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Des déchets radioactifs aux ondes électromagnétiques en passant par les OGM, les inquiétudes et les controverses se multiplient qui mettent en cause le monopole des experts sur l’orientation des décisions politiques relatives aux questions technologiques. Loin de déplorer une crise de confiance, les auteurs de ce livre analysent les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent de ces débats. Refusant les traditionnelles oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la politique et citoyens ordinaires, ils tirent profit des expériences existantes pour tracer les contours d'une démocratie technique et imaginer des dispositifs de décision capables de répondre à ces nouveaux défis. (Résumé éditeur)

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Le 3e congrès de la SFSE a été marqué par une présence remarquée des sciences sociales dans son organisation et son déroulement : deux sociologues et un économiste dans le comité scientifique du colloque (dont son président), une conférence invitée, huit communications, et la présence d’un gestionnaire, d’une historienne et d’une juriste lors de la table ronde finale. Cette présence traduit le souci de la SFSE de s’ouvrir aux sciences sociales, souci qui lui-même reflète la place qu’elles ont prise dans la recherche sur les risques en santé environnement, mais aussi dans le champ de l’expertise (avec une participation croissante de sociologues, politistes, économistes et juristes aux travaux de l’Anses, notamment). Cette reconnaissance n’a toutefois pas levé toutes les ambiguïtés qui entourent la contribution des sciences sociales. S’il semble admis que celles-ci ne sauraient être réduites au seul domaine des études de perception des risques, dans lequel elles ont longtemps été cantonnées, la nature et la portée de leurs résultats n’en continuent pas moins de susciter des interrogations, voire des confusions. [trois premiers paragraphes]

Le Parlement constitue un espace privilégié pour analyser le déploiement des controverses sociotechniques : non parce qu’il aurait la faculté de les résoudre, notamment via l’OPECST, mais parce qu’il offre de multiples occasions et modalités d’expression et de traitement de ces controverses en son sein. Espace hétérogène et poreux, il participe d’une nouvelle gouvernance des risques, plus soucieuse de leur stabilisation que de leur réduction définitive.

in La démocratie. Histoire, théories, pratiques. Sous la direction de HOLEINDRE Jean-Vincent, RICHARD Benoît Publié en 2010-10
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Controversies over such issues as nuclear waste, genetically modified organisms, asbestos, tobacco, gene therapy, avian flu, and cell phone towers arise almost daily as rapid scientific and technological advances create uncertainty and bring about unforeseen concerns. The authors of Acting in an Uncertain World argue that political institutions must be expanded and improved to manage these controversies, to transform them into productive conversations, and to bring about "technical democracy." They show how "hybrid forums"—in which experts, non-experts, ordinary citizens, and politicians come together—reveal the limits of traditional delegative democracies, in which decisions are made by quasi-professional politicians and techno-scientific information is the domain of specialists in laboratories. The division between professionals and laypeople, the authors claim, is simply outmoded. The authors argue that laboratory research should be complemented by everyday experimentation pursued in the real world, and they describe various modes of cooperation between the two. They explore a range of concrete examples of hybrid forums that have dealt with sociotechnical controversies including nuclear waste disposal in France, industrial waste and birth defects in Japan, a childhood leukemia cluster in Woburn, Massachusetts, and Mad Cow Disease in the United Kingdom. They discuss the implications for political decision making in general, and they describe a "dialogic" democracy that enriches traditional representative democracy. To invent new procedures for consultation and representation, they suggest, is to contribute to an endless process that is necessary for the ongoing democratization of democracy.

Et s'il fallait enfin tirer les conséquences des crises à répétition que nos sociétés traversent lorsqu'elles sont confrontées aux débordements inattendus des sciences et des techniques ? S'il fallait en finir une bonne fois pour toutes avec la vision héroïque des décisions tranchantes et tranchées que le souverain prend en situation d'incertitude et en toute méconnaissance de cause ? Si Alexandre rengainait son épée, le monde s'effondrerait-il ? Non, mais la démocratie, elle, en ressortirait fortifiée. Tel est le propos des auteurs de ce livre. Ces derniers refusent les traditionnelles oppositions entre spécialistes et profanes, professionnels de la politique et citoyens ordinaires. Ils concentrent plutôt leur attention sur les nouvelles relations entre savoir et pouvoir qui émergent des controverses sociotechniques et sur les procédures inventées pour les traiter. L'enjeu est de taille : faire apparaître les conditions dans lesquelles les sociétés démocratiques vont se rendre capables d'affronter les défis des sciences et des techniques, redéfinir un espace public réunissant non pas des individus désincarnés mais des femmes et des hommes pris dans des histoires singulières. Après l'âge de la démocratie délégative, celui de la démocratie dialogique ?