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Peut-on demander plus de justice sociale ou la réduction des inégalités de revenus sans faire confiance à l’Etat pour mener ce projet à bien ? La désillusion autour du rôle de l’Etat comme acteur légitime et efficace du changement social est-elle soluble dans l’opposition classique gauche droite sur les enjeux économiques et sociaux ? La défiance envers l’Etat est-elle totalement étrangère au phénomène de montée des enjeux culturels dans le choix de vote depuis les années 1980 ? A travers l’analyse de l’enquête Cevipof 2012 et notamment grâce aux items sur la confiance politique tels qu’issus de l’ANES, ce papier offre une explication politique de l’activation et de la désactivation des dimensions d’attitudes traditionnellement liées au vote (dimension socioéconomique, dimension culturelle) ; de fait, l’analyse démontre comment la défiance envers l’Etat agit directement (et indirectement) sur le choix de vote en atténuant le lien non linéaire entre attitudes socioéconomiques et vote PS ou encore en activant le passage d’une attitude anti-immigré à un vote FN notamment lorsque les individus se positionnent au centre de la dimension socioéconomique traditionnelle.

Many findings have documented the movements of aggregate public opinion on economic liberalism over time. By combining a series of EVS items, we point out that the French grew more skeptical of market capitalism well before the beginning of the Great Recession, and that all income and ideological groups have moved in parallel between 1990 and 2008. Yet by examining the extent to which individual-level differences can mirror the dynamics of politics and inequalities, we show that income does not influence statist attitudes equally on the right and on the left. Ideology thus appears to be a good predictor of attitudes toward economic liberalism and a powerful moderator of the influence of income. Finally, we suggest that the coexistence of different attitude dimensions might explain why the public's demand for redistribution has often been disconnected from election outcomes in France.

Scholars have argued that one of the reasons why Americans tend to oppose redistribution more than elsewhere lies in their low levels of trust in the federal government and a peculiar culture of beliefs in “limited government” (Hetherington 2005; Lipset 1996). The literature has also assumed that trust is highly instrumental to conservatives and wealthier Americans in order for them to support government intervention as we ask them to sacrifice their ideology or their self-interest (Rudolph and Evans 2005). By using Pew data from 1987 to 2009, I report evidence that the very way partisans and income groups form and connect their trusting or distrusting attitudes to their opinions about redistribution might be biased and highly dependent on the partisanship of the presidency. The patterns shown for poor Republicans and richer Democrats at the mass level seem to mirror the advantage of the conservative framing of redistribution at the elite level. It also offers an explanation for the consequential uneasiness of Democrats’ usual response as their coalitions seems divided along income lines. These results imply that rather than a cultural component of the American ethos, distrust in the federal government at the mass level appears to be context-dependent and rationally updated by partisan and income groups along with their opinions about redistribution, thus spurring potentially consequential but uneven effects on policy-making over time.

Sous la direction de TIBERJ Vincent Publié en 2013-09
DENNI Bernard
DOLEZ Charlotte
GOUGOU Florent
LE HAY Viviane
MARTIN Antoine
PEUGNY Camille
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Baisse de la participation électorale dans l’Hexagone en général, et dans les quartiers dits sensibles en particulier, désaffection lignement des catégories populaires vis-à-vis des partis de gauche, montée des votes protestataires, inscription durable du Front national dans le paysage politique : sont les symptômes les plus évidents d’une société et d’un lien électoral et politique tous deux sous tension. Pourtant, on assiste dans le même tempss faits à une modification en profondeur du rapport au politique, entraînant dans son sillage avec à la fois des aspects négatifs, bien connus, mais aussi des conséquences positives. Ainsi, si les citoyens sont plus critiques et défiants, mais c’est parce qu’ils sont plus également plus exigeants et mieux informés. Ils votent moins par sentiment de « devoir », mais peuvent en revanche s’impliquer davantageparticiper plus d’autres manières et par via d’autres canaux. L’objectif de ce livre collectif est de présenter proposer un portrait de cette nouvelle France politique à la lumière des élections de 2012, mais pas seulement : il analyse les données actuelles à la lumière aussi au miroir des évolutions constatées depuis 25 ans tant en termes de nouveaux clivages sociaux que des évolutions majeures sur le plan des en valeurs. Il fait le point sur des sujets aussi importants que le rapport des catégories populaires au vote et l’émergence politique des nouvelles inégalités, notamment la question de la diversité, les recompositions de la citoyenneté, les ressorts des votes FN, les transformations de la gauche et de la droite, notamment. Se dessine ici le portrait d’une nouvelle démocratie française. Vincent Tiberj (sous la dir.), chargé de recherche FNSP au Centre d’études européennes de Sciences Po Paris et maître de conférences à Sciences Po Paris, est spécialiste de sociologie électorale. Il a notamment publié La crispation hexagonale : France fermée contre France « ouverte » chez Plon (2008).

Depuis Mitterrand, en France, les gouvernements socialistes sont-ils condamnés à ne faire qu'un seul mandat ? A partir de l'analyse d'enquêtes post-électorales depuis 2012, la communication revient sur les raisons de la victoire socialiste en 2012 et sur les conditions difficiles de la réélection du Président sortant dans un climat de défiance envers la fonction étatique.

Si nous savons que le parti de la majorité au pouvoir tend souvent à voir ses scores reculer lors des scrutins intermédiaires, les mécanismes qui expliquent de telles défaites au niveau individuel ne sont pas toujours clairement définis. Rapport au politique original et distinct du sentiment de compétence, la défiance envers l’Etat semble paradoxalement avoir été une source de mobilisation pour certains profils d’électeurs lors des Européennes de 2014, et a ainsi pu expliquer selon nous le sort électoral du Parti socialiste et la victoire du Front national. Enfin, en accord avec de précédents résultats sur le scrutin de 2012, la défiance envers l’Etat semble modérer le lien qui existe entre différents types d’attitudes (demande d’Etat, demande d’autorité, rapport à l’Europe) et le vote, constituant une variable intermédiaire clé qui conditionne selon nous le plus fortement le vote socialiste et le vote Front national. Nos résultats démontrent que la compétition PS/FN auprès de l’électorat populaire, trop souvent interprétée du point de vue de la demande d’autorité, ne se fait (1) plus aussi fortement sur l’idée de savoir si « l’Etat doit » (intervenir ou dépenser plus) mais plutôt (2) sur la question de savoir si aujourd’hui « l’Etat peut » (autrement dit, la confiance), une dimension du rapport au politique souvent occultée dans la littérature au profit de la compétence. Dans l’articulation national/européen la défiance envers l’Etat constitue une dimension du rapport au politique qui selon nous redessine de nouveaux modes de mise en responsabilité du parti au pouvoir lors des scrutins intermédiaires, l’obligeant à être plus réactif à des préférences souvent ignorées.

La victoire du 6 mai a été courte et, même si elle vient confirmer des votes antécédents, pour beaucoup la chute rapide de popularité de l’exécutif, puis la série de défaite aux élections partielles accréditeraient la thèse d’une "France de droite vote à gauche". Se reposent ici les questions de ce qu’est la gauche des urnes tout comme la gauche d’en haut, notamment quand on songe au comportement électoral des ouvriers et des catégories populaires. Il ne fait guère de doute que le profil des électeurs de gauche dans les années 2010 n’est plus guère celui des années 70 et 80 au temps où le vote de classe (entendu comme le vote de gauche des ouvriers) dominait dans les urnes. La progression de la gauche dans les centres urbains , portée notamment par la montée des diplômés de l’université, tandis qu’elle s’érode dans les terres ouvrières du Nord et du Sud-Est. Ces évolutions interrogent au sein du PS avec le débat entre la « gauche populaire et Terra Nova dans sa note "Gauche, quelle majorité électorale pour 2012" autour des frontières du "peuple de gauche" mais aussi des priorités politiques et normatives des socialistes. Il ne va pas sans dire que si un camp politique s’interroge, l’autre n’est pas en reste. On constate bien qu’au-delà de la question de l’incarnation du leadership, c’est aussi des conceptions antagonistes de la droite qui s’expriment à travers l’affrontement Copé /Fillon entre une "droite décomplexée" héritière de la "stratégie buissonnière" et la droite libérale "classique". Notre objectif dans ce papier est de contribuer à éclairer ces tensions du point de vue des électeurs en s’inspirant des théories développées autour de la "nouvelle politique".

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Dans nos démocraties modernes, la confiance dans l’État est cette perception essentielle des citoyens que la fonction étatique fournit les moyens d’agir de manière souveraine pour le bien commun, indépendamment de tout intérêt particulier : celui des élus eux-mêmes, des lobbies, des marchés, etc.74 Ainsi, pour les citoyens, avoir confiance dans l’État, c’est quelque part s’attendre à des résultats de politiques ou à des services (publics) qui répondent à terme à leurs préférences sans qu’il soit nécessaire de surveiller constamment l’action des élus. On parle ici d’une confiance en dehors de la logique électorale, c’est-à-dire d’une confiance où chacun renonce à ce que le pouvoir soit constamment paralysé par l’opinion. (Premier paragraphe)

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