Type
Article
Titre
Migrants ? Réfugiés ? Où en sommes-nous ?
Éditeur
FR : Université Paris VII Diderot
Volume
2018/2
Numéro
51
Pages
13 - 22 p.
ISSN
1243549X
DOI
doi.org/10.3917/tumu.051.0013
Mots clés
migrations, réfugiés, asile, flux
Résumé
FR
Le monde bouge, même si l’essentiel de la population mondiale demeure sédentaire, 3,5% seulement étant en situation migratoire. Ces migrations, tout en se mondialisant (peu de pays sont aujourd’hui à l’écart des dynamiques de départ, d’arrivée et de transit), se sont aussi fortement régionalisées. Des systèmes migratoires régionaux se dessinent, amorçant des complémentarités entre l’offre et la demande de main-d’œuvre autour d’espaces circonscrits par des réseaux linguistiques et culturels transnationaux : le continent nord-américain, l’Amérique du Sud, le continent africain, l’Europe et la rive sud de la Méditerranée, la Russie et ses voisins, la Turquie et ses voisins, l’Asie du Sud-Est, le Japon et l’Australie. Une grande partie des migrants se dirigeant vers ces régions est aussi originaire de ces mêmes régions : Mexicains aux États-Unis, Andins dans le cône sud-américain, Maghrébins et Turcs en Europe, migrants d’Asie centrale en Russie, Africains attirés vers le Maghreb et l’Afrique du Sud, populations du sud-est asiatique au Japon, en Australie et en Corée du Sud. La polémique qui s’est installée récemment sur les « mauvais » migrants et les « bons » réfugiés est un faux débat car les réfugiés et demandeurs d’asile sont tous des migrants (toute personne née dans un pays et qui vit dans un autre pays pour une durée égale ou supérieure à un an, selon la définition de la division de la population du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies). Elle présente de plus le risque d’opposer les Sub-sahariens aux Proche-orientaux, les Africains aux Arabes. Dans la réalité, beaucoup de migrants ont été, ces dernières années, des flux mixtes : partis à la recherche de travail, fuyant des pays en crise et ne leur offrant aucun avenir à leurs yeux. L’absence d’espoir, quelle qu’en soit la cause, est souvent à la source de la décision de quitter leur pays. Elle nourrit la cause des « harragas », ces « grilleurs de frontières » entre le Maghreb et l’Europe, qui recourent à des passeurs pour s’offrir une autre vie, ou ces migrants transsahariens, prêts à tout pour vivre ailleurs. [...]
CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT