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Over the past five decades, anti-racism institutionalized itself within all democratic nations. Yet the movement also turned against itself by intellectualizing and politicizing itself among minorities actively engaged in a “radical critique” of dominations of class, gender, and race. From the 1970s onward, these tendencies increased, giving rise, in the United States and then in many Western democracies, to “political correctness” as a form of policing of ordinary and expert language, as well as of political opinions and beliefs. It is within this framework that the reversal of antiracism occurred, based on two correlative operations:The proliferation of identity postures led to a tendency of monopolizing the fight against racism according to the principle “to each group identity its ‘racism’ and its ‘anti-racism,’” thereby fueling competition between self-victimized groups. In parallel, the racialization of models of intelligibility of the social adorned the confused notion of “race” with explanatory value in the social sciences, while the word “race” is flown like a flag by activists of this or that “racial community.” It is in the name of this equivocal “anti-racism,” with its many competing and contradictory meanings, that a racialist worldview is thus being recast. [First paragraph]

In the following interview, Pierre-André Taguieff, philosopher and historian of ideas, analyzes for Valeurs Actuelles what he calls the “ideological corruption of anti-racism” and its consequences. His new book on this topic, L’imposture décoloniale: Science imaginaire et pseudo-antiracisme (Paris: Éditions de l’Observatoire/Humensis), was just published in October. An abridged version of this interview previously appeared in Valeurs Actuelles on July 7, 2020, under the title “Comment le ‘nouvel antiracisme’ a banalisé le racisme anti-blanc.” The interview was conducted by Bastien Lejeune and is published here by permission of Pierre-André Taguieff. [First paragraph]

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Depuis les années 1970, on dénonce le « mythe du progrès », on s’indigne devant les « dégâts du progrès », on met en accusation le « progrès meurtrier », on annonce la « fin du progrès ». Le diagnostic d’une « crise du progrès » n’est pas nouveau : en 1936, le sociologue Georges Friedmann lui avait consacré une étude critique d’une grande acuité. Elle s’est doublée, depuis les années 1970, d’une « crise de l’avenir ». En 1998, l’historien Marc Ferro s’interrogeait sur les « sociétés malades du progrès ». Mais, depuis près de trois décennies, les jurés du grand procès fait au progrès ont rendu leur verdict : la mort. Certains polémistes s’en félicitent, persuadés que le progrès est porteur de maux inédits dans l’histoire, qu’il produit des souffrances sociales nouvelles, voire des catastrophes de divers ordres jusqu’alors imprévisibles. Et d’évoquer le changement climatique, la destruction de la biodiversité et l’épuisement des ressources naturelles. Tous veulent en finir avec le progrès, qu’ils le croient agonisant ou agissant toujours comme une machine folle et dévastatrice. [Premier paragraphe]

« Le chemin de la simple justice n’est pas facile à trouver entre les clameurs de la haine d’une part et les plaidoyers de la mauvaise conscience d’autre part », affirmait Camus en 1945. Ce constat reste d’actualité, quand des sectarismes menacent approches scientifiques et valeurs républicaines au nom du « décolonialisme » : essentialisation des identités minoritaires, qui racialise les questions sociales et politiques, communautarismes exclusifs qui divisent et opposent les citoyens, instrumentalisations cyniques de minorités supposées victimes d’une imaginaire « République blanche », attaques contre la liberté d’expression, les libertés académiques et la laïcité… L’imprégnation décoloniale a fait surgir un nouvel espace de l’extrémisme politique : « antiracistes » racistes visant les « Blancs », gauchistes violents, islamistes plus ou moins masqués, complotistes, néoféministes misandres… Des groupuscules identitaires extrémistes s’érigent en tribunaux d’inquisition, censurent des œuvres et imposent des « déboulonnages ». Ces nouveaux épurateurs, mus par le ressentiment, invoquent un prétendu « antiracisme politique » pour étendre le champ de l’intimidation. Face à la prolifération de mémoires victimaires vindicatives et politiquement instrumentalisées, Pierre-André Taguieff dresse un état des lieux, analyse sans concession les discours décoloniaux et en esquisse une généalogie : autant d’éléments pour la discussion sérieuse d’une imposture de grande ampleur. [Résumé éditeur]

Lorsqu’il découvre les Protocoles des Sages de Sion, au début de l’année 1920, Hitler ne doute pas qu’il se trouve en présence d’un document révélant le programme secret des hauts dirigeants juifs, visant à devenir les maîtres du monde. Sa lecture de ce faux document lui donne un modèle d’interprétation de la révolution bolchevique. À partir du printemps 1920, il utilise le mythe répulsif du «bolchevisme juif», qui s’ajoute à la représentation du Juif comme maître de la finance internationale. Pour Hitler, lire les Protocoles, c’est apprendre à connaître les Juifs, comprendre leurs stratégies et les buts qu’ils poursuivent. C’est aussi expliquer la marche du monde par ses causes cachées. C’est enfin se protéger contre «le Juif», voire commencer à gagner le combat en démontant ses «mensonges ». Les thèmes conspirationnistes de ce faux, utilisé massivement par les services de propagande du Troisième Reich jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, structurent définitivement l’idéologie nazie. [Résumé éditeur]

Publication date 2020-08-26 Collection Que sais-je ? : 4198
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Objet de fantasmes et de répulsion, l’eugénisme est associé aussi bien à des projets techno-scientifiques qu’à des idéologies ou des doctrines (darwinisme social, racisme), des utopies futuristes, des mesures relatives à la procréation ou encore à des politiques démographiques. A minima, il est possible de le définir comme la volonté de modifier le patrimoine génétique de l’humanité en vue de son amélioration. Mais adhérer à une telle perspective, n’est-ce pas présupposer l’existence d’une inégalité génétiquement déterminée entre humains ou vouloir créer des élites héréditaires ? Jusqu’où conduit cette entreprise, dont les objectifs oscillent entre normalisation et fabrication du surhumain ? Pierre-André Taguieff décrypte un projet qui connaît un regain d’intérêt avec le transhumanisme et les techniques de procréation médicalement assistées, et qui en dit long sur la propension des hommes à se révolter contre la nature ou à se prendre pour des dieux. [Résumé éditeur]

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Jeudi 30 avril, un nouvel « appel international pour le Professeur Tariq Ramadan », adressé à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, a été mis en ligne sur un blog de Mediapart, signé par de nombreux universitaires tels que François Burgat, Ramón Grosfoguel ou Charles Taylor. Pierre-André Taguieff y voit une consécration académique du complotisme antisioniste.

"La pandémie de Covid-19 constitue une épreuve par laquelle nous mesurons les limites de notre savoir et de notre pouvoir. En nous plaçant devant l’inexplicable et l’incurable ainsi que devant des conflits de valeurs insurmontables, elle réveille le sentiment tragique de l’existence. Mais cette défaite de l’optimisme prométhéen est aussi, en France, un éveil du sens du réel et de l’esprit critique face aux chimères du postnational, qui ont contribué à faire perdre à la nation son indépendance. Pour le philosophe Pierre-André Taguieff, l’heure est à la réinvention d’un État souverain, cadre nécessaire pour une démocratie forte. Présentation de la collection : Et après ? Notre monde post-coronavirus ne sera sans doute plus le même. Quel sera le rôle de l’État ? Doit-on remettre en cause la mondialisation ? Doit-on se méfier ou s’appuyer davantage sur les scientifiques ? Autant de questions, et bien d’autres, sur lesquelles il faudra se pencher. Les Éditions de l’Observatoire, depuis leur création, ont l’ambition d’anticiper et de créer les débats d’idées. Nous continuons donc notre mission dans cette période propre à la réflexion en publiant de courts livres numériques qui amorcent déjà les thèmes de ce « monde d’après ». Nos auteurs ont répondu présents, conscients de former au sein de leur maison d’édition une véritable communauté de pensée. Muriel Beyer Directrice des Éditions de l’Observatoire"

Les Juifs ont souvent été accusés de pratiquer le « meurtre rituel » : de la judéophobie antique à l’antisionisme radical d’aujourd’hui, en passant par l’antisémitisme racial moderne, cette accusation mensongère s’est traduite par des légendes qui n’ont cessé de susciter des mobilisations politiques et des violences meurtrières (émeutes sanglantes, pogromes, attentats terroristes). Ces récits de meurtres, qui stimulent la haine, permettent la criminalisation d’un peuple tout entier : les Juifs. Un peuple imaginé comme étant constitué d’assassins potentiels. La haine des Juifs n’a certainement rien inventé de pire.

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Dans ce livre savant et moqueur, Pierre-André Taguieff passe au scalpel l’idéal moderne par excellence, celui d’émancipation, qui exalte, mobilise et aveugle depuis longtemps les Modernes. Le temps est venu de soumettre à un examen critique sans complaisance cette notion qui fait partie du prêt-à-penser dont se sont emparés les utopistes et les démagogues de toutes obédiences. Comment expliquer que cette notion banale ait pu devenir un thème philosophique et politique majeur depuis la fin du xviiie siècle, sous la forme du projet universaliste de l’émancipation du genre humain comme sous celle de l’autonomie croissante de l’individu ? Taguieff analyse la formation philosophique de l’idée d’émancipation, explore ses usages politiques et dissèque ce qu’il appelle l’« émancipationnisme », produit de la corruption idéologique de cette idée-force. Car l’émancipation comme projet global appelle une critique fondamentale : ce qui est rejeté subrepticement, voire diabolisé, ce sont les attachements, les fidélités, les enracinements, les mémoires particulières, donc la transmission. Il s’agit d’un programme de refonte anthropologique, visant à créer l’« homme nouveau », chimère d’une société mondiale d’individus également émancipés. La généalogie d’une idée floue, pour penser librement le monde de demain.

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