Co-auteur
  • RAYMOND VIDÉN Anna (1)
  • TENENBAUM Elie (1)
  • VAISSE Maurice (1)
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  • Thèse de doctorat (2)
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Cette étude avance l’idée que la relation américano-saoudienne « spéciale » fait partie intégrante d’un récit sur la relation entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite, créé par la compagnie pétrolière ARAMCO et entretenu par Washington au travers de déclarations, doctrines politiques et voyages officiels en Arabie Saoudite. L’Arabie Saoudite elle-même entretient ce récit avec sa diplomatie publique et l’influence exercée par le « lobby saoudien » aux États-Unis. Ce récit souligne l’importance vitale des ressources pétrolières saoudiennes pour la sécurité nationale des États-Unis et la nécessité de défendre le territoire saoudien afin de conserver cet accès. Cette étude démontre également qu’il y a eu, au fil du temps, un certain nombre de remises en question de ce récit principalement sur les questions de droits de l’homme, les valeurs démocratiques, le soutien à Israël et la dépendance énergétique. Ces différents récits donnent lieu à des images alternatives de l’Arabie Saoudite et de l’alliance américano-saoudienne. Enfin, cette étude démontre que des « images préexistantes » de l’imaginaire orientaliste américain portant sur l’islam, l’Orient et la Palestine jouent un rôle dans la cristallisation des images contemporaines de l’Arabie Saoudite aux États-Unis. Si la plupart du temps l’approche des responsables politiques américains à l’égard de l’Arabie Saoudite peut être qualifiée de « pragmatique », des attitudes orientalistes préexistantes sont dévoilées dans des circonstances extraordinaires telles l’embargo pétrolier de 1973-1974, la première guerre du Golfe et le 11 septembre 2001.

Longtemps en marge des pratiques militaires occidentales, la guerre irrégulière fut réintroduite au cours de la Seconde Guerre mondiale sous l’impulsion de la stratégie indirecte adoptée par la Grande-Bretagne. Les réseaux de coopération interalliés permettent alors à ces nouvelles conceptions de se diffuser auprès d’acteurs français et américains, formant ainsi le creuset d’une nouvelle communauté stratégique. L’émergence de la « menace subversive » au début de la guerre froide favorise le renouvellement de cette communauté et le développement des savoirs stratégiques irréguliers tels que la guérilla ou la guerre psychologique. Tantôt dans la coopération, tantôt dans la rivalité, les alliés tissent leur communauté de pratiques, d’abord en Asie du Sud-Est, face à la menace maoïste, puis dans l’ensemble du Tiers-Monde. Au cours des années 1960, ce sont les États-Unis qui prennent la tête de la croisade contre les « guerres de libération nationale » et développent en réponse une stratégie intégrée sous le nom de « contre-insurrection ». L’échec de sa mise en œuvre au Vietnam, ainsi que ses dérives politiques conduisent pourtant au rapide déclin de la stratégie irrégulière en Occident jusqu’à sa réapparition au début du XXIe siècle. En s’appuyant sur un grand nombre de sources primaires et en adoptant les nouvelles méthodes de l’histoire connectée, ce travail met en lumière les structures, les réseaux et les vecteurs qui contribuèrent à la circulation des savoirs associés à la guerre irrégulière. Il en explore également les motivations, ainsi que les limites et tente de proposer un narratif global permettant d’appréhender l’évolution des concepts de guerre irrégulière.