Type
Article
Titre
Les effets productifs de l’occupation lors du « mouvement Gezi » (Turquie, 2013)
Éditeur
FR : Éditions La Découverte
Pages
1 - 8 p.
ISSN
12916412
Mots clés
Mouvement de Gezi, Turquie, Société civile, Mobilisations collectives
Résumé
FR
Le coup d’État manqué du 15 juillet 2016 permet au président Erdogan d’accélérer la mise en place du régime autoritaire annoncée depuis l’intensification de la guerre au Kurdistan l’été dernier puis la répression des signataires de la pétition « Universitaires pour la paix » (voir les textes d’Ayşen Uysal, de Çağla Aykaç et de Ferhat Taylan). Les deux jours suivants, au moins 45 000 fonctionnaires ont été suspendu·e·s, arrêté·e·s, licencié·e·s, « démissionné·e·s » essentiellement au sein de l’Education nationale, de la police et de l’armée. Une semaine après, des dizaines de médias (radios, télés, journaux…) sont contraints de cesser leur activité. Les conditions pour un referendum constitutionnel donnant au président les coudées franches n’ont jamais été aussi favorables. Dans ce contexte, la mémoire des mobilisations du parc de Gezi, à Istanbul, au printemps 2013, pourrait paraître dérisoire. Elle n’a pourtant peut-être jamais été aussi importante. D’une part, ce mouvement de Gezi n’est pas sans lien avec la répression actuelle. Le président Erdogan a bien saisi que, dans les convergences de luttes et les formes de mobilisation inventées à Gezi, comme le montre ici Elise Massicard, une opposition démocratique inédite avait émergé et irrigué depuis la société civile. D’autre part, la situation actuelle va imposer (encore) de nouvelles formes de résistance et de solidarité adaptées à un Etat cadenassé par le pouvoir central. La mémoire de ce qui a été possible à Gezi et dans son sillage, les réseaux d’entraides et les réflexes de lutte, n’en est que plus cruciale.
CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT