Type
Partie ou chapitre de livre
Titre
La consistance des opinions
Dans
La Démocratie à l’épreuve
Auteur(s)
MAYER Nonna - Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) (Directeur de publication ou de collection)
GRUNBERG Gérard - (Directeur de publication ou de collection)
MAYER Nonna - (Directeur de publication ou de collection)
SNIDERMAN Paul - (Directeur de publication ou de collection)
Éditeur
Paris : Presses de Sciences Po
Pages
19 - 49 p.
ISBN
9782724608755
Mots clés
Démocratie, Opinion politique, Sondages
Résumé
FR
Les limites des enquêtes par sondage sont connues. Les réponses dépendent de la manière dont les questions sont formulées et de la manière dont elles sont comprises d’un individu à l’autre. Elles sont tributaires du moment où elles sont posées. Tout le monde enfin n’a pas nécessairement une opinion sur tout, ou envie de la livrer. Pour les tenants du paradigme « minimaliste », illustré par les travaux d’un Pierre Bourdieu en France, d’un Philip Converse aux États-Unis, le public de masse serait globalement peu informé, ses capacités de raisonnement seraient faibles, et les opinions recueillies par les sondages, surtout dans le domaine politique, seraient souvent superficielles, instables et incohérentes, assimilables à des pseudo-attitudes ou « non-attitudes » (Converse, 1964 et 1971). Le développement récent des sciences cognitives a relancé le débat sur la manière dont se forment les opinions, en particulier politiques, dans le contexte particulier des enquêtes par sondage. L’Américain John Zaller (1992), notamment, propose un modèle explicatif plus sophistiqué qu’on peut qualifier de « constructionniste », qui insiste au contraire sur l’excès d’informations disponibles. Nous sommes exposés à un flot d’informations et de nouvelles, souvent contradictoires. Les personnes les plus intéressées par la politique font le tri, elles en retiennent ce qui va dans le sens de leurs valeurs et de leur orientation idéologique, de manière à la fois critique et sélective. Leurs réponses seront cohérentes et stables. Mais le public, dans sa grande majorité, prête peu attention à la politique et se fait son opinion à mesure qu’il découvre les questions, puisant dans le stock d’informations disponibles en fonction de ce qu’il a en tête à cet instant. La même question posée à un autre moment du questionnaire ou d’une autre manière est susceptible de susciter une tout autre réponse. À partir de prémisses distinctes, les conclusions de John Zaller rejoignent donc celles des minimalistes. [premier paragraphe]

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
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