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Le « cadrage macroéconomique » est le support de la définition des politiques économiques depuis l’ajustement. Réalisé avec les organisations internationales, il exerce un pouvoir normalisateur sur les pratiques administratives nationales mais passe, en pratique, par des séries de tâtonnements et de négociations. Au Burkina Faso et en Mauritanie, le cadrage et ses normes ont contribué à l’émergence de récits fictionnels sur l’économie et contribué à asseoir les modes de domination politique. Ils ont donc placé des objets formels fragiles et instables au cœur des pratiques de pouvoir.

in Politique africaine Sous la direction de SAMUEL Boris Publication date 2017-03
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Depuis 2000, la lutte contre la pauvreté et les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), remplacés par les Objectifs de développement durable (ODD) en 2015, ont induit l’emploi d’une ingénierie planificatrice censée permettre un retour du volontarisme en matière économique et sociale en rupture avec la rigueur macroéconomique de l’ajustement structurel. Après des décennies 1980 et 1990...

Plan de l'article Les trajectoires de la planification depuis le colonialisme tardif « Chaînes planificatrices » : la multiplicité des pratiques et des acteurs De la formation de l’État à la co-construction entre statistiques et monde social Une ingénierie bricoleuse Les répertoires politiques et imaginaires de la planification Quelles sources et quelles méthodes pour une sociologie de l’ingénierie économique en Afrique ? Introduction du dossier "Raisons et imaginaires de la planification" du Politique Africaine de mars 2017.

La prise en considération des principales statistiques démographiques, économiques et financières disponibles confirme que l’Afrique n’est décidément pas le continent de l’« immobilité » ou de la « tradition », n’en déplaise à Hegel (et à Nicolas Sarkozy). Elle est en pleine transformation sociale. Bien que la projection de ces données sous forme de prévision soit toujours sujette à caution, elle permet de s’interroger sur les formes d’organisation possibles de la région dans le domaine politique, à un horizon d’une cinquantaine d’années (...).

in Annales. Histoire, sciences sociales Publication date 2016
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Les travaux de Morten Jerven offrent une mise en perspective historique des techniques employées par les administrations nationales et les organisations internationales pour mettre en nombre et analyser la croissance des économies africaines. Selon lui, les réalités économiques et sociales nationales échappent largement aux travaux des statisticiens et des économistes depuis le début de l'ajustement structurel. L'informalisation des économies, la faiblesse des institutions statistiques et le manque de rigueur méthodologique des experts internationaux auraient conduit à la production de fictions statistiques. Les analyses de M. Jerven remettent en question les récits produits par l'histoire économique quantitative, comme l'existence d'une supposée faillite économique africaine depuis 1960. Elles interpellent aussi la sociologie de la quantification en mettant en lumière des cas nationaux où les calculs de la croissance seraient aléatoires. Mais son approche souffre de plusieurs faiblesses. Alors que ses premiers travaux reposaient sur des études de cas nationaux détaillées, l'auteur s'est récemment concentré sur la critique des discours produits à l'échelle du continent, les comparaisons internationales et les études économétriques, sur la croissance en particulier. Son travail s'est éloigné d'une ethnographie fine des chiffres et a fait de la dénonciation des récits continentaux son fil rouge. Ce glissement l'empêche de penser finement la place des chiffres dans les sociétés, la pluralité des positions et des modes d'action qu'ils engagent, ou encore les trajectoires historiques singulières dans lesquelles les calculs de la croissance africaine s'insèrent.

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Cet article rend compte des transformations de l'Etat en Mauritanie entre 2003 et 2011 par le biais des pratiques concrètes de la gestion des politiques économiques. Il questionne le rapport à l'Etat dans un contexte où l'informalité est massive et où le contournement des règles et l'arnaque sont des répertoires politiques majeurs. Néanmoins, mon constat indique qu'il est intéressant de décrypter la manière dont les règles et procédures formelles, étudiées au concret, structurent les rapports de pouvoir en Mauritanie, et que cette analyse peut servir à interroger les transformations de l'Etat. Je propose une relecture de la trajectoire politique nationale au prisme des pratiques concrètes de gestion de l’économie. Il en ressort que, même lors des importants mensonges sur les chiffres macroéconomiques, dévoilés en 2005, l'action technocratique a pu se maintenir dans un « océan de transgression ».

in The Spirits of Neoliberal Reforms and Everyday Politics of the State in Africa Publication date 2016-12
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This book of articles first published in French in the journal Politique africaine between 1999 and 2013 proposes an original interpretation of neoliberalism on the African continent...

in Politique africaine Sous la direction de SAMUEL Boris, HIBOU Béatrice Publication date 2012-02
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Comment comprendre le « retour de la croissance » en Afrique et les bonnes notations dont un certain nombre de ses pays bénéficient ? Que signifient ces récits macroéconomiques sur les « nouveaux émergents » et le recours à des indicateurs pour les gouvernants mais aussi pour la population ? L’objectif de ce dossier est d’apporter un éclairage sur ces interrogations en adoptant une analyse sociopolitique « par le bas » des pratiques qui entourent les objets et les politiques macroéconomiques. Les auteurs du numéro mettent ainsi en exergue l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux instruments, de nouvelles façons d’appréhender la réalité ; ils montrent ce faisant comment ces nouvelles techniques bouleversent les relations socio-politiques et les rapports de force au sein des sociétés africaines et offrent à ces acteurs la possibilité d’accéder à de nouvelles positions de pouvoir. La macroéconomie n’est pas ici appréhendée comme le corpus théorique des économistes. Elle est au contraire considérée comme un lieu des luttes sociales et des conflits entre groupes sociaux, un matériau pour comprendre les logiques de l’État, les mécanismes de pouvoir et les techniques de savoir. Abordée ainsi « par le bas », la macroéconomie du capitalisme globalisé apparaît alors comme un mode de gouvernement et d’assujettissement.

La présente thèse étudie l’exercice du pouvoir et ses transformations à partir de l’observation d’opérations concrètes de la gestion macroéconomique dans deux pays d’afrique, le burkina faso et la mauritanie, et un territoire antillais, la guadeloupe. elle situe son approche à l’intersection de l’anthropologie, de la sociologie de la quantification et de la sociologie historique du politique. l’exercice du pouvoir repose sur les pratiques de gestion de l’économie dans une pluralité de rapports : ceux qui font miroiter l’espoir de piloter l’économie dans une logique instrumentale, comme ceux qui font des procédures formelles des outils de légitimation au service de régimes en place, ou encore ceux qui font de la gestion macro-économique un lieu de lutte pour l’accès aux ressources. la macroéconomie est polysémique et elle est au centre d’un « compromis technocratique » qui a une large portée. dans les trois cas étudiés, l’observation fine du calcul macroéconomique montre que les ethos techniciens sont déterminants pour saisir l’exercice du pouvoir. les luttes sociales et politiques autour de la vie chère ou de l’éducation, ou encore les débats sur les faux semblants du réformisme mettent les chiffres au centre des rapports sociaux et politiques. sur les scènes politiques en ébullition de la mauritanie, de la guadeloupe et du burkina faso, les objets de la gestion économique opèrent, guident les actions des individus, suscitent la contestation. la macroéconomie n’est pas seulement dans les bureaux, elle constitue un répertoire populaire du politique. elle est ancrée dans l’histoire propre de ces sociétés et dans les logiques autonomes de la technique et des procédures.

This book, composed of articles first published in the journal Politique africaine, proposes an original interpretation of neoliberalism in Africa. Instead of seeing neoliberal reforms as intrinsically destructive of the post-colonial state, the authors, who include some of Africa’s best-known social scientists, focus on the resilience and adaptability of African state structures, economic systems, and social survival mechanisms and examine the diversity of responses to neoliberalism in what the editors call the “everyday politics of the state.” In essays that range from diverse theoretical or historical discussions to close studies of the dynamics of specific reforms in particular places, they argue against univocal interpretations of the effects of neoliberalism. They show that the African state, far from disappearing, is adapting and reconfiguring itself in fascinating new social realities “co-constructed” by state action as well as by the improvisations of communities and other private actors. (Publisher's abstract)

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