Type
Article
Titre
Lutter contre le chômage de masse en Europe
Dans
Revue de l'OFCE
Auteur(s)
STERDYNIAK Henri - Observatoire français des conjonctures économiques (Auteur)
FOURMANN Emmanuel - Agence Française de Développement (Auteur)
LERAIS Frédéric - (Auteur)
DELESSY Henri - Centre d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales (Auteur)
BUSSON Frédéric - Laboratoire d'Automatique et d'Informatique Industrielle de Lille (Auteur)
Éditeur
Paris : Presses de Sciences Po
Numéro
48
Pages
177 - 236 p.
Notes
Cet article a été écrit par l'équipe MIMOSA commune à l'OFCE et au CEPII.
ISSN
12659576
Mots clés
Chômage, Mesure protectionniste
Résumé
FR | EN
En 1994, le nombre de chômeurs devrait dépasser 18 millions dans l'Union Européenne, soit un taux de chômage d'environ 12 %. Selon notre projection, la reprise américaine et la baisse des taux d'intérêt en Allemagne, telle que pourrait la conduire la Bundesbank, ne permettraient pas d'atteindre une croissance suffisante en Europe dans les années à venir pour freiner la montée du chômage dans la plupart des pays européens. Que peut faire la politique économique ? Pour contribuer à ce débat, cet article évalue l'impact sur le chômage en Europe de différentes mesures de politiques économiques envisageables. Il utilise, quand cela est possible, le modèle MIMOSA. Une politique centrée sur une diminution rapide des déficits publics et sur le ralentissement des salaires limiterait encore la demande et contribuerait à prolonger la stagnation. Des mesures protectionnistes envers les importations des zones à bas salaires ne sont guère enviseables, ni politiquement, ni économiquement. Une stratégie de forte baisse de la durée du travail accompagnée d'une réorganisation de la production et d'une certaines baisse des rémunérations mensuelles pourrait aboutir à une forte réduction du taux de chômage sans inflation insoutenable dans la plupart des pays européens, mais ni les entreprises, ni les travailleurs en place n'ont intérêt à l'impulser. Aussi une politique économique plus volontariste serait-elle nécessaire. Elle devrait combiner une baisse forte et rapide des taux d'intérêt et une relance budgétaire temporaire comportant des baisses de cotisations employeurs (centrés sur les bas salaires) et soit des réductions des impôts portant sur les ménages, soit une relance de l'investissement public. Le chiffrage que nous avons proposé fournit un ordre de grandeur et livre une conclusion forte : une telle stratégie peut être efficace, pour un coût budgétaire raisonnable, sans remettre en cause l'objectif de stabilité des prix ; elle peut donc rencontrer l'adhésion des autorités monétaires.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT