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Cet article revient sur les acceptions, les généalogies et les usages de la notion d’historicité dans les études africaines. Du caractère historique de longue durée des sociétés africaines à l’articulation des temporalités en passant par les expériences vernaculaires ou savantes du passé, la popularisation de la notion a conduit à la multiplication de ses usages. Préciser ces derniers permet de mieux distinguer l’histoire et la mémoire de l’historicité comprise ici comme un mode de rapport au temps des acteurs sociaux. Les historicités qualifiées de vernaculaires sont souvent opposées à l’histoire académique quand cette dernière peut être saisie par des individus et des collectifs qui la réinterprètent, la transforment, la taisent ou l’ignorent. Explorer ces usages sociaux du temps pourrait ouvrir un champ de recherche attentif à l’histoire comme cause.

in Identification and Citizenship in Africa. Biometrics, the Documentary State and Bureaucratic Writings of the Self Sous la direction de AWENENGO DALBERTO Séverine, BANEGAS Richard Publié en 2021-05-10
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For 40 years, Nigeria has separated its citizens into two categories, ‘indigenes’ and ‘non-indigenes.’ Indigene citizens can trace their genealogical roots back to a community in a specific locality. All local governments issue certificates of indigene to certify this origin, but the techniques of identification and the definition of the term indigene vary radically from one local government to another. This chapter explores the relationship between local government officers, the chiefs working for them, and users seeking a certificate in Oyo State and Plateau State. This bureaucratic relationship is a form of ordinary state-citizen interaction, yet it redefines an exclusive local citizenship. The chapter seeks to understand how applicants engage with these procedures, how ancestral origins are investigated, and the conditions in which issuing certificates of indigene can become a controversial political issue.

Publié en 2021-05-06 Collection IJURR Studies in Urban and Social Change Book Series
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The cities of South Africa and Nigeria are reputed to be dangerous, teeming with slums, and dominated by the informal economy but we know little about how people are divided up, categorised and policed. Colonial governments assigned rights and punishments, banned categories considered problematic (delinquents, migrants, single women, street vendors) and give non-state organisations the power to police low-income neighbourhoods. Within this enduring legacy, a tangle of petty arrangements has developed to circumvent exclusion to public places and government offices. In this unpredictable urban reality – which has eluded all planning – individuals and social groups have changed areas of public action through exclusion, violence and negotiation. In combining historical and ethnographic methods, Classify, Exclude, Police explores the effects and limits of public action, and questions the possibility of comparison between cities often perceived as incommensurable. Focusing on state formation, urbanization, and daily lives, Laurent Fourchard addresses debates and controversies in comparative urban studies, history, political science, and urban anthropology. The book provides a systematic, comparative approach to the practices, processes, arrangements used to create boundaries, direct violence, and produce social, racial, gender, and generational differences.

Compte rendu de l'ouvrage "Contradictions of Democracy: Vigilantism and Rights in Post-Apartheid South Africa", de Nicholas Rush Smith, New York, Oxford University Press, 2019.

in Politische Gewalt im urbanen Raum Sous la direction de JOBARD Fabien, SCHÖNPFLUG Daniel Publié en 2019-10
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Die hohen Mordraten und die wiederholten Ausbrüche kollektiver Gewalt, die seit mehreren Jahrzehnten Nigeria und Südafrika erschüttern, machen die besonders gewaltgeprägte Geschichte dieser beiden Länder nur allzu deutlich - etwa der nigerianische Biafra-Krieg Ende der 1960er Jahre, der Konflikt im Nigerdelta von den 1990er Jahren bis 2006, der "Boko-Haram"-Aufstand seit 2003, die revolten in den südafrikanischen Townships der 1980er Jahre oder die rassistische Gewalt seit dem Ende der Apartheid...

in General Labour History of Africa. Workers, Employers and Governments, 20th-21st Centuries Sous la direction de BELLUCCI Stephano, ECKERT Andreas Publié en 2019-06
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Many expressions in African societies identify groups that operate between the legal and illegal at the frontier of petty and serious crime: tsotsis or skollies in South Africa; wahuni in Tanzania; jaguda boys, boma boys or area boys in Nigeria. They designate broad categories that embrace the criminal, the delinquent, the young and the jobless. For a large section of society, these common labels represent the embodiment of danger, disorder, crime and delinquency. To consider an unemployed young person and a leader of a gang as belonging to the same category shows the difficulty in disentangling joblessness and crime...

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Chronique bibliographique de l'ouvrage : P. Blanchard, N. Bancel, G. Boetsch, D. Thomas et C. Taraud (dir.), Sexe, race et colonies. La domination des corps du XVe siècle à nos jours, Paris, La Découverte, 2018, 544 pages. À peine sorti, l’ouvrage a déclenché une polémique, moins en raison de son contenu écrit, sur lequel les critiques portaient peu, que sur la violence de ses images. De fait, l’ouvrage se présentait non comme un livre universitaire habituel, mais comme un livre au format imposant, affichant en couverture un titre racoleur fait de néons de sexshop, en quatrième de couverture, une femme nue de dos, et proposant un corpus de 1 200 images largement dominé par des photos de femmes et de jeunes filles colonisées dénudées. C’est bien ce contenu iconographique qui a déclenché et alimenté la polémique dans la presse en septembre et octobre 2018. Plus qu’à un livre d’histoire, on aurait à faire à un « beau livre » ou à un « livre porno » ; les éditeurs et l’éditrice n’auraient fait « que reconduire la violence coloniale en exposant sans aucune précaution ces photos de femmes dénudées, racisées et violentées », « ces images ne se contentent pas de représenter des crimes coloniaux : elles en sont l’outil et le prolongement ». Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Gilles Boëstch reprochent à leurs contempteurs de ne pas avoir lu les textes, de n’avoir commenté que les images, et rappellent le caractère scientifique et historique de leur travail. Ce compte rendu les prend aux mots. Avons-nous affaire à un livre d’histoire ou à autre chose ? Et chemin faisant, est-ce que ce projet respecte les fondements déontologiques du métier d’historien et, plus généralement, du chercheur en sciences sociales ?

in To be at Home. House, Work, and Self in the Modern World Sous la direction de WILLIAMS James, HENTSCHKE Felicitas Publié en 2019-03
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[Book abstract] Houses and homes are dynamic spaces within which people work to organize and secure their lives, livelihoods and relationships. Written by a team of renowned historians and anthropologists, and and accompanied by original photography by Maurice Weiss, To Be at Home: House,Work, and Self in the Modern World compares the ways people in different societies and historical periods strive to make and keep houses and homes under conditions of change, upheaval, displacement, impoverishment and violence. These conditions speak to the challenges of life in our modern world. The contributors of this volume position the home as a new nodal point between work, the self and the world to explore people’s creativity, agency and labour. Houses and homes prove complex and powerful concepts – if also often elusive – invoking places, persons, objects, emotions, values, attachments and fantasies. This book demonstrates how the relations between houses, work and the self have transformed dramatically and unpredictably under conditions of capitalism and modernity – and continue to change today.

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Les métropoles d'Afrique du Sud et du Nigeria sont réputées dangereuses, bidonvillisées et dominées par l'économie informelle. Peu est su en revanche de la manière dont les populations y sont triées, catégorisées et policées, en droite ligne avec les méthodes de réification ethnique et sociale de l’apartheid et de la période coloniale. À Johannesburg, au Cap, à Lagos et à Ibadan, les quatre villes où l’auteur a enquêté, un gouvernement du tri et de l’exclusion assigne des droits, des peines et des interdits à des catégories considérées comme problématiques (délinquants, jeunes, migrants, femmes seules, vendeuses de rue) ; des organisations non étatiques surveillent au quotidien les quartiers populaires, les gouvernent la nuit et usent de violence contre les jeunes ou les étrangers. De la rue au marché, de la gare routière au guichet de l’administration, s’instaure un maquis de petits arrangements qui contournent exclusions et discriminations. L’accès à ces lieux est en permanence contesté et négocié auprès d’individus en posture d’autorité (fonctionnaires, responsables syndicaux, parrains politiques, gouverneurs) par des habitants à la recherche d’un service, d’une autorisation, d’un document, d’un soutien, d’une place sur un marché ou à l’université. Dans cette réalité urbaine imprévisible qui échappe à la planification, individus et groupes sociaux modifient des pans essentiels de l’action publique par l’exclusion et la violence autant que par la négociation.

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Le Nigeria a dissocié depuis quatre décennies le corps des citoyens en deux : les indigenes et les non indigenes. Les indigenes sont ceux qui peuvent faire remonter leurs racines généalogiques à une communauté de personnes originaires d’une localité. Les gouvernements locaux produisent des certificats d’indigene qui certifient cette origine. Cet article explore la relation entre les fonctionnaires des gouvernements locaux, leurs intermédiaires et les usagers en quête de certificat dans trois États du Nigeria. L’analyse montre comment les candidats se prêtent à ces procédures, comment la relation bureaucratique constitue un apprentissage ordinaire de l’État et redéfinit l’appartenance à une citoyenneté locale exclusive, et à quelles conditions la production de documents devient une question politique conflictuelle.

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