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De quoi le corps est-il le signal dans la domesticité ? Bien que la domesticité ne soit pas un travail qui repose essentiellement sur l’exhibition des corps, cet article défend que le corps y est un facteur central de sélection des candidat·e·s à l’emploi à temps plein chez les grandes fortunes. Sur ce marché du travail, le corps fait office de support privilégié de preuves des compétences professionnelles et des qualités morales. Pour les employeuses, apprendre à lire les corps de leurs employé·e·s est une pratique nécessaire pour légitimer leurs rôles de femmes fortunées dans les entre-soi où elles évoluent.

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Majoritairement féminin, le travail domestique reste mal reconnu, mal payé et dévalorisé. Les inégalités s’y cristallisent.

Je me souviendrai toujours de ce jour où Charlotte*, femme française âgée de 41 ans, manager d’une boutique de vêtements de luxe, mariée et mère de deux adolescents, me raconte ses « déboires », comme elle les appelle, avec les différentes nounous qui se sont succédé chez elle. [Premier paragraphe]

Dan Israel reçoit les sociologues Bruno Cousin et Alizée Delpierre, autrice de ce texte sur l’invisibilité des domestiques pendant une crise sanitaire et d’une thèse sur le travail domestique chez les grande fortunes. Tous les deux ont participé au récent numéro de la revue Actes de la recherche en sciences sociales, titré « Servir les riches »

Alizée Delpierre est sociologue et travaille notamment sur les domesticités. Le 18 mars, elle s’interrogeait dans Libération sur le sort des employé·e·s domestiques[1] et se demande quelle sera leur situation après le déconfinement. Pour Contretemps, elle revient sur leur situation actuelle après avoir recueilli plusieurs témoignages et aborde la proposition de loi avancée par la France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, qui cherche à rendre visible les travailleurs et les travailleuses ménager·e·s. (chapeau)

Emmanuel Macron a récemment accusé le monde universitaire d’avoir « encouragé l’ethnicisation de la question sociale ». La sociologue Alizée Delpierre lui répond.

Gouvernantes, majordomes, nannies ou cuisiniers travaillent au quotidien pour des familles très fortunées à l’entretien de leurs domiciles et à l’organisation de leurs vies. Leurs situations de travail, qui impliquent de servir à temps plein chez leurs employeuses.eurs, et souvent, d’y dormir et d’y vivre, échappent aux formes standard de l’emploi. Comment le rapport de travail domestique se construit-il dans l’espace intime des maisons ? En mobilisant les outils de la sociologie du travail, et à l’appui d’une enquête multisite conduite auprès des différentes populations impliquées dans le rapport de travail domestique - employé.e.s, employeuses.eurs et agents intermédiaires de leur relation -, cette thèse explore les différentes dimensions de ce rapport et les manières dont les employeuses.eurs et les employé.e.s investissent leurs rôles professionnels. La thèse discute l’hypothèse selon laquelle les dimensions du rapport de travail sont plurielles, et que leurs combinaisons donnent lieu à un panel de situations où se jouent des rapports de pouvoir et des négociations aux issues variées. Elle montre à quelles conditions servir chez les grandes fortunes peut être source de rétributions symboliques et matérielles pour les employé.e.s. Néanmoins, pour servir dans les mondes de la richesse et espérer en tirer profit, les employé.e.s doivent jouer le jeu de la servilité et accepter l’ordre social qui les infériorise par rapport à leurs employeuses.eurs. De leur côté, ces dernières.iers euphémisent largement la dimension salariale qui les lie à leurs employé.e.s et peinent à se concevoir comme des employeuses.eurs. Au-delà de la pluralité des rapports de domesticité constatées empiriquement, la thèse met en évidence que leurs conditions de production reposent sur leur caractère discrétionnaire et informel et le rejet des institutions tierces existantes qui proposent de les réguler.

La première partie du titre de l’ouvrage de Margot Béal, Des champs aux cuisines, pose avec justesse l’un des objectifs principaux de la recherche historique qu’elle a conduite dans le cadre de sa thèse de doctorat : celui de traiter de la domesticité dans la pluralité de ses formes entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle. Dès l’introduction, l’auteure annonce en effet que la littérature historique française portant sur la domesticité s’est concentrée sur la domesticité en ville, oubliant les domestiques travaillant dans les fermes. Avec sa recherche, Margot Béal entend combler ce manque, ainsi qu’un second, celui de l’étude des hommes domestiques. Elle précise en outre adopter une démarche analytique qui vise à échapper à l’écueil du misérabilisme qui teinte de nombreuses histoires de la condition domestique. Son objectif est présenté clairement : il s’agit de faire l’histoire d’une catégorie professionnelle en montrant comment elle se construit par des rapports de pouvoir variés, et de comprendre comment ils sont appropriés ou contestés par les domestiques. Pour explorer cette variété, l’auteure a centré ses recherches sur les régions lyonnaise et stéphanoise, régions aux structures économiques et sociales diverses et changeantes au moment de l’industrialisation de la France. Elle mobilise pour cela différentes sources administratives (données de recensement et de la surveillance des bureaux de placement) ainsi que des archives privées et judiciaires. [premier paragraphe]

Ces derniers jours, nous sommes plusieurs chercheur·e·s à avoir pris la plume pour interroger les conditions de travail présentes et futures des travailleur·e·s les plus invisibles de la société. Ils sont aujourd’hui parmi les seul·e·s à poursuivre une activité professionnelle ; particulièrement exposée. [Premier paragraphe]

À la suite des enquêtes dans les beaux quartiers (Pinçon & Pinçon-Charlot, 1989), c’est une enquête aux marges de ces derniers qui conduit Kévin Geay à étudier les rapports au politique des classes supérieures, qualifiées par le terme générique de « bourgeois ». En revisitant des lieux emblématiques de la sociologie de la bourgeoisie, le sociologue propose d’interroger l’un des grands résultats de la science politique : celui de la forte politisation des classes supérieures, du fait de leurs compétences politiques et de leur maîtrise des règles du jeu politique. Sans prendre ce résultat pour acquis, l’auteur souhaite déplacer le regard vers les situations où l’ordre social est menacé et tente d’être rétabli par les classes supérieures. En sus des entretiens conduits avec ces dernières, il étudie comment s’expriment des formes de politique ordinaire au Pré Catelan du bois de Boulogne, au Club cigares de l’Université Paris Dauphine, ou encore dans une école privée sous contrat d’un quartier parisien huppé, lieux qui font chacun l’objet d’un chapitre. (premier paragraphe)

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