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Depuis 2009, les banques centrales achètent massivement des titres de dette publique. Cette politique d’assouplissement quantitatif (QE) a fait exploser la taille de leur bilan et certains y voient de facto une monétisation des dettes publiques. La monétisation, concept flou dans le débat public, est associée à l'image d'une banque centrale « faisant tourner la planche à billets », ce qui en pratique ne correspond pas aux opérations conduites aujourd'hui. La monétisation devrait se traduire par i) une économie d'intérêts payés par le gouvernement, ii) une création de monnaie, iii) permanente (ou durable) et iv) refléter un changement implicite de l'objectif des banques centrales ou de leur cible d'inflation. Le QE se distingue de la monétisation parce qu'il ne crée pas de la monnaie mais des réserves excédentaires. Les caractéristiques de ces réserves sont très différentes de celle de la monnaie. Elles sont soumises à un taux d'intérêt et ne circulent qu'au sein du système bancaire. Le QE permet de réduire la charge d'intérêts payée par le gouvernement mais ne modifie pas ses obligations à l'égard du remboursement de la dette. Cette politique est efficace pour limiter la hausse des taux d'intérêt souverains, notamment leurs écarts dans la zone euro, et améliorer la soutenabilité des dettes publiques. Elle montre cependant ses limites en tant qu'outil de stabilisation macroéconomique. Une politique de monétisation, qui elle crée de la monnaie, serait probablement plus efficace en termes de stabilisation de la croissance nominale. Elle requiert cependant une plus forte coordination avec la politique budgétaire, ce qui la rend plus difficile à mettre en œuvre dans la zone euro. L'annulation de dette publique détenue par les banques centrales est une autre option possible. Son objectif est de donner des marges de manœuvre supplémentaires à la politique budgétaire. Ce choix n'aurait pas d'incidence sur l'orientation de la politique monétaire. Cependant, le signal envoyé aux investisseurs est ambigu : en suggérant qu'un défaut souverain est possible, il pourrait se traduire in fine par une hausse des taux d'intérêt. L'annulation pourrait donc être contreproductive alors que les gouvernements n'ont actuellement aucun mal à financer leur dette et que les taux d'intérêts souverains sont négatifs dans de nombreux pays.

Comparé aux autres pays de l'OCDE, le capital public en France est élevé ainsi que la qualité des infrastructures. Mais la tendance depuis dix ans n'est pas favorable. L'investissement public brut est sur une tendance décroissante depuis maintenant plusieurs années. Le taux de croissance de l'investissement public net montre une chute plus importante encore. Cela signifie que la dépréciation du capital public et des infrastructures n'est que très partiellement compensée. La valeur patrimoniale des administrations publiques est encore positive mais a subi une chute importante et atteint un point bas inquiétant. En effet, la dette publique a cru plus vite que le capital public. En plus des effets de long terme, les analyses montrent que l'investissement public a l'avantage de stimuler l'activité économique à court terme. Pendant la période de crise de la Covid-19, il faut s'attendre à des effets positifs importants en France du fait de la situation économique courante. L'investissement public est presque autofinancé en période de récession. Les collectivités locales sont le premier investisseur public. Elles réalisent près de 70 % de l'investissement public civil. L'investissement public pour les ouvrages de génie civil, le logement, l'éducation et la protection de l'environnement est principalement réalisé par les collectivités locales. Trois fonctions de l'investissement public demandent un effort particulier. La première est la maintenance des infrastructures existantes, en particulier de génie civil. La seconde est la transition énergétique et l'investissement pour la biodiversité, dont les montants totaux nécessaires sont élevés. Enfin la troisième concerne les infrastructures de l'économie numérique. Le plan de relance de 100 milliards d'euros indique une inflexion encore modeste en faveur de l'investissement public. En effet, les montants nécessaires sont élevés sur plusieurs années. À court terme, l'enjeu essentiel est la mise en œuvre rapide de l'investissement public afin de bénéficier à la fois des effets de court et long terme.

Ce travail de prévision a été réalisé sur la base d'un retour progressif à une situation sanitaire moins contrainte (i.e. des mesures prophylactiques proches de celles de l'été 2020) à partir du deuxième trimestre 2021. Dans le monde, la valeur ajoutée ne retrouvera son niveau de fin 2019 qu'à la fin 2021, après une chute de plus de 10 % au deuxième trimestre 2020, impliquant ainsi la perte de deux années de croissance du fait de la crise sanitaire. En partant de notre prévision réalisée en octobre 2019, l'évaluation de cette perte d'activité liée à la crise de la Covid-19 fin 2021 se situe entre -2 points (Allemagne et Italie) et -6 points de PIB (Espagne). Pour la Chine, la perte serait de 2,3 points de PIB. Dans les principaux pays développés, une épargne «forcée» s'est constituée durant la crise sanitaire. À la mi-2020, nous l'évaluons à près de 90 milliards de livres sterling pour les ménages britanniques soit 12 points de leur revenu disponible (RdB), à plus de 60 milliards d'euros en France et en Allemagne (respectivement 8,6 et 7,6 points de RdB) et est proche de 40 milliards d'euros en Espagne et en Italie (respectivement 10 et 6,4 points de RdB). Cette épargne moyenne cache la dynamique de la pauvreté. En France, sur l'ensemble de l'année 2020, nous prévoyons une baisse de 9% du PIB. 55% du choc serait absorbé par les administrations publiques. Les entreprises verraient leur revenu se réduire de 56 milliards (ce qui correspond à 41 % du choc) et leur taux de marge baisserait de 4,2 points de valeur ajoutée sur l'année. La baisse de revenu pour les ménage serait limitée (-5 milliards) et l'accumulation d’«épargne Covid» serait élevée, représentant 86 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année 2020. Pour 2020 le déficit atteindrait -8,9% de PIB, un maximum historique depuis que les comptes nationaux sont disponibles. En 2021 le déficit public s'établirait à -6,3% du PIB. Le nombre de chômeurs augmenterait de 810 000 sur l'année 2020 et le taux de chômage atteindrait 11% en fin d'année. Le chômage baisserait de 400 000 personnes en 2021 et le taux de chômage serait de 9,6 % de la population active fin 2021, soit 1,5 point de plus que son niveau observé fin 2019. Le Plan de relance améliorerait le PIB à hauteur de 1,1% pour 2021 et la croissance serait de 7%. Le calibrage budgétaire des mesures de réponse à la crise sur deux ans couvre environ 30% des pertes cumulées d'activité sur 2020-21, soit une part similaire au plan de relance de 2009-2010. En 2022, les nouvelles mesures issues du Plan de relance auraient un impact de 0,9 point de PIB sur l'activité.

Publication date 2020-10
AGHION Philippe
BUNEL Simon
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La destruction créatrice est le processus par lequel de nouvelles innovations viennent constamment rendre les technologies et activités existantes obsolètes. C’est le processus par lequel les emplois nouvellement créés viennent sans cesse remplacer les emplois existants. Ce livre invite le lecteur à repenser l’histoire et les énigmes de la croissance à travers le prisme de la destruction créatrice et à remettre en cause nombre d’idées reçues. Pourquoi les révolutions technologiques et l’automatisation créent plus d’emplois qu’elles n’en détruisent. Pourquoi concurrence et politique industrielle ne sont pas antinomiques. Pourquoi l’impôt n’est pas le seul moyen de rendre la croissance plus juste. Pourquoi la croissance n’est pas correctement mesurée. Pourquoi la stagnation séculaire n’est pas une fatalité. Pourquoi l’industrialisation n’est pas une étape indispensable dans le processus de développement. Pourquoi la taxe carbone n’est pas l’unique levier d’une croissance plus verte. Pourquoi, avec des politiques publiques appropriées, la destruction créatrice ne nuit pas à la santé et au bonheur. Pourquoi l’innovation a besoin du marché, de l’État, mais également d’une intervention active de la société civile. Le Pouvoir de la destruction créatrice est à la fois une exploration des ressorts de la prospérité économique et un guide pour penser l’avenir du capitalisme. [Résumé éditeur]

1 ■ La France est excédentaire dans les secteurs de la pharmacie et de la chimie. Elle est plus à la peine dans celui du matériel médical et partage avec les autres pays riches un fort déficit dans le secteur du textile. Les importations de produits chimiques et pharmaceutiques proviennent plus d'Europe que d'Asie. 2 ■ Les intrants nécessaires à la production dans ces secteurs proviennent égale-ment plus d'Europe que d'Asie mais la part des intrants chinois a fortement augmenté, notamment dans l'industrie chimique. 3 ■ La crise de la COVID-19 a déclenché de fortes tensions sur l'approvisionnement de produits spécifiques comme les ventilateurs, les masques et tout autre équi-pement de protection. En l'espèce, la part importée de ces produits est très élevée, en particulier en France. Les prix de ces produits ont fortement augmenté, surtout quand l'offreur était en situation de monopole comme la Chine dans le textile. 4 ■ L'identification des produits critiques dépend du niveau d'observation mais même un niveau très désagrégé peut se montrer insuffisant à révéler les straté-gies des acteurs commerciaux qui importent pour réexporter. 5 ■ La France est vulnérable aux tensions d'approvisionnement sur les produits et équipements médicaux et notamment sur les réactifs pour réaliser les tests séro-logiques. Elle a intérêt, ainsi que les autres États européens, à anticiper une réponse européenne à de possibles tensions sur ce produit, principalement fourni par les États-Unis.

Dès le déclenchement de ce « fait social total » que fut la pandémie de Covid-19, la communauté scientifique de Sciences Po s'est lancée dans des analyses collectives et interdisciplinaires pour tenter de comprendre sa signification. Sidérant, impensable, incompréhensible, un événement-monde comme la pandémie de Covid-19, au moment où il se produit, prend autant de sens différents que d'acteurs chargés de le gérer et d'en parler : responsables politiques, scientifiques, médecins, médias, réseaux sociaux… Dans cette cacophonie interprétative, les sciences sociales sont d’une grande utilité. Dès le déclenchement de ce « fait social total », la communauté scientifique de Sciences Po s’est lancée dans des analyses collectives et interdisciplinaires pour tenter de comprendre sa signification. Il n’est pas seulement nécessaire d’éclairer les aspects éruptifs et disruptifs de telles crises, mais aussi de saisir ce qu’elles révèlent de nos sociétés et ce qu’elles leur font, alors que nous devons apprendre à exister avec le coronavirus, peut-être pour longtemps.

in Journal of Public Economics Publication date 2020-10
EYQUEM Aurélien
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A tractable incomplete-marketmodel with endogenous unemployment risk, sticky prices, real wage rigidity and a fiscal side is calibrated to Euro Area countries and used to analyze the macroeconomic effects of lockdown policies. Modeling them as a shock to the extensive margin of labor adjustment – a rise in separations – produces large and persistent negative effects on output, unemployment and welfare, raises precautionary savings and lowers inflation, in line with early evidence about inflation dynamics. Modeling lockdowns as a shock to the intensive margin – a fall in labor utilization – produces small and short-lived macroeconomic and welfare effects, and implies a counterfactual rise in inflation. Conditional on a lockdown(separation) shock, raising public spending or extending UI benefits by large amounts is much more effective in stimulating the economy than during normal times. Quantitatively however, the ability of such policies to flatten the output and unemployment curves remains limited, even though these policies can alleviate a reasonable share of the aggregate welfare losses from the lockdown.

“Greater cohesion in an increasingly fractured world: Where now for the European project?”. This was the theme of the 16th EUROFRAME Conference on economic policy issues in the European Union, which was held on 7 June 2019 in Dublin. EUROFRAME is a network of European economic institutes that includes: DIW Berlin and IfW Kiel (Germany), WIFO (Austria), ETLA (Finland), OFCE (France), ESRI (Ireland), PROMETEIA (Italy), CPB (Netherlands), CASE (Poland) and the NIESR (United Kingdom). Since 2004, EUROFRAME has organized an annual conference on an important subject for Europe’s economies. In 2019, 27 researchers made presentations, most of which are available on the conference website. This article provides a summary of the work presented and discussed during the conference.

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The results of the June 2016 referendum in favour of the UK leaving the EU opened a period of huge economic and political uncertainty in the UK, and in the EU27. A large number of official and academic analyses have been published that address the economic impact of different modalities of Brexit. Section 1 analyses possible models for the future UK-EU relationship, from remaining in the single market and in the customs union, to a Free Trade Agreement (FTA) or world trade organization (WTO) rules. Section 1 also discusses the future of UK trade regulations (tariff and non-tariff barriers, trade agreements) and the various channels through which Brexit could have an impact on the UK economy (trade, foreign direct investment (FDI), migration, productivity, fiscal policy). The UK must make a trade-off between ensuring access to the EU market and increasing its regulatory autonomy. Section 2 surveys studies released on the impacts of Brexit, over short-and long-term horizons, under different scenarios, from a soft Brexit to a hard Brexit and a no deal scenario. These studies provide very different results depending on the methods they use and the assumptions they adopt on the future relationship between the UK and the EU27, mainly on how they view the effects of trade openness and regulations on productivity, in level as in growth rate. Studies usinggravity models and computable general equilibrium models generally find negative but small effects on UK GDP. Some studies increase these effects by adding the negative impact of a less open UK economy on labour productivity growth, even if Brexiteers want to open the UK to non-EU economies. Others believe that a liberalisation shock could boost output growth, but the UK is already a very liberal economy. The impact of Brexit on the GDP of the EU27 countries is on average 4 to 5 times smaller than on UK GDP, although some countries (Ireland in particular) are more affected. In the shorter term, uncertainty about Brexit has a negative effecton investment and exports, which is partly offset by lower interest rates and exchange rates.

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ECB’s asset purchase programmes have been implemented at different times in different economic environments and may pursue different objectives. From the point of view of removing financial fragmentation and taming sovereign stress in the euro area, the PEPP has been successful so far. Moreover, this outcome was obtained without fully using its potential resources. To date and contingent on the available set of information, the current monetary stance has not gone too far and it retains some ammunitions. This document was provided by Policy Department A at the request of the Committee on Economic and Monetary Affairs (ECON).

in Alternatives économiques. Hors-série Publication date 2020-08-11
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Le meilleur recouvrement des pensions impayées par les pères permet de diminuer les dépenses publiques mais n’augmente pas toujours le revenu des mères isolées. Il conduit même à une baisse dans certains cas.

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We simulate the impact of the Covid-19 crisis on corporate solvency using a sample of around one million French nonfinancial companies, assuming they minimize their production costs in the context of a sharp drop in demand. We find that the lockdown triggers an unprecedented increase in the share of illiquid and insolvent firms, with the former more than doubling relative to a No-Covid scenario (growing from 3.8% to more than 10%) and insolvencies increasing by 80% (from 1.8% to 3.2%). The crisis has a heterogeneous effect across sectors, firm size, and region. Sectors such as hotels and restaurants, household services, and construction are the most vulnerable, while wholesale and retail trade, and manufacturing are more resilient. Micro-firms and large businesses are more likely to face solvency issues, whereas SMEs and medium-large firms display lower insolvency rates. The furlough scheme put forward by the government (activité partielle) has been very effective in limiting the number of insolvencies, reducing it by more than 1 percentage point (approximately 12,000 firms in our sample). This crisis will also have an impact on the overall efficiency of the French economic system, as market selection appears to be less efficient during crisis periods relative to “normal times”: in fact, the fraction of very productive firms that are insolvent significantly increases in the aftermath of the lockdown. This provides a rationale for policy interventions aimed at supporting efficient, viable, yet illiquid firms weathering the storm. We evaluate the cost of such a scheme aimed at strength-ening firms' financial health to around 8 billion euros.

in Economics Letters Publication date 2020-07
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This paper investigates whether economic activity dynamics predict GDP revisions using panel data from 15 OECD countries. We find that economic activity predicts GDP revisions: early releases tend to overestimate GDP growth during slowdowns — and vice-versa. We also find that the source of the predictability could be related to the sampling of information collection. Finally, the predictability comes from short-term economic activity dynamics rather than business cycle position.

Depuis la prise de conscience fin février dernier de la diffusion de l'épidémie de coronavirus, l'économie mondiale a subi un choc inédit bouleversant le paradigme conjoncturel. Comme le laissait pressentir l'évolution des indicateurs infra-trimestriels, les chiffres de croissance du PIB concrétisaient déjà, dans leur version provisoire, les effets économiques du confinement sur les deux dernières semaines du premier trimestre. Toutefois, au vu du degré de sévérité des fermetures, on pourrait s'attendre à des révisions importantes du PIB à la baisse comme à la hausse. Nous évaluons ensuite l'impact de choc sur l'économie mondiale en partant des tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD). Les différentes mesures de mises en place pour le mois d'avril auraient un impact de-19 % sur la valeur ajoutée au niveau mondial. Tous les secteurs et tous les pays ne seraient pas impactés de la même manière. Au niveau sectoriel, la branche de l'hébergement-restauration enregistrerait une diminution de 47 % de sa valeur ajoutée au niveau mondial. Au niveau géographique, l'Europe serait la zone la plus touchée, notamment l'Espagne, l'Italie et la France avec des chutes de valeur ajoutée de plus de 30 points. Bien que l'Allemagne ait subi une baisse moins importante de l'activité, en lien avec des mesures de confinement moins restrictives dans l'ensemble, le pays souffre cependant de sa forte exposition à la demande étrangère. Cette modélisation permet ensuite de décrire l'incidence du choc d'activité sur la demande de travail pour le mois d'avril. Pourtant, si l'ajustement de la demande de travail au choc de production est très marqué, l'impact final sur l'emploi salarié apparaît in fine, au moins en Europe, faible au regard des pertes potentielles d'emplois, en raison de la mise en œuvre de dispositifs d'activité partielle similaire. En l'absence d'un tel mécanisme, les États-Unis connaissent de plus fortes destructions d'emplois salariés, qui atteignent 14,6 % de l'emploi salarié total.

in Quantitative Economics Publication date 2020-07
FULLER David
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In this paper, we investigate the causes and consequences of “unclaimed” unemployment insurance (UI) benefits. A search model is developed where the costs to collecting UI benefits include both a traditional “fixed” administrative cost and an endogenous cost arising from worker and firm interactions. Experience rated taxes give firms an incentive to challenge a worker’s UI claim, and these challenges are costly for the worker. Exploiting data on improper denials of UI benefits across states in the U.S. system, a two-way fixed effects analysis shows a statistically significant negative relationship between the improper denials and the UI take-up rate, providing empirical support for our model. We calibrate the model to elasticities implied by the two-way fixed effects regression to quantify the relative size of these UI collection costs. The results imply that on average the costs associated with firm challenges of UI claims account for 41% of the total costs of collecting, with improper denials accounting for 8% of the total cost. The endogenous collection costs imply the unemployment rate responds much slower to changes in UI benefits relative to a model with fixed collection costs. Finally, removing all eligibility requirements and allowing workers to collect UI benefits without cost shows these costs to be 4,5% of expected output net of vacancy costs. Moreover, this change has minimal impact on the unemployment rate.

Nous analysons les effets de la pandémie de la Covid-19 et des mesures prophylactiques engagées sur l'activité économique, l'emploi et les revenus des agents économiques durant la période allant du 17 mars 2020 au 5 juillet 2020. Les huit semaines de confinement ont conduit à une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 32 %. Pendant la période de déconfinement progressif du 11 mai au5 juillet 2020, l'activité se serait réduite de -11 points de PIB par rapport à la situation prévalant avant la crise, signifiant un retour partiel à l'activité « normale ». L'impact de la crise sanitaire serait massif sur la croissance annuelle de l'activité économique française en 2020 : au cours de ces seize semaines, la perte de PIB représente165 milliards d'euros et pèserait de 6,6 points sur la croissance du PIB de l'année2020. Les stabilisateurs automatiques et les politiques engagées pendant la pandémie pour préserver le tissu économique conduisent les administrations publiques (APU) à absorber 58 % de la perte d'activité. Les ménages et les entrepreneurs individuels encaissent une perte de revenu de 14 milliards, soit près de 10 % du total, les entreprises devant donc absorber un tiers de la perte de revenu, plus de 50 milliards d'euros. Les pertes de revenu des ménages sont plus que compensées par la diminution de la consommation, engendrant une épargne « forcée » atteignant 75 milliards d'euros sur les seize semaines. Cette épargne est concentrée au sein des ménages les plus riches. Le dispositif d'activité partielle constitue un instrument majeur de l'absorption du choc. Il permet d'indemniser les entreprises effectivement touchées par les conséquences de la pandémie, tout en limitant les destructions d'emplois et la perte de revenu des salariés. Les motifs principaux de recours à l'activité partielle évoluent : baisse d'activité pendant le confinement, gardes d'enfant et vulnérabilité au virus pendant les premières phases du déconfinement. Si le recours au dispositif « vulnérable » reste limité, il pourrait être un facteur plus déterminant au cours des prochains mois dans le cas d'un éventuel rebond de la pandémie.

in Research Briefs in Economic Policy Publication date 2020-07
AGHION Philippe
BUNEL Simon
JARAVEL Xavier
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What are the effects of automation in the labor and product markets? A host of factors may be at play. Automating the production process may displace certain workers, raising the possibility of technological unemployment, but these displacement effects could be offset by a productivity effect. Automation may induce productivity gains, increase market demand and the scale of production, and in turn increase labor demand. Depending on the extent to which productivity gains are passed through to consumers by producers, consumers could benefit from lower prices or producers could retain higher profits. Finally, because of business-stealing effects from firms that automate and displace their competitors, the industry-level employment and the price and profit effects of automation may differ from their firm-level or plant-level impacts. [First paragraph]

Depuis la mi-mars, de nombreux pays ont mis en place des mesures de confinement incitant les populations à limiter les interactions physiques afin d'enrayer la crise sanitaire due à la pandémie de la Covid-19. Ces dernières se sont traduites par une baisse de la demande qui s’est ensuite diffusée à l’ensemble de l’économie à travers le tissu productif. Dans cette étude, nous étudions la transmission des mesures de confinement en vigueur en avril2020 à l’économie mondiale en mobilisant les tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD) publiés en 2016. Selon notre évaluation, les mesures de confinement et de distanciation sociale mises en place à leur niveau du mois d’avril conduiraient à une baisse de 19 % de la valeur ajoutée mondiale. La dépendance vis-à-vis de l’étranger, à travers les exportations nettes (tourisme compris), constitue une fragilité supplémentaire face à une crise de cette ampleur. Les pays les plus impactés par les mesures de confinement prises en avril sont les pays européens. En premier lieu ceux où le confinement a été le plus strict, en particulier la France, l’Espagne et l’Italie mais également ceux pour lesquels la contribution extérieure à la baisse de l’activité est plus importante, malgré des politiques de confinement moins sévères, l’Allemagne étant particulièrement affectée par ce canal.

La COVID-19 a provoqué une crise sanitaire et économique sans précédent dans l'histoire récente. Le changement brutal du fonctionnement de l'économie a conduit les économistes à adapter rapidement leurs outils d'analyses et leurs prévisions économiques. Il a fallu d'abord comprendre l'état de l'économie dans un contexte de grande incertitude sur l'évolution épidémiologique ainsi que sur les comportements des ménages et des entreprises. Cette crise singulière conduit à repenser les concepts-clés de l'analyse économique. On identifie quatre nouvelles questions : quel sens donner à l'évolution des prix des services quand la notion même de qualité ne peut être mesurée ? Comment la crise est-elle socialement partagée ? De quelle façon l'économie est-elle financée ? Qu'est-ce qu'un choc d'offre et un choc de demande et quelles sont leurs implications sectorielles ?

Les huit semaines de confinement, du 17 mars 2020 au 10 mai 2020 ont conduit à une contraction du produit intérieur brut (PIB) de 32 %. Pendant la période de déconfinement progressif du 11 mai au 5 juillet 2020, l'activité resterait inférieure à son niveau d'avant-confinement de 11 points de PIB, signifiant un retour partiel à l’activité « normale ». Les seize semaines de confinement et de déconfinement pèseraient pour 6,6 points de PIB sur la croissance annuelle de 2020. La pandémie de la COVID-19 et les mesures prophylactiques engagées ont déclenché une perte d’activité jamais observée en temps de paix. [Premier paragraphe]

in OFCE Policy Brief Publication date 2020-06-26
JUSOT Florence
BERTOCCHIO Jean-Philippe
VENTELOU Bruno
WITTWER Rico
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En France, l'entame d'une sortie du confinement depuis le 11 mai s'est accompagnée de préconisations visant à réduire les contacts pour les populations dites « vulnérables », c'est-à-dire à risque accru de formes graves de Covid-19 en raison de leur âge ou de leurs pathologies. Ainsi, le décret du 5 mai 2020 définit la « vulnérabilité » au sens de l'article 20 de la Loi du 25 avril 2020, c'est-à-dire comme pouvant donner droit au dispositif d'activité partielle. Selon nos estimations, en excluant les critères liés à l'âge, la France métropolitaine compte 12,6 millions de personnes vulnérables soit 24 % de la population. Même si la prévalence des pathologies à risque est liée à l'âge, elle reste importante aux âges actifs et même si un nombre important de personnes vulnérables sont hors de l'emploi, en raison de leur âge, mais aussi de la sélection par la santé dans l'emploi, ce sont 4,8 millions de personnes vulnérables qui occupent un emploi, soit 17,5 % des personnes en emploi. Si la pratique du télétravail est théoriquement possible pour certains ces travailleurs, 3,5 millions d'actifs occupés répondraient aux critères de vulnérabilité sans possibilité de travailler à distance dont 2,8 millions de salariés. Ceux-ci sont concentrés parmi les artisans et les commerçants, les ouvriers et dans une moindre mesure les employés. De même, les salariés des secteurs de l'agriculture, du commerce, de la construction, ou encore de l'industrie agroalimentaire sont plus impactés du fait à la fois d'une prévalence plus forte de la vulnérabilité et d'autre part d'une propension à télétravailler plus faible que les cadres ou les professions intermédiaires. Selon nos estimations, sous l'hypothèse que l'ensemble des salariés éligibles à l'activité partielle pour vulnérabilité y recourt, et sous l'hypothèse que ces derniers ne sont pas déjà en activité partielle pour cause de baisse de l'activité de leur entreprise, l'indemnisation des 2,8 millions de salariés concernés coûterait 2,8 milliards d'euros par mois à l'État et l'Unedic et 400 millions d'euros aux entreprises. Si la question du recours aux dispositifs de protection, que nous discutons en détail, est centrale pour appréhender les conséquences économiques de la protection des salariés vulnérables, notre évaluation permet d'estimer l'impact économique de mesures de reconfinement ciblées qui pourraient être mises en place en cas de rebond épidémique et qui se traduiraient par un retrait systématique des personnes vulnérables en emploi ne pouvant pas télétravailler. Ces mesures ciblées permettraient d'atténuer le choc économique d'un reconfinement.

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Nous simulons l'impact de la crise Covid-19 sur la solvabilité des entreprises à partir d'un échantillon d'un million d'entreprises françaises (Données FARE 2017). Par défaillance, nous entendons l'état de cessation de paiement de l'entreprise, c'est-à-dire quand les fonds propres de l'entreprise sont négatifs. [Premier paragraphe]

in OFCE Policy Brief Publication date 2020-06-18
HOLZNER Mario
WATT Andrew
WITTWER Jérôme
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■The Recovery Fund recently proposed by the EU Commission marks a sea-change in European integration. Yet it will not be enough to meet the challenges Europe faces. There has been much public debate about financing, but little about the sort of concrete projects that the EU should be putting public money into.■Here we propose a 10-year, €2tn investment programme focusing on public health, transport infrastructure and energy/decarbonisation. ■It consists of two pillars. In a national pillar Member States — broadly as in theCommission proposal — would be allocated €500bn. Resources should be focused on the hardest-hit countries and front-loaded: we suggest over a three-year horizon.■The bulk of the money —€1.5tn — would be devoted to finance genuinely European projects, where there is an EU value added. We describe a series of flagship initiatives that the EU could launch in the fields of public health, transport infrastructure and energy/decarbonisation. ■We call for a strengthened EU public health agency that invests in health-staff skillsand then facilitates their flexible deployment in emergencies, and is tasked withensuring supplies of vital medicines (Health4EU). ■We present costed proposals for two ambitious transport initiatives: a dedicated European high-speed rail network, the Ultra-Rapid-Train, with four-routes cuttingtravel times between EU capitals and regions, and, alternatively, an integrated European Silk Road initiative that combines transport modes on the Chinese model. ■In the area of energy/decarbonisation we seek to “electrify” the Green Deal. We call for funding to accelerate the realisation of a smart and integrated electricity gridfor 100%-renewable energy transmission (e-highway), support for complementary battery and green-hydrogen projects, and a programme, modelled on the SURE initiative, to co-finance member-state decarbonisation and Just Transition policies.■The crisis induced by the pandemic, coming as it does on top of the financial and euro crises, poses a huge challenge. The response needs to take account of the longer-run structural challenges, and above all that of climate change. The European Union should rise to these challenges in the reform of an ambitious medium-runrecovery programme, appropriately financed. An outline of such a programme isset out here by way of illustration, but many permutations and options are available to policymakers.

in OFCE Policy Brief Publication date 2020-06-08
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Au-delà de la stabilité des prix, les traités de l’Union européenne attribuent à la Banque centrale européenne (BCE) une série d’objectifs secondaires qui lui permettent, dans certaines limites, d’élargir le spectre de ses interventions. Se pose cependant la question de la capacité de la BCE à poursuivre effectivement ces objectifs secondaires tout en respectant son mandat initial. Nous étudions le lien existant entre la stabilité des prix et ces objectifs en vue d’établir si ces derniers sont indépendants, complémentaires ou substituables, ce qui est déterminant pour préciser la définition du mandat. Selon notre analyse, la BCE ne dispose pas d’une marge de manœuvre suffisante pour atteindre les autres objectifs dans le cadre de son mandat actuel. Nous proposons donc d’élargir le mandat afin d’y intégrer l’emploi et la stabilité financière et de renforcer la coordination avec les États membres de la zone euro pour favoriser la satisfaction de ces objectifs.

in OFCE Policy Brief Publication date 2020-06-08
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In a statement announcing the review of its monetary policy strategy, the Euro-pean Central Bank (ECB) stated that it will, in addition to price stability, also take into account how “other considerations, such as financial stability, employment and environmental sustainability, can be relevant in pursuing the ECB's mandate”. The key question is which precise objectives shall be taken into account and how the ECB might reach them, keeping in mind that some trade-offs vis-à-vis the primary objective may arise. [First paragraph]

in OFCE Policy Brief Edited by HEYER Eric, TIMBEAU Xavier Publication date 2020-06-05
Observatoire français des conjonctures économiques
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Dans la continuité du OFCE Policy brief, n° 66, nous évaluons l'impact du choc de la pandémie du Covid-19 sur l'économie mondiale en avril 2020 en partant des tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD). Selon notre évaluation, au mois d'avril 2020, le PIB mondial a chuté de 19 % tandis que le commerce mondial a baissé de 25 %. Au niveau mondial, la valeur ajoutée de la branche de l'hébergement-restauration aurait diminué de 47 %. De même la fermeture des commerces non essentiels décidée dans nombreuses économies avancées ferait reculer la valeur ajoutée du commerce de 43 %. Ensuite, les secteurs liés à la mobilité auraient eux aussi été fortement touchés : la valeur ajoutée aurait chuté de 35 % dans la fabrication de matériels de transport et de 28 % dans le transport et entreposage. De la même façon qu'au niveau des branches, les pertes d'activité ne sont pas uniformément réparties géographiquement. Les régions les plus touchées par les mesures prises au mois d'avril se situent en Europe : l'Espagne, l'Italie et la France font partie des pays les plus affectés et connaissent des chutes de valeur ajoutée de plus de 30 points (pouvant aller jusqu'à 36 % en Espagne). Parmi les économies avancées, les États-Unis et l'Allemagne connaissent des chutes d'activité moins fortes (de 22 % et 24 % respectivement) en lien avec des mesures de confinement moins restrictives dans l'ensemble. Si l'Allemagne connaît les pertes domestiques les plus modérées, le pays souffre cependant de sa forte exposition à la demande étrangère. En revanche, les États-Unis limitent l'impact du choc par leur relative fermeture commerciale. La baisse d'activité liée aux fermetures étant plus marquée dans les secteurs à plus forte intensité de main-d'œuvre, en avril, l'impact de la crise sur la demande de travail est plus fort que l'impact sur la valeur ajoutée. C'est tout particulièrement le cas aux États-Unis et au Royaume-Uni, pays qui enregistrent une baisse de la demande de travail très forte alors que le recul de la valeur ajoutée y est plus faible qu'ailleurs. Pour protéger l'emploi, les gouvernements des pays européens ont mis en place des filets de sécurité visant à limiter le coût social de cette crise en mutualisant les salaires que les entreprises ne peuvent plus verser à travers le chômage partiel. En avril, l'activité partielle couvrirait 77 % des emplois salariés touchés en France, 83 % au Royaume-Uni, 72 % en Espagne, 75 % en Italie et 59 % en Allemagne. Dans le cas des États-Unis, le dispositif d'activité partielle n'existe pas (ou très marginalement). Au total, aux États-Unis, les destructions d'emplois pourraient concerner 22,4 millions de salariés. En Europe, le mécanisme d'activité partielle en tant qu'amortisseur majeur de l'incidence de la crise sur le marché du travail a limité les licenciements. C'est en France et en Italie qu'ils seraient les plus faibles (malgré un choc économique conséquent) : 3 % des emplois salariés frappés par la crise. En Allemagne l'importance des destructions d'emplois salariés s'explique par les pertes d’emploi touchant 1,5 million de minijobbers, non éligibles au chômage partiel : ceux-ci représentent les 4/5e des 19 % de pertes d'emplois salariés.

Le Fonds de relance récemment proposé par la Commission européenne marque un changement radical dans l’intégration européenne. Mais cela ne suffira pas pour relever les défis auxquels l’Europe est confrontée. Le financement a fait l’objet de nombreux débats, mais peu de choses ont été dites sur le type de projets concrets auxquels l’UE devrait consacrer le Fonds de relance. Nous proposons dans le Policy Brief OFCE, n° 72, un programme d’investissement de 2 000 milliards d’euros sur dix ans, axé sur la santé publique, les infrastructures de transport et l’énergie/décarbonisation. [Premier paragraphe]

À la fin du mois d’avril, ou à la mi-mai pour certains pays, les instituts statistiques nationaux des pays développés ont publié une première version des comptes du premier trimestre. Marquée d’abord par la détérioration des perspectives du commerce et du tourisme, puis progressivement à partir de la mi-mars par l’instauration de mesures de confinement destinées à lutter contre la propagation du virus, l’activité économique était attendue en forte baisse sur l’ensemble du trimestre. Sans surprise, les chiffres de croissance du PIB ont déjà concrétisé, dans leur version provisoire, les effets économiques de ce confinement durant les deux dernières semaines du trimestre. [Premier paragraphe]

En indiquant une chute de plus de 21 %, les chiffres de la production dans l’industrie manufacturière pour le mois d’avril, publiés par l’INSEE le 10 juin, ont douché l’espoir entretenu par les enquêtes de la Banque de France d’un effondrement de moindre ampleur par rapport au mois de mars. [Premier paragraphe]

Publication date 2020-06 Collection Monetary Dialogue Papers
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Beyond price stability, the EU Treaties assign to the ECB a range of secondary objectives. We investigate the linkages between price stability and these objectives to assess whether they are independent, complementary or substitutable, which is important to refine the definition of the mandate. Keeping the current mandate would not provide leeway for the ECB to reach other objectives. We propose to broaden the mandate to include employment and financial stability. Enhanced coordination should contribute to fulfilling the objectives. This document was provided by the Policy Department for Economic, Scientific and Quality of Life Policies at the request of the committee on Economic and Monetary Affairs.

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