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in La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2019 Publié en 2020-06
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1ères lignes : A. Un nouveau dispositif expérimental Une des principales critiques adressées aux enquêtes par sondages est que les réponses des personnes interrogées ne sont pas nécessairement sincères. En présence d’un enquêteur ou d’une enquêtrice, elles auraient tendance à se présenter sous un meilleur jour, à taire des opinions non conformes aux normes en vigueur dans la société, surtout sur des sujets sensibles comme la sexualité ou le racisme. C’est ce qu’on appelle le biais de « désirabilité sociale » 1. Consciente du problème, la CNCDH a cherché à en prendre la mesure. Grâce au soutien du Service d’information du gouvernement (SIG), depuis 2016 le sondage en face-à-face est doublé par une enquête en ligne, reprenant d’abord quelques questions, puis, depuis l’an dernier, toutes les questions, et dans le même ordre. Deux constats ressortent de la comparaison des enquêtes de la CNCDH de 2016 à 2018 2. L’absence d’interlocuteur a un effet libérateur sur la parole des personnes interrogées en ligne. Seules face à leur tablette ou leur ordinateur, elles donnent des réponses moins tolérantes, moins politiquement correctes, aux questions relatives à l’immigration, à l’islam et aux enjeux sécuritaires.

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1ères lignes : Les préjugés envers les minorités ont nombre de traits communs. Quelle que soit leur cible, ils évoluent grosso modo pareillement dans le temps, ils sont corrélés entre eux, leurs argumentaires présentent des similitudes et les mêmes facteurs les favorisent. Mais chacun présente aussi des particularités, liées à l’histoire de chaque minorité, aux politiques publiques dont elle a pu faire l’objet, au contexte national et international. Cette partie analyse les transformations des préjugés antijuifs et anti-musulmans, dans la lignée notamment des débats autour de l’essor d’un « nouvel antisémitisme » et d’une « nouvelle islamophobie ». La suivante est consacrée aux roms, le groupe qui en France comme en Europe a l’image de loin la plus négative. La dernière se penche sur le rejet lié à la couleur de peau, en prenant l’exemple des préjugés envers les noirs, moins analysés en France jusqu’ici.

in La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2019 Publié en 2020-06
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1ères lignes : L’ouvrage fondateur du sociologue américain W.E.B. Du Bois sur Les Noirs de Philadelphie, écrit en 1899, vient seulement d’être traduit en français 112. Parce qu’il était noir, son oeuvre fut longtemps méconnue aux États-Unis même, jusqu’à ce que l’essor des black studies dans les années 1960 la sorte de l’oubli. L’auteur, un des fondateurs de la National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP), a été le premier à mettre en évidence la persistance d’une color line (ligne de partage par couleurs) discriminatoire, héritée de quatre siècles d’esclavage et de ségrégation 113. Et le champ des recherches sur le racisme anti-noir y est particulièrement vivace aujourd’hui. Ce n’est pas le cas en France. Le modèle universaliste républicain colour blind nourrit une réticence certaine à catégoriser la population selon des critères ethniques ou raciaux. Ne serait-ce que prendre en compte dans une enquête la couleur de peau, réelle ou perçue, reste tabou. Lors de la première enquête TeO (Trajectoires et Origines. Enquête sur la diversité des populations en France), menée par l’INED et l’INSEE pour explorer les trajectoires sociales et les conditions de vie des migrants et leurs descendants, une question devait porter sur la manière dont la personne se voyait, notamment en termes de couleur 114. Controversée 115, la question fut finalement retirée et rares sont les enquêtes qui l’incluent

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Grâce à l’indice longitudinal de tolérance fondé sur les questions du Baromètre annuel de la CNCDH, on peut mesurer les évolutions annuelles des préjugés depuis 1990. Cet indice montre que les sentiments à l’égard des immigrés et des minorités évoluent d’une année sur l’autre, parfois de manière brutale, tantôt vers plus de crispation, tantôt vers plus d’ouverture. L’évolution de la tolérance n’est donc pas un long fleuve tranquille, elle reflète la manière dont collectivement notre société construit son rapport à l’altérité. Les citoyens, quelles que soient leurs caractéristiques sociales et politiques, sont ambivalents sur ces questions, comme l’a montré le politologue Paul Kellstedt 12 pour les Américains. En chacun de nous coexistent des dispositions à l’ouverture aux autres et à la fermeture. La domination des unes sur les autres dépend du contexte, et particulièrement de la manière dont les élites politiques, médiatiques et sociales parlent et racontent l’immigration et la diversité.

in La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2019 Publié en 2020-06
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1ères lignes : 2019 a été une année difficile pour les Roms en France. Certains des préjugés les plus vieux et infondés ont recommencé à circuler et à alimenter des formes d’action très violentes. En Seine-Saint-Denis, en mars, suite à des messages circulant au sujet d’enlèvements présumés d’enfants par des Roms conduisant une camionnette blanche, des actes extrêmement graves (agressions et attaques) se sont intensifiés. Les motifs évoqués dans les rumeurs renvoient à des « rapts d’enfants » et des « trafics d’organes ». Bobigny, Clichy-sous-Bois, Montreuil, Bondy, Colombes, Montfermeil, St Ouen, Champs-sur-Marne, Aulnay et Sevran... Plus de trente-sept attaques sur deux semaines ont été recensées. Les attaques ont été provoquées par une rumeur raciste relayée par des millions de messages dans les réseaux sociaux. Le prétendu enlèvement d’enfants par des « Tsiganes » est un sujet bien présent dans l’imaginaire général. Des « simples » processus de catégorisation raciste qui ont activé un schéma stéréotypé. Face à la gravité de ces évènements, la réaction des associations des Roms a été forte, mais sans suffisamment d’alliés pour contrecarrer la haine raciste.

in La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2019 Publié en 2020-06
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1ères lignes : L’indice longitudinal de tolérance mesure le niveau moyen d’acceptation des minorités et son évolution dans le temps. Il s’agit maintenant d’explorer la struc¬ture de ces attitudes, les relations entre elles, les facteurs qui les expliquent, les argumentaires qui les sous-tendent. Pour pouvoir comparer avec les enquêtes précédentes, la présentation des résultats est centrée sur l’échantillon interrogé en face-à-face 20.

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Ogni anno la Commissione nazionale sui diritti dell’uomo traccia un bilancio dei livelli di xenofobia e antisemitismo oltralpe. I Rom sono il gruppo verso cui il livello di intolleranza è più alto e nei confronti dei quali resistono stereotipi

in La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2018 Publié en 2019-04
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Depuis 1990, le rapport annuel de la CNCDH sur l’état du racisme et de la xénophobie en France s’appuie sur un sondage dont la méthodologie (échan- tillonnage, questionnements, modes d’administration) fait l’objet d’une atten- tion particulière, pour suivre au plus près les évolutions de l’opinion. Grâce au soutien sans faille du Service d’information du gouvernement (SIG), l’enquête en face-à-face au domicile des personnes interrogées est pour la troisième année consécutive complétée par une enquête en ligne, afin de mesurer les biais de «désirabilité sociale»92, soit la propension des personnes interrogées à vouloir apparaître sous un jour favorable à l’enquêteur ou à l’enquêtrice, à dissimuler au besoin des opinions contraires aux normes sociales, en particulier des opinions racistes ou xénophobes, ou à donner ce qu’elles pensent être la réponse attendue, en particulier les plus instruites93. Si le questionnaire est en ligne, si les personnes sondées sont seules face à leur ordinateur, ce biais devrait s’atténuer voire disparaître 94. Après un rappel des modes de passation de questionnaires possibles, on compare les réponses au sondage en ligne et en face-à-face et on s’interroge sur la cause des écarts observés. Table de matières : 1. Les modes de passation des enquêtes par sondage 2. La comparaison des réponses en ligne et en face-à-face 3. L’explication des écarts

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Il existe des traits communs aux préjugés envers les minorités. Quelle que soit leur cible, ils évoluent grosso modo pareillement dans le temps (section 2), ils sont corrélés entre eux, ils s’expliquent par les mêmes facteurs, ils renvoient à des argumentaires similaires (section 3). Mais chaque préjugé présente aussi des particularités, liées à l’histoire de chaque minorité, aux politiques publiques dont elle a pu faire l’objet, au contexte national et international. Cette section analyse les transformations des préjugés antijuifs et antimusulmans, dans la lignée des débats symétriques autour d’un «nouvel antisémitisme» et d’une « nouvelle islamophobie ». Table de matières : 1. Vieil et nouvel antisémitisme a) L’image des juifs en France b) L’image d’Israël et des Palestiniens c) L’articulation des différentes formes d’antisémitisme 2. Les préjugés «islamophobes»

in La lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2018 Publié en 2019-04
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L’indice longitudinal de tolérance synthétise les attitudes envers les minorités, il mesure un niveau moyen d’acceptation et ses variations dans le temps. Il s’agit maintenant d’ouvrir la boîte noire et d’explorer ces attitudes plus en détail, les relations qui les lient, les facteurs qui les expliquent, les argumentaires qui les sous-tendent. Table de matières : 1. La cohérence des préjugés envers l’Autre a) Une échelle d’ethnocentrisme b) Les facettes d’un même rejet de l’Autre 2. Des facteurs explicatifs communs a) Autoritarisme et rejet de l’Autre b) Les facteurs socioculturels et politiques 3. Le renouvellement des argumentaires du racisme

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