Type
Numéro de périodique
Titre
Les écrits du travail
Dans
Sociologie du travail
Auteur(s)
ROT Gwenaële - Université Paris 10, Paris Ouest Nanterre La Défense (UP10) (Directeur de publication ou de collection)
BORZEIX Anni - Centre de recherche en gestion (Auteur)
DEMAZIÈRE Didier - Centre de sociologie des organisations (Directeur de publication ou de collection)
Éditeur
FR : Le Seuil
Volume
56
Numéro
1
Pages
160 p.
ISSN
00380296
Mots clés
Ecrits, Travail, Organisation
Résumé
FR
Les écrits, on le sait, circulent en abondance dans les milieux professionnels les plus divers. Aussi nombre de recherches portent-elles sur les formats, les usages et les rôles des écrits dans le travail. Mais la piste suivie ici ne vise pas à rendre compte de ce qui est fait des écrits dans le travail. L’hypothèse centrale repose sur une vision performative des écrits, qui leur prête un pouvoir d’agir, une agency. Elle peut se résumer ainsi : qu’est-ce que les écrits « font » au travail ? Étudier le travail par ses écrits permet d’en articuler deux dimensions trop souvent séparées : les activités situées d’une part, les fonctionnements organisationnels de l’autre. En effet, les écrits sont des traces matérielles et robustes sinon toujours pérennes, des activités concrètes, et ils offrent une prise pour l’analyse rigoureuse du travail au plus près de ses conditions de réalisation. Mais les écrits voyagent et circulent. Ils tissent des liens entre travailleurs, groupes, ateliers, services, firmes, sans lesquels la production ne pourrait pas aboutir. Ils étirent le travail. Les suivre, c’est donc déplacer l’enquête vers d’autres moments que le présent de la situation observée, vers d’autres espaces de travail aussi, à côté, aux alentours. Se révèlent alors les dimensions processuelle et interactive des organisations, leur propriété intégratrice. Ainsi, considérer ce que les écrits font au travail, ce n’est pas seulement se placer à un niveau intermédiaire entre celui de l’action située et celui de l’action organisée. C’est, pour le sociologue, la possibilité d’articuler « sur pièces » ces deux perspectives, en inscrivant l’analyse du travail concret dans des actions collectives plus larges, spatialement et temporellement, et en documentant l’analyse organisationnelle à partir des situations de travail observées. C’est proposer une contribution à une écologie de l’activité plus extensive, plus clairement arrimée à son enveloppe organisationnelle.

CITATION BIBLIOGRAPHIQUE
EXPORT