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Publication réalisée dans le cadre du séminaire doctoral « L’énergie et l’espace » organisé les 14 juin, 17 mai et 12 avril 2019 par le groupe transversal « Ville et énergie » du Labex Futurs Urbains (Université Paris-Est) -- Du fait d’une dégradation structurelle du réseau conventionnel d’électricité, émergent au Liban des pratiques alternatives dans la production, la transmission et la distribution d’électricité. Alors même que le pays est électrifié à plus de 99%, la sous-production et une gestion erratique des infrastructures entraînent des délestages de 3 à 12 heures par jour, variables selon les régions et les localités. Dans ce contexte de rationnement structurel, le réseau conventionnel n’est plus le paradigme dominant, mais s’articule sous différentes formes avec d’autres dispositifs sur le plan matériel, organisationnel ou politique. Ancrés dans le paysage urbain et dans les pratiques depuis plus de 30 ans, les groupes électrogènes fournissent 84% des ménages pendant les heures de rationnement (ACS, 2020) et sont aujourd’hui intégrés comme une norme dans le quotidien des libanais (Dana Abi Ghanem, 2018). En dépit de leur illégalité, ces dispositifs de fourniture sont tolérés voire encadrés par la puissance publique ce qui leur confère un statut de système « extra-légal pérennisé » (Gabillet, 2010). Parallèlement, les ménages, les grandes entreprises voire les municipalités se dotent de systèmes de production renouvelable locale depuis une dizaine d’années. C’est notamment le système hybride articulant réseau conventionnel, groupe électrogène diesel et panneaux photovoltaïques qui devient structurant dans les territoires les plus rationnés en électricité, passant de solution individuelle à collective. Si le réseau reste un horizon structurant, ces dispositifs d’accès à l’électricité plus complexes et diversifiés sur le plan technologique et organisationnel émergent et tendent à s’inscrire durablement dans le paysage électrique libanais. Face à cette hétérogénéisation croissante et structurelle de l’offre et de la demande de fourniture d’électricité, les mécanismes de régulation locaux et nationaux posent question. De la sécurisation individuelle du réseau à l’autonomie énergétique les modèles présentés dans cet article posent de nouveaux enjeux au système électrique national.

C’est en 2009, lors de la conférence de Copenhague sur le changement climatique, que le gouvernement libanais s’engage à réduire sa dépendance aux énergies fossiles en déclarant que 12 % de la demande en électricité et en chauffage thermique devra être d’origine renouvelable d’ici à 2020. Cette déclaration du Premier ministre libanais en poste, Saad Hariri, s’inscrit dans un contexte international d’injonction forte vers la transition et la décarbonisation du mix énergétique. Cependant, en raison d’une dégradation structurelle du réseau conventionnel, lourdement touché par la guerre civile puis la guerre de 2006, des coupures d’électricité allant de 3 à 17 heures plongent quotidiennement le Liban et ses habitants dans l’obscurité...

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La double explosion du mardi 4 août à Beyrouth, poumon économique du Liban, a entraîné des pertes humaines et matérielles dramatiques alors même que le pays du Cèdre est en plein naufrage économique et pris dans un vent de contestation politique depuis la révolution d’octobre 2019. Dans le contexte de grande fragilité politico-économique que connaît aujourd’hui le Liban, la question de l’accès à l’électricité est essentielle. Celle-ci est au cœur des revendications des Libanais qui dénoncent l’inertie, la gabegie et la corruption qui minent le secteur de l’électricité. Face aux défaillances du réseau conventionnel et dans l’absence de réformes, un ensemble de solutions diversifiées d’accès à l’électricité s’ancrent dans les pratiques et déstabilisent le système électrique libanais.