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The March 1943 deportation of Jews from Bulgarian-held territories in Greece left few visual traces. Among them is a silent film, with oddly edited footage. This article reconstructs the afterlife of this footage during the Cold War, tracking its multiple uses and transformations. In so doing, it sheds light on the production of knowledge about the Holocaust and the transnational history of the East-West divide. As the visual document migrated across countries and beyond the Iron Curtain, it was transformed from a “trophy archive” into legal evidence, successively acquiring documentary, judicial, and commemorative value. In the 1960s, the footage became a cornerstone of German-Bulgarian efforts to prosecute the former Reich Minister Plenipotentiary to Sofia, Adolf-Heinz Beckerle. Along with contributing to the visual history of the Holocaust, an examination of the uses of the 1943 footage illustrates patterns of East-West cooperation that gave the Cold War its unique shape.

In March 1945, Pejo Peev Draganov, a former official with the Commissariat for Jewish Affairs (Komisarstvo po evrejskite vuprosi—KEV) in Bulgaria, appeared before Chamber 7 of the People’s Courts, an emergency court established in the fall of 1944 by the coalition of the predominantly Communist Patriotic Front for the purpose of bringing to justice the alleged perpetrators of anti-Jewish crimes in Bulgaria. As the head of the Skopje transit camp, where Macedonian Jews from Vardar, a Yugoslavian province occupied by Bulgaria during the war, were imprisoned before being deported to Poland, Draganov was accused of participating in Jewish persecutions. He left the courthouse a free man. Twenty-three years later, in 1968, Draganov once again appeared before a court of justice, specifically the Hesse District (RFA) Courthouse, in response to the lawsuit brought against the former minister plenipotentiary of the Reich in Sofia during the Second World War, Adolf-Heinz Beckerle, who had negotiated the deportation of Jews from the occupied territories with the Bulgarian authorities. This time, he testified as a witness for the prosecution. This arrangement was the result of a complex negotiation between the Prosecutor’s Office of Communist Bulgaria in Sofia and the West German prosecution. By taking as an entry point the career of this former defendant (in the sense of Howard Becker), the changes in his positioning on the chessboard of justice, and his movement within the space of East-West relations, the aim of this article is to question the production of post-war justice for war crimes in Europe from a transnational perspective, with a focus on its shifts over space and time. The research is based on an extensive examination of the archives of the trials held in 1944-1945 (in Bulgaria) and 1967-1968 (in the Federal Republic of Germany) regarding the judicial systems of these two states and their troubled collaboration during the Cold War.

Entretien avec Nadège Ragaru, Auteur de "« Et les Juifs bulgares furent sauvés… ». Une histoire des savoirs sur la Shoah en Bulgarie" (Presses de Sciences Po, 2020). Propos recueillis par Corinne Deloy.

in Südosteuropa Mitteilungen Publication date 2021-07-27
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This contribution explores the history of the politics of Holocaust memory in Bulgaria. During World War II, Bulgaria refused to deport its Jewish community. Until recently, the image of Bulgaria as a European exception prevailed – though at a cost: this narrative omitted the almost total roundup of Jews in the Yugoslav and Greek territories under Bulgarian occupation between 1941 and 1944 and their deportation to Nazi-occupied Poland where they were exterminated. How does one explain a complex past, a single facet, namely the non-deportation of the Bulgarian Jews? The “rescue” narrative has become the primary avenue of narrating the history of World War II in Bulgaria. This article traces the legal, political and cultural arenas, as well as the multiple local, regional and international spaces where these narratives of the past were formed. The author shows how Jewish wartime destinies became “satellized” around a broad range of topics and cleavages. Moreover, the contribution seeks to bring Jews back into the writing and transmission of these historical events.

in L’Histoire Publication date 2021-04-01
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Alors que des élections législatives se profilent au printemps 2021, le sauvetage des Juifs, récit historique valorisé en Bulgarie, demeure une question complexe. Un miracle, une exception en Europe ? Depuis plusieurs décennies, le nom de la Bulgarie est associé à un récit enchanteur, celui du sauvetage de la quasi-intégralité de sa communauté juive, environ 48 000 Juifs, pendant la Seconde Guerre mondiale. En août 1944, alors que l'Armée rouge s'approche de la frontière bulgare, la philosophe Hannah Arendt écrit : « Pas un seul Juif n'avait été déporté, aucun n'était mort de cause autre que naturelle. »Et d'ajouter : « Personne, autant que je sache, n'a tenté d'expliquer le comportement du peuple bulgare qui est unique dans cette ceinture de populations mixtes. » Ces dernières années, pourtant, des voix de descendants de rescapés de la Shoah, de responsables de musée et d'historiens se sont élevées aux États-Unis, en Israël et en Europe pour inviter l'État bulgare à entreprendre une relecture critique de son histoire.

Dans le sillage des récents travaux dédiés à l’histoire visuelle de la Shoah, d’une part, à l’histoire des procès pour crimes de guerre et/ou contre des opposants politiques à l’Est, d’autre part, ce texte et le dossier qu’il introduit se proposent de renouveler les termes du débat sur les rapports entre vérité de l’image et vérité par l’image. Ce, en opérant une extension du périmètre des recherches aux rapports entre sources visuelles, sonores et scripturaires. La visée est ici double : conférer une juste place à la diversité des formes de documentation à partir desquelles des savoirs sur la justice pénale et la Shoah sont composés ; inviter dans le champ de l’enquête l’univers des techniques, des sensibilités et des gestes qui en modulent la fabrique comme la réception. Cheminant à travers une vaste historiographie (histoire, histoire des sciences, histoire de l’art et anthropologie), l’introduction formule deux questionnements relatifs aux pratiques des acteurs et, en abyme, à celles des chercheurs : premièrement, au regard des missions édifiantes imparties à la justice en mondes communistes, comment apprécier les incidences de l’agrégation entre matériaux (audio)visuels et écrits sur le façonnage du spectacle judiciaire et son déchiffrage par ses destinataires ? Deuxièmement, comment explorer conjointement ces trois modalités distinctes de production et de restitution des procédures judiciaires ; quels savoirs leur conjonction est-elle susceptible de délivrer ? Cinq contributions portant sur des procédures menées devant des juridictions nationales (URSS, Tchécoslovaquie, Lettonie) ou internationales (Nuremberg), durant la période 1920-1960, apportent des réponses nuancées, réfutant la dichotomie entre procès pour crimes de guerre (à l’Ouest) et procès contre des opposants politiques (à l’Est).

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Les procès pour criminels de guerre et/ou à l’encontre d’opposants politiques à l’Est de l’Europe ont suscité une vaste littérature, longtemps otage des catégories normatives et des enjeux géopolitiques la guerre froide. Deux conséquences en sont résultées : une minoration de la contribution des États dits « soviétisés » (ou sur le point de le devenir) à la production des justices internationale et nationale et une intelligence des politiques judiciaires surdéterminée par la compétition Est-Ouest. La visée de ce dossier est plus spécifiquement de replacer les interrogations sur la captation filmique ou photographique de procédures judiciaires dans un questionnement ternaire sur les rapports entre écriture scripturaire des procès (les retranscriptions sténographiques des audiences en particulier dont nous disposons souvent), écriture visuelle (films et photographiques) et écriture sonore (enregistrements radiophoniques ou sonorisation des matières filmiques), des procédures judiciaires. Les cinq contributions de ce dossier ont pour objectif de fournir un apport à deux types de littérature : premièrement, sur l’histoire des procès intentés à des criminels de guerre, à leurs collaborateurs et/ou à des « ennemis intérieurs » ; deuxièmement, sur la production et les circulations des savoirs scripturaires, visuels et sonores – envisagés dans des perspectives nourries d’histoire culturelle, d’histoire des sciences et des sensibilités.

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La Bulgarie, alliée du Reich durant la Seconde Guerre mondiale, tire fierté d’avoir « sauvé » ses Juifs... Oui, mais les Juifs des territoires occupés par l’armée bulgare, en Macédoine du Vardar, dans la région de Pirot en Serbie et en Thrace occidentale, eux, ont été systématiquement déportés. Nadège Ragaru revient sur la construction de ce récit historique et de ses usages politiques. Propos recueillis par Laurent Geslin.

in Paroles d'histoire Publication date 2021-02-08
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Entretien avec Nadège Ragaru, par André Loez, autour de son ouvrage "« Et les Juifs bulgares furent sauvés… » Une histoire des savoirs sur la Shoah en Bulgarie", Paris, Presses de Sciences Po, 2020.

Profondément originale dans sa conception comme dans son écriture, cette enquête historique est une réflexion exemplaire sur les silences du passé. Exception en Europe, un État allié du Reich a refusé de déporter sa communauté juive. Cette image de la Bulgarie pendant la seconde guerre mondiale a prévalu jusque récemment, quitte à omettre que, dans les territoires de la Yougoslavie et de la Grèce occupés par ce pays entre 1941 et 1944, la quasi-totalité des Juifs ont été raflés, convoyés vers la Pologne et exterminés. Au terme d'une vaste enquête documentaire et archivistique, Nadège Ragaru reconstitue l’origine de ce qui a longtemps été tenu pour un socle de faits vrais parce que largement crus. Elle explique pourquoi une seule facette d’un passé complexe et contradictoire a fait l’objet d’une transmission prioritaire ; comment les déportations, sans être oblitérées, sont devenues secondaires dans les discours publics, les musées, les livres d’histoire et les arts ; comment la mise en écriture des persécutions contre les Juifs en Bulgarie s’est retrouvée l’otage de la guerre froide puis des luttes politiques et mémorielles de l’après-communisme dans les Balkans et le reste du monde. Profondément originale dans sa conception comme dans son écriture, cette enquête historique est une réflexion exemplaire sur les silences du passé.

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