Type
Article
Title
La politique, un objet pour la sociologie du travail. Introduction
In
Sociologie du travail
Editor
FR : Le Seuil
Volume
50
Number
2
Pages
137 - 146 p.
ISSN
00380296
Abstract
FR
Le travail n’est pas une catégorie d’analyse, ou même de description, souvent utilisée dans les sciences sociales pour appréhender l’activité politique. Celle-ci est, de fait, une réalité assez fuyante, difficile à circonscrire, rétive à la délimitation : elle est exercée par une population hétérogène, elle n’est pas toujours reconnue comme une activité professionnelle, elle ne peut être aisément référée à un corpus de savoirs ou à des conditions d’apprentissage et de formation, etc. L’activité politique est plus fréquemment saisie à travers le prisme de la professionnalisation. En dépit du patronage de Max Weber (1919), ce terme reste polysémique et fait l’objet d’usages éclatés, ouvrant sur une variété d’éclairages : mouvement historique de codification de l’activité politique (émergence de statuts, règles de rémunération…), transformation des standards de la décision politique et du gouvernement (rôle des expertises, poids des savoirs spécialisés…), évolution des filtres à l’entrée (recrutements sélectifs, compétition électorale…), changements dans la production et la mise en œuvre des politiques publiques (construction d’acteurs en réseau, formes de délégation…), reconfiguration des cercles de conseillers (assistants attitrés ou officieux, cellules stratégiques…), etc. Jusqu’à présent, les travaux de recherche ont généralement ignoré la notion de travail politique, privilégiant celles de rôle politique (Lagroye, 1994 ; Haegel, 1994 ; Lefebvre, 1997 ; Le Bart, 2003), qui tend à saisir le travail politique sous une forme stabilisée, et de métier politique (Fontaine et Le Bart, 1994 ; Politix, 1994 ; Poirmeur et Mazet, 1999), entendu au sens de faisceau de savoir-faire spécifiques (...).

BIBLIOGRAPHIC QUOTE
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