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Publié en 2021-06-02 Collection Enquêtes : 7
WOOD Matthew
ANGEY Gabrielle
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Les pratiques religieuses contemporaines, marquées à la fois par l’individualisation, le déclin de l’institution et l’essor de nouvelles «spiritualités», peuvent sembler à première vue évacuer les enjeux de pouvoir et d’autorité, au profit de sociabilités moins contraignantes centrées sur l’émancipation personnelle. En s’appuyant sur des enquêtes ethnographiques dans les milieux du «New Âge» mais aussi dans le contexte du méthodisme londonien, Matthew Wood invite à réexaminer cette question du pouvoir afin de réinscrire pleinement le fait religieux dans son contexte social. Il nous montre que si les formes de l’autorité évoluent, celle-ci ne disparaît pas pour autant. Un ensemble de rapports sociaux de pouvoir structurent toujours la vie religieuse, dont la sociologie doit rendre compte afin d’éclairer les transformations en cours au sein des sociétés néolibérales. Ces réflexions dessinent les contours d’une sociologie des religions plus ouverte sur les débats théoriques qui traversent aujourd’hui les sciences sociales, afin de repenser les relations entre religion, classes sociales, ethnicité et sécularisation.

in Genre et islamophobie. Discriminations, préjugés et représentations en Europe Sous la direction de LÉPINARD Éléonore, SARRASIN Oriane, GIANETTONI Lavinia Publié en 2021-06-02
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De récents travaux sur l’islamophobie proposent de conceptualiser cette dernière comme découlant d’un processus de « racialisation » de l’islam. Il s’agit de comprendre comment la figure socialement construite du « musulman » se voit investie de considérations qui ne sont pas purement religieuses (autrement dit en lien avec les croyances et pratiques de l’islam), mais qui renvoient également à l’immuable, à l’héréditaire et au corporel, au sein d’un rapport de pouvoir inégalitaire.

in Cogito. Le magazine de la recherche Publié en 2021-02-27
SIMON Patrick
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Dès leur naissance, les organisations internationales se sont fixé l’objectif de combattre le racisme. Mais, en dépit de nombreuses déclarations, elles se sont heurtées à des dilemmes récurrents dans cette entreprise, au premier rang desquels le caractère ambivalent et profondément contesté de la notion de race. Comment, en effet, lutter contre les discriminations raciales tout en évitant de reproduire des conceptions essentialisantes de la race ? Nombre d’organisations internationales ont adopté une approche pragmatique en refusant d’entrer dans les débats théoriques sur les définitions de la « race » et en se contentant de prendre acte de ses effets réels sur le monde social. C’est à exposer les tenants et aboutissants de ce parcours qu’est consacré le dossier “Petits arrangements avec la race dans les organisations internationales (1945-2019)” (Critique internationale n°86). Interview avec Juliette Galonnier, Assistant Professor au Centre de recherches internationales de Sciences Po et Patrick Simon, directeur de recherche à l’INED qui en ont dirigé l’élaboration. Propos recueillis par Catherine Burucoa, CERI.

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La catégorie de "race" est l’une des plus controversées dans les sphères politique, médiatique et académique. Pour mieux comprendre ces débats, le programme ANR Global Race s’est proposé de la prendre comme objet d’analyse – plutôt que comme outil – en étudiant les différentes théories et stratégies pratiques qui la mobilisent dans le champ scientifique, les politiques étatiques et les mouvements sociaux. Ce programme, accueilli au CERI et à l’INED, a débuté en décembre 2015 et va prendre fin à l’occasion de la conférence de clôture des 14, 15 et 17 décembre 2020. Il a réuni pendant cinq années douze chercheurs et chercheuses issus de plusieurs disciplines en sciences humaines et sociales (sociologie, science politique, histoire, philosophie, philosophie des sciences, anthropologie, droit), qui se sont attachés à répertorier les changements intervenus depuis 1945 dans la façon de conceptualiser la race dans différents domaines (politique, légal, scientifique, statistique), dans une perspective de comparaison internationale...

in Tracés Sous la direction de GALONNIER Juliette, LE COURANT Stefan, Laboratoire D'ethnologie, , NOÛS Camille Publié en 2020-09-02
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The past few years have witnessed the multiplication of seminars, conferences and training sessions devoted to “research data” as well as the development of new infrastructures and the allocation of new financial means to manage them. In line with new policies geared towards “open science” and the “replicability” of research, the current movement for open data enjoins researchers to archive the data they produce and make them available to the public. At the same time, new regulations have emerged regarding the protection of personal data, which reinforce the administrative and bureaucratic constraints that weight upon field research, especially for those working on so-called “sensitive” topics. Finally, the rise of digital surveillance poses unprecedented ethical and technical challenges to researchers willing to secure their data and protect the anonymity of their interviewees. These recent developments place research data at the heart of major political and scientific issues. Faced with a number of contradictory injunctions (protecting data, making them available), researchers have engaged in controversies and debates. Given the many questions and concerns that the current “data moment” provokes, this special issue proposes to take a step back and reflect on our trade and practices: what are data really? What is their role in the work of human and social sciences? What are we (researchers and research personnel) meant to do with such data? And what does the current “data moment” tell us about the changing economics of science? The articles of this special issue make a first contribution to a reflection that must primarily be collective.

in Tracés Publié en 2020-09-02
LE COURANT Stefan
NOÛS Camille
BEAUCHEMIN Chris
BRILHAULT Gwennaëlle
MORISSET Amandine
SIMON Patrick
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L’Institut national d’études démographiques (INED) se distingue dans le paysage de la recherche français par l’attention qu’il porte à la mise à disposition des données issues des enquêtes de ses chercheurs, avec un service dédié depuis les années 1980. Dans cet entretien accordé à la revue Tracés, Gwennaëlle Brilhault, cheffe du service des enquêtes à l’INED, Amandine Morisset, chargée de la documentation des enquêtes, Cris Beauchemin et Patrick Simon, chercheurs à l’INED, mettent en lumière l’ampleur de ce travail de mise à disposition des données et la complexité des questions qu’il pose. Au cours de la discussion, elles et ils abordent tour à tour les défis concrets, en termes de coût et de temps, que pose ce travail ; son manque de reconnaissance ; les enjeux d’utilisation et de propriété intellectuelle qu’il soulève ainsi que le flou qui entoure la question des données dites sensibles. En détaillant la multiplicité des opérations de documentation et de présentation des données, cet entretien révèle que les « données » ne se suffisent pas à elles-mêmes et doivent être accompagnées d’un appareillage conséquent pour pouvoir être mises à disposition.

in Tracés Publié en 2020-09-02
LE COURANT Stefan
PECQUEUX Anthony
NOÛS Camille
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Plan de l'article : - Un moment « données » ; - Données personnelles et données sensibles ; - Définir les données ? ; - Les économies des données

in Critical Muslim Publié en 2020-09
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In every religious tradition, issues of religious authority and leadership are eminently complex and contentious. The religion of Islam on the two sides of the Atlantic is no exception to this rule, especially since it is increasingly diversified in terms of race, ethnicity, gender, age, migration status and class...

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Entretien avec Juliette Galonnier et Patrick Simon- Critique internationale, Revue comparative de sciences sociales, n° 86, janvier-mars 2020. Propos recueillis par Catherine Burucoa

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a été mis en place dans le cadre de la Convention internationale éponyme, adoptée en 1965 et aujourd’hui ratifiée par 182 États. Au cours de ses cinquante années d’existence, ses méthodes de travail ont évolué. Dans un souci de documenter la discrimination de fait (et non seulement de droit), le Comité a, entre autres, été amené à demander aux États de se doter de dispositifs statistiques et catégoriels permettant de mesurer les inégalités entre les différentes composantes, dont ethniques et raciales, de leurs populations. Notre analyse des archives du CERD de 1970 à 2018 et les entretiens que nous avons conduits auprès de plusieurs de ses experts actuels montrent comment la demande de données démographiques faisant apparaître entre autres l’origine ethnique ou raciale s’est imposée en dépit de débats internes entre experts et de nombreuses réticences étatiques. Cette mise en évidence d’un tournant pragmatique dans la lutte contre les discriminations contribue à la littérature sur le rôle de la statistique dans la gouvernance globale ainsi qu’à la littérature sur la question raciale au sein des organisations internationales.

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