Type
Communication non publiée
Titre
L'énergie, nouvel enjeu des politiques urbaines. Réflexions théoriques à partir de Beyrouth, Amman et Tunis
Nom de la conférence
Villes, acteurs et pouvoir dans le monde arabe et musulman
Date(s) de la conférence
2012-10-29 / 2012-10-30
Lieu de la conférence
Lyon, FRANCE
Mots clés
énergie, ville, gouvernance urbaine
Résumé
FR
Le propos de cette communication est de proposer une réflexion synthétique à propos des enseignements de recherches menées ces dernières années dans les trois villes sus-citées. Traditionnellement construite comme une question de politique internationale, centrée sur les échanges d'hydrocarbures, la question de l'énergie dans les pays du sud de la Méditerranée prend de nouvelles dimensions en lien avec les injonctions liées au développement durable et l'émergence des énergies renouvelables. Toutefois, le principal facteur de transformation du secteur reste une croissance très forte de la demande, sensible notamment dans les villes, et des tensions importantes sur les prix. Les injonctions liées au changement climatique et portées par les institutions internationales se surajoutent à une tension existante, qui se traduit localement par des pénuries et des hausses de tarifs, ainsi que par des mobilisations qui portent en premier lieu sur ces questions. Le Liban en offre un exemple dramatique, lié à l'héritage jamais surmonté de la guerre civile, de sorte que les coupures d'électricité atteignent 12 à 15 heures par jour. Mais pratiquement aucun pays de la rive sud n'est épargné par de telles coupures, qui peuvent également concerner le gaz. Les protestations contre les hausses des tarifs de l'électricité sont à la une depuis des mois en Jordanie, et l'Egypte et la Tunisie expérimente des pénuries ponctuelles de gaz de bouteille qui suscitent la colère. Cette colère sociale - et plus largement ces pressions également ressenties par les acteurs productifs par exemple - suscite divers types de politiques publiques dont le fait nouveau est la part croissante que revendiquent dans leur définition les institutions urbaines, en lien avec divers acteurs économiques localisés et, bien entendu, les acteurs classiques du secteur énergétique (institutions gouvernementales, opérateurs énergétiques). On peut distinguer deux grands volets de ces politiques : une réorganisation institutionnelle marquée par l'esprit du new public management, impliqué une libéralisation et une privatisation partielle du secteur ; le développement d'une nouvelle offre énergétique, telle que le développement du gaz de ville (Le Caire, grandes villes tunisiennes), des projets de construction de centrales nucléaires (projet controversé dans les environs d'Amman en Jordanie) ou le développement de programmes d'énergies renouvelables. Ades degrés et selon des formes diverses, ces nouveaux projets impliquent la participation d'acteurs locaux et imposent la prise en compte d'enjeux urbains dans leur élaboration et leur réalisation. Le contexte des révoltes arabes vient amplifier ces transformations, notamment en permettant un renouvellement des registres contestataires et de participation des publics. Ce contexte joue aussi sur un deuxième plan : l'exigence de démocratie qui soutient ces mouvements va de pair avec l'affirmation, dans certains contextes, d'une décentralisation et donc, d'une meilleure prise en considération des intérêts de divers acteurs locaux. On en donnera quelques illustrations.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT