Type
Article
Titre
Des injonctions politiques aux pratiques sociales : la formation inachevée d’un Etat-nation à Taiwan
Dans
Sociétés politiques comparées
Numéro
36
Pages
5 - 23 p.
ISSN
24291714
Résumé
FR
Après la proclamation de la République populaire de Chine le 1er octobre 1949 à Pékin, le gouvernement nationaliste était officiellement transféré à Taiwan le 7 décembre suivant, Taipei devenant la nouvelle capitale provisoire de la République de Chine. Les Etats du bloc socialiste, des pays asiatiques récemment indépendants, telle l’Inde, ou quelques chancelleries du bloc occidental − sept en Europe dont le Royaume-Uni, membre permanent du Conseil de sécurité − ont aussitôt reconnu la Chine populaire. Mais le déclenchement de la guerre de Corée a freiné la reconnaissance du régime communiste et limité sa participation aux instances internationales, notamment aux Nations unies, où le gouvernement de Taipei a continué d’occuper le siège de la Chine. Il faudra attendre les signes précurseurs, en 1970, d’une future normalisation sino-américaine pour que la quasi-totalité des chancelleries se tournent vers Pékin et rompent avec Taipei, une majorité se dégageant à l’ONU le 25 octobre 1971 pour y troquer une Chine contre l’autre. Ce processus signe la spécificité de la partition de la Chine : contrairement aux autres partitions cristallisées par la guerre froide, comme celles de l’Allemagne et de la Corée, il n’y a jamais eu coexistence à Taiwan, tant au niveau bilatéral qu’au niveau multilatéral, de deux Etats mais substitution de l’un à l’autre, chacun représentant tour à tour l’ensemble du territoire chinois, continental et insulaire...

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT