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Le processus de coopération internationale pour lutter contre le dérèglement climatique a essuyé plusieurs revers depuis la signature des Accords de Paris en 2015 et la question des responsabilités respectives n'est toujours pas tranchée. La problématique sous-jacente, à savoir comment partager les efforts pour atteindre la neutralité carbone, est toujours en suspens et l'approche par les contributions déterminées au niveau national (INDCs en anglais) n'en a pas encore permis la résolution. Ces dernières années, le concept de budget carbone s'est imposé comme l'un des plus efficaces pour objectiver la contrainte climatique. Il repose sur l'idée que seule une quantité limitée d'émissions de carbone peut être relâchée dans l'atmosphère si l'on veut limiter la hausse de la température mondiale à +2°C par rapport à l'ère préindustrielle, et dans la mesure du possible à +1,5°C, comme décidé lors des Accords de Paris. En comparant ce à quoi notre budget carbone nous engage à ce qui est fait pour réduire notre empreinte carbone, nous calculons une distance à cette contrainte climatique. Exprimée en euros, cette distance, dénommée dette climatique, évalue ce que nous ne payons pas en reportant la mise en œuvre de mesures d'atténuation. En utilisant plusieurs règles de répartition de l'effort, et reconnaissant qu'elles ne font pas encore l'objet de négociations ni de consensus sur comment y parvenir, nous calculons cette dette climatique pour les principaux pays de l'UE. Trois recommandations de politiques publiques émergent de ce travail. Premièrement, il ne reste plus que quelques années avant que les principaux pays européens aient épuisé leur budget carbone compatible avec la cible de +2°C. Concernant celle de +1,5°C, la majorité des pays de l'UE ont déjà épuisé ce budget et sont donc en situation de déficit climatique excessif. De plus, la dette climatique apparaît comme l'un des enjeux majeurs des décennies à venir dans la mesure où elle représente déjà plus de 50 % du PIB de l'UE si l'on prétend rester sous la barre des 2°C de hausse de température (120 % pour rester sous celle des +1,5°C). Enfin, les résultats de notre étude sont sujets à de nombreuses hypothèses, à la fois éthiques et techniques, qui appellent à un approfondissement de cette évaluation, primordiale pour les politiques environnementales, de la part des institutions publiques et de centres de recherche indépendants.

Pour une large part, la macroéconomie environnementale se développe à l'écart des débats théoriques qui agitent les autres champs d'étude de la macroéconomie appliquée. En témoigne la faible représentation des questions environnementales dans les revues d'économie généralistes ou dans les manuels de macroéconomie avancée. Si l'environnement n'est jusqu'ici pas considéré comme un thème à même de faire progresser la connaissance en macroéconomie, il est depuis les années 1990 au moins un sujet important d'application des modèles macroéconomiques. En particulier, ces derniers sont utilisés pour analyser et quantifier les effets économiques de la transition vers un système de production et de consommation soutenable. Nous proposons d'apporter un éclairage sur l'état de l'art en macroéconomie environnementale appliquée. Plus particulièrement, nous nous attacherons à identifier les spécificités de cette thématique de recherche, qui expliquent les choix théoriques et empiriques qui y sont pratiqués.

■ La transition énergétique est une opportunité pour l'économie française, avec 0,1 % de croissance annuelle supplémentaire pendant trente ans ; ■ Le coût complet d'un mix électrique renouvelable devient compétitif avec le mix actuel à forte pénétration nucléaire ; ■ Il est urgent d'accélérer la transition dès le prochain quinquennat, afin d’arrêter l'accumulation inutile de capital intensif en carbone ; ■ La transition énergétique se doit de figurer au cœur du projet des candidats à la prochaine présidentielle.

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From COP24’s disappointing final agreement to France’s abandonment of the carbon tax increase due to the “gilets jaunes” movement… it seems that concerns about climate change have fell to the very bottom of the global political agendas. (First paragraph)

L'Union européenne (UE) a acquis au cours des deux dernières décennies une position de leader dans la lutte contre le changement climatique. Cependant, malgré les progrès significatifs réalisés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au cours de cette période, l'efficacité du pilotage de la politique climatique et énergétique au niveau de l'UE demeure insatisfaisante. Dans cet article, nous nous efforçons d'identifier le rôle que l'UE peut jouer pour faciliter la mise en œuvre de politiques de transition énergétique ambitieuses. Tout d'abord, si la gestion des projets liés à la transition énergétique est généralement mieux adaptée au niveau local ou national, le niveau européen reste le plus approprié pour collecter des fonds ou piloter des infrastructures transnationales de réseaux d'énergie et de transport. Ceci est mis en évidence par une analyse des projets financés par le Fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI). Deuxièmement, au-delà des objectifs au niveau de l'UE, la coordination entre les États membres sur la définition de leurs infrastructures énergétiques est essentielle. Un déploiement réussi des énergies renouvelables nécessite un haut niveau d'intégration pour surmonter les difficultés liées à l'intermittence. Des stratégies opposées peuvent avoir des effets négatifs, ralentir la tendance actuelle des investissements dans les capacités renouvelables et empêcher ainsi l'UE de respecter les engagements déterminés par ses États membres au niveau national (Intended Nationally Determined Contributions, INDC). La coordination entre les politiques énergétiques nationales devrait être assurée au niveau de l'UE, qui pourrait associer plus efficacement les différentes sources de financement, constituer un marché de capacité et même définir une politique commune de la taxe carbone à côté du système d'échange de quotas d'émissions (Emissions Trading System, ETS). Enfin, la conception des politiques d'atténuation du changement climatique devrait mettre davantage l'accent sur les bénéfices commerciaux potentiels que l'UE peut tirer de sa position de leader dans ce domaine. La quasidisparition de l'industrie photovoltaïque européenne face à leurs concurrents chinois devrait faire prendre conscience aux autorités européennes que l'avantage actuel est fragile. Malgré une position significative de leader dans de nombreux domaines de lutte contre le changement climatique, les dividendes économiques dont l'UE pourrait profiter ne sont pas assurés par les politiques actuellement mises en œuvre. Il s'agit notamment d'aller au-delà de la recherche en R&D en consacrant davantage d'efforts à la commercialisation de produits et technologies innovants liés à la transition énergétique.

La transition énergétique est une opportunité pour l'économie française, avec 0,1 % de croissance annuelle supplémentaire pendant trente ans ; ■ Le coût complet d'un mix électrique renouvelable devient compétitif avec le mix actuel à forte pénétration nucléaire ; ■ Il est urgent d'accélérer la transition dès le prochain quinquennat, afin d’arrêter l'accumulation inutile de capital intensif en carbone ; ■ La transition énergétique se doit de figurer au cœur du projet des candidats à la prochaine présidentielle.

in Alternatives économiques. Hors-série Publié en 2019-02
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Les pays de l'Union européenne en font toujours trop peu pour décarboner leurs économies. Et leur "dette climatique" s'accroît. On assiste tous les ans au même scénario. D’un côté, la dégradation de l’environnement devient de plus en plus évidente, les perspectives du climat de plus en plus dramatiques et l’avenir dépeint par les rapports du Groupe intergouvernemental des experts sur l’évolution du climat (Giec) de plus en plus sombre ; de l’autre, la mise en oeuvre de politiques climatiques vigoureuses ne dépasse pas ou presque pas le stade des slogans. Le prix du carbone reste bas lorsqu’il est introduit : la Banque mondiale calcule ainsi qu’un peu moins de 20 % des émissions de carbone sont couvertes par un prix dont la valeur moyenne est de... 7,20 $ par tonne1 ! Même s’il faut se féliciter du fait que les investissements dans les énergies renouvelables dépassent désormais ceux dans les énergies conventionnelles, leur part dans la production mondiale, lorsqu’on exclut l’hydroélectrique, reste autour de 12 %. Ainsi, les émissions globales de CO2 continuent d’augmenter à un rythme de 1,5 % par an2. Un rythme certes moins rapide que pendant les années 2000, mais on reste encore bien loin d’un début de décarbonation.

in Alternatives économiques. Hors-série Publié en 2019-02
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Transition Le mouvement des gilets jaunes l'a rappelé : les politiques visant à faire changer les comportements par les prix sont difficiles à manier. Zoom sur les différentes solutions possibles. Le mouvement des "gilets jaunes" apparu en octobre 2018 avait pour motivation initiale le rejet de la hausse de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). Le gouvernement a renoncé finalement à la nouvelle augmentation de cette taxe prévue pour le 1er janvier 2019. Venant après les tentatives infructueuses de 2000 et 2010 de mise en place d’une fiscalité carbone, ce recul fait apparaître la difficulté d’utiliser des instruments de politiques économiques visant à modifier les comportements des agents via les prix, alors même que l’urgence de la lutte contre le changement climatique est reconnue par une majorité de Français.

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Six ans après l’échec de la conférence de Copenhague, la France s’apprête à accueillir en décembre 2015 la 21e Conférence des Parties, où pourrait se conclure un accord mondial sur la lutte contre le réchauffement climatique. Comme l’a souligné le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son cinquième rapport d’évaluation, l’urgence climatique n’a jamais été plus pressante. Il devient indispensable de réduire de façon rapide et massive les émissions de gaz à effet de serre pour que la température moyenne du globe ne s’élève pas de plus de deux degrés au-dessus du niveau moyen des températures préindustrielles d’ici à 2100. Cet objectif des deux degrés est considéré comme le seuil à ne pas dépasser pour éviter de courir le risque de déclencher des cycles de rétroactions climatiques qui pourraient conduire à un changement climatique autoentretenu et incontrôlé. Alors que le gouvernement français s’engage fortement dans la préparation des négociations afin de maximiser les chances de parvenir à un accord, il convient d’examiner la politique climatique française, et en particulier l’un de ses instruments les plus débattus : la taxation des émissions de CO2, plus communément appelée « taxe carbone ».

in COGITO, la lettre de la recherche à Sciences Po Publié en 2017-10
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1er juin 2017 : Les États-Unis quittent l’accord de Paris. Coup de tonnerre dans un monde a priori consensuel autour de l’objectif de réduire les émissions des gaz à effet de serre. A priori, car le diable est dans les détails, surtout quand il s’agit d’établir un partage précis des responsabilités. Si l’on parle bien de responsabilité différenciée – les pays en voie de développement devant être moins pénalisés que les pays historiquement industrialisés, la vraie question n’est pas définitivement tranchée : qui est responsable de quelles émissions ? Comment établir des politiques plus efficaces et plus justes ? C’est à ces questions que l’OFCE cherche à répondre en participant, avec des partenaires européens, à un projet de recherche au bénéfice de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

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