Type
Article
Titre
La place des femmes dans la société française
Dans
Lettre de l'OFCE
Auteur(s)
BADINTER Elisabeth - Communication, Culture et Société (C2SO) (Auteur)
Éditeur
FR : Presses de Sciences Po
Numéro
245
Pages
1 - 4 p.
ISSN
16399129
Résumé
FR
À l’heure où l’Europe fixe des objectifs de taux d’emploi et d’égalité des sexes, il est utile de pointer les dysfonctionnements de la politique publique qui freinent l’avancée de la France dans ce domaine. Si les femmes sont massivement entrées sur le marché du travail depuis les années 1960, leur situation y reste inférieure à celle des hommes : inégalités devant les salaires, chômage, sous-emploi, segmentation du marché du travail… L’une des multiples causes est relative aux charges familiales qui restent l’apanage des femmes et pèsent sur leur activité. Si l’État n’a pas à intervenir dans la sphère privée, il doit lever les obstacles qui empêchent les femmes d’accéder au marché du travail. Il est donc de son ressort de limiter l’effet de la présence d’enfants sur l’emploi féminin. La position de la France est ambiguë. D’un côté les efforts réalisés dans les années 1970 pour développer la garde collective (crèches et école maternelle dès trois ans) ont facilité l’accès au marché du travail des mères, mais de l’autre côté l’instauration en 1986, puis l’extension en 1994, de l’allocation parentale d’éducation (APE), qui rémunère à un demi-SMIC le parent qui cesse de travailler pour s’occuper de l’enfant pour une durée de trois ans, a induit un retrait massif des mères de jeunes enfants (particulièrement celles peu qualifiées). Adoptée en période de chômage de masse, cette mesure ressemble davantage à une politique de l’emploi destinée à désengorger le marché du travail qu’à une politique familiale. Ce congé, qualifié de « neutre », affecte les individus de façon différenciée (moins de 2 % des bénéficiaires sont des pères) et engendre une discrimination indirecte (...).

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT