Type
Article
Title
Violences dites « domestiques » : des frontières spatiales aux frontières identitaires : Le cas français
In
Traverse
Editor
CH : Chronos Verlag
Number
2
Pages
84 - 100 p.
ISSN
14204355
DOI
10.5169/seals-28434
Keywords
Violences domestiques, Atteinte à l'intégrité, Égalité, Clivage privé / public, Désexualisation du politique, Dépolitisation du privé
Abstract
FR
Les violences dites «domestiques» sont-elles des violences différentes des autres? Cette interrogation prend sens dans une société française marquée aujourd’hui par la remise en cause de l’invisibilité des violences à l’encontre des femmes, et en particulier de celles se déroulant dans l’espace privé. De quoi parle-t-on lorsqu’on s’intéresse à ce type de violence? Les violences sont généralement définies par le fait qu’elles constituent une atteinte à l’intégrité de la personne. Longtemps considérées comme une contradiction, les violences dites «domestiques» se caractérisent à la fois par l’espace dans lequel elles ont lieu, celui du domus, de la maison, et par les relations de proximité, familiale ou sentimentale, entre l’auteur et la victime de violences. Fondée sur la séparation des sphères privée et publique, cette qualification renvoie non seulement à des frontières spatiales, mais aussi à des frontières identitaires, liées en particulier au status familiae. En effet, cette dichotomie spatiale, présente dès la cité antique dans la disjonction entre le gouvernement domestique et le gouvernement politique, est une des conditions de l’exclusion de la famille du contrat démocratique. En enlevant à la famille son statut politique, elle situe les relations «domestiques» dans un registre qui ne peut et ne doit pas être celui de l’égalité. Le clivage privé-public contribue donc, à la fois à désexualiser le politique et à dépolitiser le privé. [Premières lignes de l'article]

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