Type
Working paper
Title
Politiques et performances macroéconomiques de la zone euro : institutions, incitations, stratégies
In
Documents de travail de l'OFCE
Author(s)
LAURENT Eloi - Observatoire français des conjonctures économiques (Author)
CREEL Jérôme - Observatoire français des conjonctures économiques (Author)
LE CACHEUX Jacques - Observatoire français des conjonctures économiques (Author)
Collection
Documents de travail de l'OFCE : 2007-23
Abstract
FR
L’économie européenne, et en particulier celle de la zone euro, affichent des performances macroéconomiques visiblement moins bonnes que celles des autres régions du monde, alimentant le sentiment du déclin de l’Europe et les discours sur la nécessité de réformes structurelles et d’allégement des coûts du travail et de la protection sociale, afin de rendre à l’Union européenne sa compétitivité. Si le bien fondé du diagnostic n’est guère discutable, du moins dans ses grandes lignes et surtout pour la zone euro, l’identification des causes du mal et les remèdes proposés le sont, quant à eux, bien davantage. En effet, les institutions et les règles mises en place dans la zone euro pour gérer la monnaie unique et encadrer le maniement des politiques budgétaires nationales apparaissent clairement inappropriées, du moins dans l’interprétation généralement faite des textes européens, à la poursuite de politiques ambitieuses et coordonnées de croissance. Les autorités monétaires sont trop exclusivement préoccupées par la stabilité monétaire, dans une acception particulièrement étroite de la notion, et la politique monétaire apparaît donc insuffisamment réactive aux ralentissements et trop rapidement restrictive en cas de reprise. Cela renforce les biais procycliques contenus dans le Pacte de stabilité, en tout cas tel qu’il était interprété avant la réforme du printemps 2005. Cette règle budgétaire comporte en outre des incitations peu favorables aux politiques de croissance durable. Et le policy mix qui émerge spontanément des stratégies adoptées par les différents acteurs en réponse à ces institutions et règles engendre des évolutions du taux de change de l’euro qui poussent les gouvernements nationaux des États membres à privilégier les stratégies non coopératives, notamment la « désinflation compétitive » et la concurrence fiscale et sociale, en outre souvent encouragées par les instances européennes (Banque centrale européenne et Commission), par la composition même de l’UE, de plus en plus dominée par un nombre important de « petits pays » qui trouvent leur compte dans ces stratégies, et par les procédures communes. Ces tendances à des comportements nationaux opportunistes sont dommageables à l’Union dans son ensemble, et ne pourraient être contrées que par l’institution de meilleures règles du jeu macroéconomique, ou simplement par une interprétation des traités plus favorable à l’émergence de stratégies coopératives.

BIBLIOGRAPHIC QUOTE
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