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À travers l’étude du secteur juif du Parti communiste français (PCF) et de ses militant(e)s - des Juifs yiddishophones originaires d’Europe centrale et orientale - entre 1944 et la fin des années cinquante, cette thèse propose trois questionnements. Elle interroge d’une part le rôle de l’engagement politique et du PCF dans l’intégration des immigrés et des minorités en France et dans la réintégration des Juifs en France après la Shoah. Elle étudie d’autre part le rôle central des Juifs communistes yiddishophones dans la reconstruction de la vie juive française après le génocide. À cet égard, elle cherche à s’émanciper du débat qui tend à voir les Juifs communistes comme des calculateurs politiques dont le but serait avant tout de diffuser et d’appliquer la politique du PCF dans le monde juif ou, au contraire, comme des passionnés de culture yiddish dont l’engagement au PCF serait secondaire. Au moins jusqu’aux années cinquante, les Juifs communistes du secteur juif du PCF parviennent à concilier la propagande communiste avec la défense des intérêts des Juifs. Les premières années de guerre froide et la politique soviétique vis-à-vis des Juifs les mettent toutefois face à leurs contradictions. Ces années sont celles de leur marginalisation dans le monde juif français, qui ne peut accepter le silence des Juifs communistes sur « l’antisémitisme rouge ». Enfin, à travers le suivi des trajectoires d’un corpus de 26 militant(e)s, cette thèse questionne l’engagement, les carrières militantes et les identités sociales des Juifs communistes. L’approche par les trajectoires permet de questionner l’impact des variations des identités sur l’engagement politique et sa perpétuation.

in La part de l'ombre. Histoire de la clandestinité politique au XXe siècle Sous la direction de CIREFICE Virgile, LE QUANG Grégoire, RIONDET Charles Publié en 2019-11
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À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, en Europe, les enfants sont au centre des préoccupations de nombreux acteurs : organisations internationales, pouvoirs publics, associations, familles. En France, la génération des « enfants de la guerre » inquiète les pouvoirs publics car elle serait « profondément fragilisée, menacée par la délinquance et la perte des repères ». Dans le monde juif français, les enfants font l’objet d’une attention d’autant plus particulière qu’ils représentent désormais l’avenir d’une communauté décimée par la Shoah. Les initiatives juives pour l’enfance mettent toutes l’accent sur la reconstruction et le renouveau. Elles diffèrent toutefois sur la forme que doivent prendre cette reconstruction et la formation de l’enfance et de la jeunesse juives. Les Juifs communistes de l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE) – une organisation fondée dans la clandestinité en 1943 par la direction de la sous-section juive de la Main-d’œuvre immigrée (MOI) – fondent ainsi leur propre structure pour l’enfance, la Commission centrale de l’enfance (CCE). Celle-ci accueille à la fois des enfants orphelins au sein de ses maisons d’enfants et de ses foyers, et des enfants qui, vivant avec leurs parents, participent à des patronages chaque jeudi et dimanche et fréquentent les colonies de vacances pendant l’été. Or, si les uns et les autres se croisent lors de leurs séjours en colonies, ils tissent rarement des liens et leur expérience est très différente selon qu’ils appartiennent à l’un ou l’autre groupe : la collectivité n’a en effet pas la même saveur pour ceux qui la vivent toute l’année et pour ceux qui quittent leurs parents pour plusieurs semaines de liberté chaque été…

in Empreintes Rouges. Nouvelles perspectives pour l’histoire du communisme français Sous la direction de ROUBAUD-QUASHIE Guillaume Publié en 2018-12 Nom de la conférence Perspectives pour l'histoire du communisme français
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Le point de départ est ici formé par les empreintes laissées par la mouvance communiste sur la société française, forgeant une culture populaire, capable à la fois d’intégrer – pour une part – exclus et marginaux, de faire pleine place politique à la classe ouvrière – et, au-delà, à tout un petit peuple des villes et des campagnes –, d’associer nombre d’artistes et d’intellectuels et de rassembler ces acteurs politiques singuliers dans des structures, des mouvements, des projets. Mais si le communisme a laissé des empreintes sur la société, c’est aussi parce qu’il a été investi par des acteurs sociaux qui l’ont identifié comme vecteur et support possible d’une politique populaire. L’empreinte communiste se fait ainsi, nécessairement, double : la spécificité du « parti de type nouveau » dialogue avec des héritages et des aspirations populaires tantôt intégrés, accolés, métamorphosés ou dépassés dans ces rencontres.

Les chercheurs travaillant sur le monde juif immigré en France, de l’entre-deux-guerres à l’après-guerre, connaissent bien le fonds David Diamant. D’une grande richesse, il ne constitue pas un ensemble cohérent et continu puisqu’il est composé de quatre parties, à la fois redondantes et complémentaires, déposées au gré de plusieurs versements au Centre de documentation du Mémorial de la Shoah, au Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne, aux archives départementales de Seine-Saint-Denis et au Musée d’art et d’histoire du judaïsme (MAHJ). Si ces archives sont très souvent exploitées par les chercheurs, qui y trouvent des documents sur des thématiques et des périodes variées, leur fondateur et son travail n’ont jamais fait l’objet d’une recherche approfondie. Or, en tant que responsable du Centre de documentation auprès de l’Union des Juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE) [1] [1]L’UJRE est une organisation proche du parti communiste français… , David Diamant (1904-1994) a contribué de différentes manières (collecte d’archives, de photographies et de témoignages ; expositions ; publication d’ouvrages et de brochures) à la construction des premières mémoires de la Shoah en France

Prenant pour objet la constitution d’un maquis de jeunes hommes qui cherchent à échapper au STO, la cinquième saison d’Un Village français, diffusée en 2013 sur France 3, propose une réflexion sur la guerre et sa représentation. Les protagonistes, mus par l’insouciance d’une jeunesse alors relativement peu touchée par l’Occupation, sont ignorants des enjeux de la vie de l’ombre et semblent d’abord jouer à la guerre. La rencontre avec la Résistance et l’engagement – à l’origine de la scission du maquis – ne mettent pas fin à cette prééminence du « jeu » dans la vie quotidienne du maquis, même si celui-ci change de forme pour devenir théâtre dans le cadre d’une pièce mise en scène par un des réfractaires, étudiant au conservatoire. Celle-ci a une dimension performative et donne naissance à un grand défilé dans Villeneuve à l’occasion du 11 novembre 1943, inspiré par le défilé réel à Oyonnax (Ain) à la même date. A défaut de se battre, les maquisards existent à travers une symbolique patriotique. La saison 5 d’Un Village français nous propose donc une réflexion autour de la nature de la guerre et l’importance de sa représentation, entre jeu, théâtre et symbole.