés, chaque animal familier est en compétition ou en complémentarité avec d’autres animaux, mais aussi des biens matériels et des services. Tableaux et gravures, plantes et fleurs, mais aussi poissons rouges dans leur bocal se complètent ou s’excluent pour la décoration du logement ; alarme électronique et chien pour sa surveillance ; ronronnement du chat et psychothérapie pour calmer les chagrins des enfants. Un second groupe de caractéristiques concerne les ménages. Leurs besoins, goûts ou préférences dépendent de leur situation matérielle, mais aussi de leurs convictions idéologiques ou morales. Par exemple, le débat actuel sur la cause animale peut conduire à s’interroger sur le bien-fondé d’une vie de chien en appartement, mais peut aussi pousser à adopter un chat errant. En conséquence, l’habitat, le milieu social, la composition du ménage et l’âge sont considérés dans notre analyse comme des contraintes autant que comme les indicateurs de goût caractérisant aussi bien les possesseurs que les non-possesseurs d’animaux de compagnie. Les deux enquêtes ont été réalisées à plus de vingt ans d’intervalle. Elles font apparaître que la France reste également partagée entre possesseurs et non-possesseurs (tableau 1). Mais cette stabilité du taux de possession n’implique pas que la relation entre l’animal de compagnie et son maître soit restée identique. Sans vouloir attribuer l’évolution observée à celle des seules préférences, il est désormais attendu de l’animal familier moins de services domestiques et plus de compagnie dans les loisirs.

Dans Écrits d’Amérique, Christian Topalov nous donne une biographie intellectuelle de Maurice Halbwachs. La nouveauté de ce livre réside dans le fait que son auteur appuie sa démonstration sur les expressions langagières du sociologue durkheimien dans différents contextes d’action. Les mêmes thèmes et les mêmes mots (la ville, l’homme américain, le nègre, le juif) prennent des significations différentes selon que M. Halbwachs écrit pour des publications académiques, pour des articles publiés en première page du quotidien Le Progrès de Lyon sous une rubrique intitulée « Lettres des États-Unis » et dans la correspondance avec son épouse qui ne l’a pas accompagnée lors de son séjour à l’université de Chicago au quatrième trimestre de l’année 1930. L’intérêt du livre pour le lecteur vient de ce que le sociologue en voyage à l’étranger, conscient de la diversité des registres de ses actions et de ses expériences, ne parvient pas à les rendre toujours compatibles [Premier paragraphe].

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