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Enquête ethnographique portant sur les immigrés d’origine subsaharienne, réalisée entre 2006 et 2011 (en France) par Jacques Barou et une équipe de chercheurs, notamment de la cellule Recherche de la CNAV, en sociologie, en anthropologie et en démographie. Le terrain, conduit entre 2006 et 2010 en régions parisienne et lyonnaise, repose sur la base d'entretiens semi-directifs conduits avec deux générations d’immigrés (parents et enfants d'une même famille). Le matériau, recueilli auprès de vingt-deux familles originaires de treize pays d’Afrique, est complété par quatre focus groups ainsi que des notes d’observations. L'enquête interroge le statut des immigrés noirs en France, à travers leurs trajectoires et les représentations qu'ils s'en font. La comparaison intergénérationnelle des visions de la migration, du pays et de la culture d'origine, ou encore de la famille apporte un éclairage nuancé sur des concepts centraux de la sociologie de l'immigration tels que l'identité ou l'intégration. Les entretiens permettent aussi de comprendre les discriminations, les contraintes sociales, économiques et politiques dans lesquelles les individus évoluent, ainsi que les différentes opportunités qui s'ouvrent à eux. L'analyse qui en a découlé a été publiée aux éditions Armand Colin et livre la diversité et la complexité de l'immigration subsaharienne en France.

Le CDSP propose des services et outils de données pour la communauté nationale des sciences sociales : documentation, traitement, diffusion et archivage d'enquêtes et de données quantitatives et qualitatives. Après un rappel historique des missions du CDSP, la présentation passe d'abord en revue les différents services traitant des données électorales et quantitatives (sur Nesstar, Quetelet, Vizlab), avant de faire un zoom sur la banque d'enquêtes qualitatives beQuali. Cette dernière propose la diffusion et l'archivage pérenne d'enquêtes qualitatives en sciences sociales. Les différentes étapes de traitement, les choix et procédures techniques, juridiques et documentaires sont passés en revue. L'appel à propositions de dépôt d'enquête dans beQuali est ouvert à l'ensemble de la communauté recherche : les modalités de réponse sont explicités.

Ces dernières années les gisements de données disponibles en sciences sociales se sont multipliés . Développé au CDSP depuis 2010, BeQuali en est un. Cette banque d’enquêtes qualitatives met à disposition de la communauté scientifique des archives d’enquêtes de terrain, afin qu’elles soient réutilisées. Ces enquêtes de sociologie et de science politique mobilisent des techniques comme l’entretien, l’observation, la recherche documentaire ; elles comportent fréquemment des données personnelles et sensibles (car touchant à la politique, à la religion, à la sexualité, etc.). Leur diffusion est au croisement de diverses législations : code du patrimoine, loi informatique et libertés, droit à l'image et protection de la vie privée. Dans cette communication, les enjeux de la diffusion de ces données personnelles et sensibles seront discutés, à partir d'un retour d'expérience. Les problèmes posés par les opérations complexes d'anonymisation des données dans le cadre des activités de beQuali seront plus précisément évoqués. Nous exposerons d'abord l'état de la réflexion en sociologie ou en science politique sur ces problématiques. La sensibilisation des chercheurs à ces questions à travers notamment la réception qu'ils font de la démarche de beQuali sera présentée : faible culture du partage et de la réutilisation des données d'enquêtes ; préventions éthiques (craintes de rupture d'anonymat ou de confidentialité et conséquences sur le contrat de confiance enquêteur-enquêté). Nous exposerons ensuite les problèmes posés par le traitement des données personnelles et sensibles, ainsi que les solutions mises en œuvre en termes d’anonymisation et de confidentialité. Nous expliciterons notamment les principes suivis (règles strictes d’anonymisation sur les marqueurs d’identification directe, mais plus souples sur les marqueurs d’identification indirecte) et les opérations concrètes d’anonymisation, ainsi que les précautions prises en matière de confidentialité (accès contrôlés et sécurisé aux données, conditions strictes de de réutilisations encadrées par une convention). Au total, nous voudrions discuter les compromis que nous sommes amenés à opérer en pratique entre des exigences juridiques floues, des questions éthiques non stabilisées et la nécessité de préserver la richesse scientifique des données pour leur réutilisation, en l’absence de règles déontologiques disciplinaires (bien qu’on observe ces derniers temps l’élaboration de guides de bonnes pratiques au sein de l’IST), compromis qui s’apparentent à une « bonne gestion du risque ». Nous nous baserons sur une réflexion collective fondée à partir de l’examen croisé d’une dizaine de cas pratiques, de l’étude de la manière dont d’autres, dans la littérature notamment, et d’autres plateformes équivalentes ont traité cette question, et des échanges avec des collègues, groupes de travail ou projets proches.

À visées scientifiques et pédagogiques, beQuali collecte et met à disposition des enquêtes qualitatives en sciences sociales sur un site web dédié : www.bequali.fr. Porté par le Centre de données socio-politiques (UMS 828 Sciences Po – CNRS), ce projet constitue l’un des trois volets de l’Equipex DIME-SHS. Plus qu’un catalogue de métadonnées, il s’agit d’un entrepôt de données de terrain – entretiens ou observations ethnographiques – contextualisées pour permettre leur ré-utilisation. Ces matériaux sensibles, par les informations qu’ils renferment et par l’attachement que leur portent leur auteurs, nécessitent d’articuler plusieurs contraintes juridiques et matérielles. Par ailleurs, la réanalyse, comme objectif scientifique, réactive la valeur d’usage de ces archives, en créant un nouveau cycle de vie des données. beQuali expérimente ainsi de manière originale la gestion des données de la recherche et contribue à la sauvegarde du patrimoine scientifique.

Communication à la journée d’études « Rôle et compétences des professionnels de l’information scientifique et technique pour l’accompagnement des projets de recherche », organisée par le réseau des documentalistes d'Aquitaine (ARPIST), Pessac

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Ces dernières années les gisements de données disponibles en sciences sociales se sont multipliés. Développé au CDSP depuis 2010, BeQuali en est un. Cette banque d’enquêtes qualitatives met à disposition de la communauté scientifique des archives d’enquêtes de terrain, afin qu’elles soient réutilisées. Ces enquêtes de sociologie et de science politique mobilisent des techniques comme l’entretien, l’observation, la recherche documentaire ; elles comportent fréquemment des données personnelles et sensibles (car touchant à la politique, à la religion, à la sexualité, etc.). Sur support papier ou numérique, ces corpus comportent des données textuelles, images ou audiovisuelles. Leur diffusion est au croisement de diverses législations : code du patrimoine, loi informatique et libertés et nouveau Règlement européen pour la protection des données, droit à l'image et protection de la vie privée. Dans ce module, nous reviendrons tout d'abord sur les contraintes de la mise à disposition et de l'archivage des données en sciences sociales. Il s'agira ensuite d'investiguer les enjeux de la diffusion de ce type de données personnelles et sensibles, à partir d'un retour d'expérience des cas traités par l'équipe de beQuali. Les problèmes posés par leur traitement - juridiques, éthiques, scientifiques et pratiques - ainsi que les solutions mises en œuvre en termes d’anonymisation et de protection des enquêtés seront abordés à travers des exemples précis d'enquêtes du catalogue. Les précautions prises en matière de confidentialité seront également présentés. Outre cette réflexion collective à partir de l’examen croisé d’une dizaine de cas pratiques (sur des sujets de recherche plus ou moins sensibles, enquêtes menées sur des milieux d’interconnaissance ou non, corpus composés de transcriptions d’entretiens et/ou de notes d’observation, etc.), l'intervention s'appuiera aussi sur la manière dont d’autres ont pu traiter cette question - dans la littérature, sur d’autres plateformes, ou parmi des collègues proches.

L’enquête « Choisir son école » est le fruit d’une recherche au long cours réalisée par différents groupes de chercheurs, d’enseignants, de doctorants et d’étudiants et dont le pilotage a été assuré par Agnès van Zanten, directrice de recherche au CNRS. Elle interroge le choix de l’école en creusant les stratégies scolaires parentales, en lien avec leurs stratégies résidentielles. Interrogeant pour l’essentiel des membres des classes « moyennes-supérieures », à partir principalement du cas du collège, la recherche s’appuie sur l’agrégation de plusieurs enquêtes menées, entre 1999 et 2005, dans des zones urbaines de la banlieue parisienne – Rueil-Malmaison, Nanterre, Montreuil et Vincennes. Elle a donné lieu à un grand nombre de publications, notamment l’ouvrage Choisir son école, publié par Agnès van Zanten en 2009. Adoptant une démarche compréhensive, la chercheuse étudie les déterminants du choix ainsi que les médiations locales qui les canalisent. Elle propose une typologie des principales modalités du choix de l’école (contournement de la carte scolaire, sortie vers le secteur privé, etc.), en lien avec les stratégies résidentielles éventuellement associées. Elle propose une classification des parents en quatre groupes – technocrates, intellectuels, médiateurs, techniciens – eu égard à la question du choix. Son analyse lui permet d’éclairer le dilemme « bon parent » versus « bon citoyen » et la manière dont les différents types de parents résolvent en pratique ce conflit de rôle. Les documents proposés comprennent surtout des entretiens avec des parents d’élèves, complétés par des entretiens avec des acteurs de l’institution scolaire et quelques notes d’observations. Ils comprennent également de nombreux documents renseignant sur la préparation de l’enquête mais aussi sur la phase d’analyse des matériaux. Le potentiel de réutilisation de l’enquête est important et diversifié (comparaisons, analyse secondaire de thèmes moins exploités à l’origine, enseignement et réflexion méthodologique…).

Réutiliser des matériaux d’enquêtes qualitatives en sciences sociales pour produire de nouvelles recherches et enseigner les méthodes : tel est le questionnement scientifique ayant conduit en 2011 à la création de la banque d’enquêtes qualitatives au Centre de données socio-politiques (CDSP).Le présent article expose les réflexions menées au sein de beQuali autour des enjeux de la réutilisation des données qualitatives. Il détaille pour chaque étape du processus — de la collecte des archives à l’exploration des corpus sur le site Web — les différentes problématiques qui ont préfiguré la mise en place du dispositif beQuali et les moyens mis en oeuvre pour construire et faire fonctionner l’équipement tel qu’il existe aujourd’hui.

Présentation de la banque d'enquêtes qualitatives en sciences sociales - beQuali. Equipement d'excellence développé au Centre de données socio-politiques (CDSP), cette plateforme nationale propose la diffusion et l'archivage pérenne d'enquêtes qualitatives en sciences sociales. Les différentes étapes de traitement, les choix et procédures techniques, juridiques et documentaires sont passés en revue. L'appel à propositions de dépôt d'enquête dans beQuali est ouvert à l'ensemble de la communauté recherche : les modalités de réponse sont explicités.

L’enquête Des femmes en politique est le fruit d’une recherche que Mariette Sineau, aujourd’hui directrice de recherche honoraire au CNRS, a menée au sein du CEVIPOF entre 1983 – date de la première formalisation du projet d’enquête – et 1988 – date d’édition de l’ouvrage qui en a été tiré. Financée par le CNRS dans le cadre d’une Action thématique programmée sur le thème « Recherches sur les femmes et recherches féministes », elle porte sur la constitution des identités et les trajectoires de femmes exerçant des fonctions politiques élevées en France. L’enquête s’appuie principalement sur 41 entretiens conduits avec des femmes politiques qui étaient à l’époque députées, sénatrices, maires de grandes villes (plus de 30 000 habitants) et responsables nationales de partis. Les entretiens ont été réalisés entre mai 1984 et juillet 1985, en région parisienne essentiellement. L’enquête montre que les femmes politiques restent encore majoritairement prisonnières des images d’elles-mêmes que leur entourage leur renvoie, et notamment du sentiment de transgresser la division sexuée du travail ainsi que les principes fondamentaux de la hiérarchie entre les sexes. Ces représentations varient cependant selon la situation personnelle des femmes, les politiques des partis vis-à-vis de la parité, ou encore selon des variables plus contextuelles comme les cultures politiques régionales. L’enquête explore également la manière dont les femmes déclarent agir en fonction de ces représentations. Sont décrites d’abord des pratiques de surcompensation. Est également soulignée l’apparition de pratiques autonomes chez certaines de ces femmes, voire l’émergence d’une conscience féministe parmi quelques-unes d’entre elles.

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