Type
Article
Titre
Les conflits gelés et/ou non résolus sont-ils insolubles ? Les cas du Karabakh et de l’Abkhazie
Dans
Etudes du CERI
Auteur(s)
MERLIN Aude - Université Libre de Bruxelles (ULB) (Auteur)
Centre de recherches internationales (Editeur scientifique)
Éditeur
FR : Centre de recherches internationales
Numéro
228-229
Pages
32 - 37 p.
ISSN
12978450
Mots clés
Eurasie, espace postsoviétique, conflits « gelés », Karabakh, Abkhazie
Résumé
FR
En avril 2016, la guerre dite « des quatre jours » qui a éclaté au Karabakh et à la frontière arméno-azerbaïdjanaise est venue rappeler à quel point le conflit entre Azéris et Arméniens, que d’aucuns définissaient comme « gelé », ne l’était pas. Cette guerre-éclair, qui aurait fait près de trois cents victimes, souligne la situation d’instabilité et de « ni guerre, ni paix » qui prévaut depuis le cessez-le-feu de 1994 : entre cette date et 2016, les victimes se sont comptées en milliers. En 2016 toujours, le 16 novembre, le Conseil de la Fédération de Russie a ratifié l’accord sur la mise en place d’un contingent armé commun avec l’Abkhazie, suite à la signature en novembre 2014 d’un accord de partenariat stratégique russo-abkhaze. Ces deux événements témoignent, en miroir, de situations très différentes : le conflit semble pouvoir s’embraser à tout moment au Karabakh, tandis qu’il paraît « figé » en Abkhazie, du fait du rapport de forces militaires et de l’insertion de l’Abkhazie dans l’espace sécuritaire russe après la reconnaissance par la Russie en 2008 de son indépendance. Ces deux conflits dits « gelés » trouvent leurs ressorts, comme ceux d’Ossétie du Sud et de Transnistrie, dans la double conjonction d’une histoire spécifique de la construction ethnoterritoriale à l’époque soviétique, et des tentatives de la Russie postsoviétique de rétablir une influence sur ses voisins de l’« étranger proche », en jouant opportunément sur les séparatismes internes aux nouveaux Etats indépendants. En Géorgie, le conflit abkhaze a été précédé du conflit sud-ossète, selon un scénario tout à fait voisin, et Tskhinvali appartient également aujourd’hui à l’espace de sécurité russe, séparé de la Géorgie par des barbelés. En Moldavie, la Transnistrie, bande territoriale peuplée d’une majorité de Russes et d’Ukrainiens, échappe au pouvoir de Kichinev depuis le conflit de l’été 1992, et continue d’héberger la 14e armée russe.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT